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Trouble de la personnalité schizotypique - définition DSM-IV

Par Neptune 
le 11/09/2013

 

Trouble de la personnalité schizotypique




Texte intégral.


Caractéristiques diagnostiques





    La caractéristique essentielle de la Personnalité schizotypique est un mode général de déficit social et interpersonnel marqué par une gêne aiguë et par des compétences réduites dans les relations proches, par des distorsions cognitives et perceptuelles et par des conduites excentriques.

    Le trouble apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers.


Critère A1


    Les individus présentant une Personnalité schizotypique ont souvent des idées de référence (ex. : des interprétations fausses d'incidents anodins ou d'événements extérieurs qui prennent un sens spécial, inhabituel et particulier pour la personne).


Critère A2


    Ces idées doivent être distinguées des idées délirantes de référence auxquelles l'adhésion se fait avec une conviction délirante. Ces individus peuvent être superstitieux ou préoccupés par des phénomènes paranormaux qui sortent du cadre de leur sous-groupe culturel.


Critère A3


    Ils peuvent avoir l'impression d'être doués de pouvoirs spéciaux qui leur permettent de ressentir les événements à l'avance ou de lire les pensées des autres. Ils peuvent penser posséder des pouvoirs magiques pour contrôler les autres directement (ex. : ils croient que leur conjoint sort le chien uniquement parce qu'ils y ont pensé une heure avant) ou indirectement par des rituels (ex. : le fait de marcher à trois reprises devant un objet peut prévenir quelque chose de pénible).

    Ils peuvent présenter des altérations des perceptions (ex. : ressentir la présence d'une autre personne ou entendre une voix qui murmure son propre nom).


Critère A4


    Le langage peut être marqué par un vocabulaire ou une syntaxe inhabituels ou idiosyncrasiques. Il est souvent flou, digressif ou vague mais ne comporte pas de véritables ruptures du fil conducteur ni d'incohérence. Les réponses peuvent être soit trop concrètes soit trop abstraites et les mots ou les concepts sont parfois employés de manière inhabituelle (ex. : le sujet peut dire qu'il n'était pas « parlable » au travail).


Critère A5


    Ces sujets sont souvent soupçonneux et peuvent avoir des idées de persécution (ex. : croire que des collègues de travail cherchent à ruiner leur réputation auprès du patron).


Critère A6


    Ils sont habituellement incapables de maîtriser l'ensemble des affects et des signaux sociaux indispensables au succès dans les relations et leurs rapports avec les autres paraissent souvent mal adaptés, rigides ou gauches.


Critère A7


    Ils sont souvent considérés comme bizarres et excentriques à cause de leur maniérisme inhabituel, d'un habillement négligé dont les différents éléments ne vont pas ensemble et d'un manque de respect pour les usages sociaux habituels (ex. : le sujet ne regarde pas ses interlocuteurs dans les yeux, il porte des habits qui ne lui vont pas ou qui sont tachés d'encre et il ne peut pas engager une conversation détendue et humoristique avec ses collègues).


Critère A8


    Les sujets qui ont une Personnalité schizotypique ressentent souvent la relation avec autrui comme un problème et sont mal à l'aise quand ils entrent en contact. Bien qu'ils puissent se plaindre de leur manque de relations, leur comportement indique qu'ils ont un faible désir de rapports intimes. Ils ont par conséquent peu ou pas d'amis proches ou de confidents, en dehors des parents du premier degré.


Critère A9


    Ils sont anxieux en situation sociale, notamment quand ils sont confrontés à des gens qu'ils ne connaissent pas. Ils peuvent entrer en rapport avec d'autres quand cela est nécessaire mais préfèrent toutefois rester seuls car ils ont l'impression d'être différents et de ne pas faire partie du groupe. Leur anxiété sociale ne diminue pas quand ils s'habituent au cadre ou aux gens car leur anxiété est généralement en rapport avec une méfiance à l'égard des intentions des autres. Lors d'un dîner par exemple, une personne qui a une Personnalité schizotypique ne va pas se détendre au fur et à mesure que la soirée avance mais deviendra au contraire de plus en plus tendue et méfiante.


Critère B


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Caractéristiques et troubles associés





    Les sujets présentant une Personnalité schizotypique demandent souvent un traitement pour des symptômes associés comme l'anxiété, la dépression ou d'autres affects dysphoriques plutôt que pour les traits de personnalité eux-mêmes.

    En réponse au stress, notamment, ils peuvent présenter des épisodes psychotiques transitoires (pendant quelques minutes à quelques heures) qui sont toutefois de durée généralement trop brève pour justifier un diagnostic additionnel de Trouble psychotique bref ou de Trouble schizophréniforme.

    Dans certains cas, des symptômes psychotiques cliniquement significatifs peuvent se développer et correspondre aux critères d'un Trouble psychotique bref, d'un Trouble schizophréniforme, d'un Trouble délirant ou d'une Schizophrénie.

    Plus de la moitié des sujets peuvent avoir présenté clans leurs antécédents au moins un Episode dépressif majeur.

    Entre 30 et 50 % des sujets qui ont une Personnalité schizotypique ont un diagnostic concomitant de Trouble dépressif majeur quand ils sont hospitalisés.

    Le Trouble est souvent associé à une Personnalité schizoïde, paranoïaque, évitante ou borderline.

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Caractéristiques liées à la culture, à l'âge et au sexe





    Les distorsions cognitives et perceptuelles doivent être évaluées en fonction du milieu culturel de l'individu.

    Certaines particularités de déterminisme largement culturel, concernant en particulier des croyances ou des rites religieux, pourraient paraître schizotypiques à un observateur extérieur non informé (ex. : le vaudou, « parler en langues », la vie après la mort, le chamanisme, lire les pensées, le sixième sens, le mauvais oeil, les croyances magiques portant sur la santé et la maladie).

    La Personnalité schizotypique peut se manifester initialement pendant l'enfance ou l'adolescence par un coté solitaire, une mauvaise relation avec les pairs, une anxiété sociale, de mauvaises performances scolaires, une hypersensibilité, des pensées et un langage insolites et des fantasmes étranges. Ces enfants peuvent sembler « bizarres » ou « excentriques » et faire l'objet de moqueries de la part d'autrui.

    La Personnalité schizotypique est peut-être un peu plus fréquente chez l'homme.


Prévalence





    La prévalence de la Personnalité schizotypique serait d'environ 3 % dans la population générale.

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Evolution





    La Personnalité schizotypique a une évolution assez stable ; un faible pourcentage de sujets seulement évoluent vers une Schizophrénie ou un autre Trouble psychotique.



Aspects familiaux





    Il existe une agrégation familiale de la Personnalité schizotypique ; elle est plus fréquente chez les parents du premier degré des sujets schizophrènes que dans la population générale.

    Inversement, il semble y avoir un risque légèrement accru de Schizophrénie et d'autres Troubles psychotiques chez les parents des sujets qui ont une Personnalité schizotypique.

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Diagnostic différentiel





    La Personnalité schizotypique peut être distinguée du Trouble délirant, de la Schizophrénie et du Trouble de l'humeur avec caractéristiques psychotiques par le fait que ces troubles sont tous caractérisés par une période de symptômes psychotiques persistants (ex. : des idées délirantes et des hallucinations).

    On ne peut porter un diagnostic additionnel de Personnalité schizotypique que lorsque le Trouble de la personnalité a été présent avant le début des symptômes psychotiques et a persisté après leur rémission.

    Quand un Trouble psychotique chronique de l'Axe I (ex. : une Schizophrénie) a été précédé par une Personnalité schizotypique, le Trouble de la personnalité doit être enregistré sur l'Axe II suivi de la mention « prémorbide » entre parenthèses.

    Il peut être très difficile de distinguer les enfants qui ont une Personnalité schizotypique du groupe hétérogène d'enfants qui sont solitaires ou bizarres et dont le comportement est caractérisé par un isolement social marqué, des excentricités ou des singularités du langage et qui présentent probablement des formes légères de Trouble autistique, de Syndrome d'Asperger, de Trouble du langage de type expressif ou de type mixte réceptif-expressif. Les Troubles de la communication peuvent être distingués par le coté prédominant et sévère du trouble du langage qui s'accompagne d'efforts compensatoires de l'enfant pour communiquer par d'autres moyens (ex. : par des gestes) et par les signes caractéristiques d'un langage altéré qui sont décelés par des examens spécialisés.
    Les formes légères de Trouble autistique et de Trouble d'Asperger sont différenciées par un déficit encore plus grave de la relation sociale et affective et par la stéréotypie des comportements et des intérêts.

    La Personnalité schizotypique doit être distinguée des Modifications de la personnalité dues à une affection médicale générale où les traits de personnalité résultent des effets directs d'une affection médicale générale sur le système nerveux central. Elle doit aussi être distinguée des symptômes qui peuvent se développer en association avec l'utilisation chronique d'une substance (ex. : un Trouble lié à la cocaïne, non spécifié).

    D'autres Troubles de la personnalité ont certains traits en commun avec la Personnalité schizotypique et peuvent être confondus avec elle. Il est donc important de distinguer ces troubles en se fondant sur les éléments caractéristiques qui les différencient les uns des autres. Cependant, si une personne présente des caractéristiques de personnalité répondant aux critères d'un ou de plusieurs Troubles de la personnalité, en plus de la Personnalité schizotypique, tous les diagnostics peuvent être portés simultanément.

    Bien que les Personnalités paranoïaques et schizoïdes puissent aussi être caractérisées par un repli social et une restriction des affects, la Personnalité schizotypique peut être différenciée de ces deux diagnostics par la présence de distorsions cognitives et perceptuelles ainsi que par une bizarrerie et une excentricité marquées.

    Les relations proches sont limitées tant dans la Personnalité schizotypique que dans la Personnalité évitante ; dans cette dernière, le désir actif d'avoir des relations est entravé par la peur d'être rejeté tandis qu'il existe dans la Personnalité schizotypique une absence de désir d'avoir des relations et un détachement persistant. On peut observer clans la Personnalité narcissique une méfiance, un repli social ou une aliénation mais cela résulte alors surtout d'une crainte que ses propres imperfections ou défauts soient révélés.

    Il peut y avoir aussi dans la Personnalité borderline des symptômes transitoires d'allure psychotique mais ils sont dans ce cas plus en rapport avec de brusques mouvements affectifs en réponse au stress (ex. : colère, anxiété ou déception intenses) et ils présentent habituellement des éléments plutôt dissociants (ex. : déréalisation ou dépersonnalisation). En revanche, les sujets qui ont une Personnalité schizotypique présentent plus souvent des symptômes durables d'allure psychotique qui peuvent être aggravés par le stress mais qui ne sont pas forcément associés avec des symptômes affectifs marqués.
    Un isolement social peut être observé dans la Personnalité borderline mais il est généralement la conséquence d'échecs répétés des relations interpersonnelles à la suite d'accès de colère et de modifications brusques de l'humeur et ne résulte pas d'une absence persistante de contacts sociaux et de désir d'intimité. De plus, on n'observe pas dans la Personnalité schizotypique les comportements impulsifs et manipulateurs de la Personnalité borderline. Ces deux troubles de la personnalité sont toutefois souvent associés et il n'est pas toujours possible de les distinguer. Des traits schizotypiques pendant l'adolescence peuvent traduire des bouleversements émotionnels transitoires plutôt qu'un trouble durable de la personnalité.

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Important : les critères communs à tous les troubles de la personnalité


Source : DSM-IV, introduction aux troubles de la personnalité

Critère A

La caractéristique essentielle d'un trouble de la personnalité est d'être une modalité  durable de l'expérience vécue et des conduites qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l'individu et qui se manifeste dans au moins 2 des domaines suivants :
  • La cognition,
  • L'affectivité,
  • Le fonctionnement interpersonnel ou le contrôle des impulsions.

Critère B

Ces modalités durables sont rigides et envahissent une large gamme de situations personnelles et sociales.

Critère C

Elles causent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.

Critère D

Ce mode est stable et durable, et a débuté au plus tard à l'adolescence ou au début de l'âge adulte.

Critère E

Ce tableau n'est pas mieux expliqué par les manifestations ou les conséquences d'un autre trouble mental.

Critère F

Il n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. : d'une drogue donnant lieu à abus, d'un médicament ou substance toxique) ou d'une affection médicale générale (ex. : un traumatisme crânien).

Le diagnostic de trouble de la personnalité nécessite une évaluation des modalités durables de fonctionnement de la personne. Les caractéristiques d'une personnalité spécifique doivent être apparents dès le début de l'âge adulte. Les traits de la personnalité qui définissent ces troubles doivent être distingués des éléments qui apparaissent en réponse à des situations de stress spécifiques et des états mentaux transitoires (ex. : des troubles anxieux ou thymiques, une intoxication à une substance). Le clinicien doit évaluer la stabilité des traits de personnalité dans le temps et dans différentes situations. Bien qu'un entretien unique puisse parfois suffire pour établir un diagnostic, il est souvent nécessaire de rencontrer la personne à plusieurs reprises après des intervalles assez longs. L'évaluation peut être compliquée par le fait que les éléments qui définissent un trouble de la personnalité ne sont pas forcément considérés comme des problèmes par le sujet (les traits sont en effet souvent syntones avec le "moi"). Des informations supplémentaires de la part de tierces personnes peuvent être utiles pour résoudre ces difficultés.


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