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Trouble de la personnalité schizoïde - définition DSM-IV

Par Neptune 
le 09/09/2013

 

Trouble de la personnalité schizoïde



Texte intégral.


Caractéristiques diagnostiques





    La caractéristique essentielle de la personnalité schizoïde est un mode général de détachement des relations sociales et de restriction de la variété des expressions émotionnelles dans les rapports avec autrui.

    Le trouble apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers.


Critère A1


    Apparemment, les individus schizoïdes n'ont pas de désir d'intimité ; ils semblent indifférents aux possibilités de développer des relations proches et ne tirent pas beaucoup de plaisir de la participation à un groupe social ou familial. Ils préfèrent passer leur temps seul plutôt qu'avec autrui.


Critère A2


    Tels des ermites, ils semblent souvent isolés socialement et choisissent presque toujours des passe-temps ou des activités solitaires qui ne comportent pas d'interactions avec autrui.
    Ils préfèrent des tâches mécaniques ou abstraites comme les jeux mathématiques ou informatiques.


Critère A3


    Ils recherchent très peu les relations sexuelles avec d'autres personnes.


Critère A4


    Ils n'éprouvent du plaisir que dans de rares activités, sinon dans aucune. Ce qui est ressenti avec le corps, les sens, ou dans les relations interpersonnelles (ex. : se promener sur une plage au soleil couchant ou faire l'amour) ne procure souvent qu'un plaisir limité.


Critère A5


    Ces personnes n'ont pas de confidents ou d'amis proches, sauf parfois un parent du premier degré.


Critère A6


    Les individus schizoïdes semblent souvent indifférents à l'approbation ou à la critique d'autrui et ne paraissent pas concernés par ce que les autres peuvent penser d'eux.


Critère A7


    Il peuvent ignorer les subtilités normales qui régissent les interactions sociales et, souvent, ils ne réagissent pas de manière adaptée aux signaux sociaux, ce qui les fait paraître gauches, superficiels ou égocentriques. Ils ont souvent une façade impavide, dénuée de réactivité émotionnelle, et ne répondent que rarement aux gestes ou aux mimiques comme les sourires ou les saluts.

    Ils disent ne ressentir que rarement des émotions fortes, telles que la colère ou la joie. Ils font souvent preuve d'une restriction des affects et semblent froids et distants. Toutefois, dans les rares moments où ces personnes peuvent se sentir temporairement assez à l'aise pour se dévoiler, elles peuvent admettre un mal-être, notamment dans les interactions sociales.


Critère B


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Caractéristiques et troubles associés





    Les individus présentant une personnalité schizoïde peuvent avoir de grandes difficultés à exprimer de la colère, même en réponse à des provocations directes, ce qui contribue à donner l'impression qu'ils n'ont pas d'émotions.

    Leur existence peut parfois sembler dénuée de but et donner l'impression qu'ils sont à la dérive.

    Ces individus réagissent souvent de manière passive aux circonstances défavorables et ont du mal à répondre de manière adaptée aux événements importants de la vie.

    En raison de leur manque d'aisance sociale et de leur faible intérêt pour les relations sexuelles, ils ont peu d'amis, sortent peu avec des partenaires de l'autre sexe et restent souvent célibataires.

    Le fonctionnement professionnel peut être affecté, notamment quand il implique des contacts interpersonnels, alors que ces individus peuvent bien se débrouiller quand ils travaillent dans des conditions d'isolement social.

    Les sujets ayant une personnalité schizoïde peuvent présenter des épisodes psychotiques très brefs (pendant quelques minutes à quelques heures), notamment en réponse à des facteurs de stress.

    Dans certains cas, la personnalité schizoïde peut sembler être l'antécédent prémorbide d'un trouble délirant ou d'une schizophrénie.

    Les sujets ayant ce trouble peuvent parfois présenter un trouble dépressif majeur.

    Les troubles de la personnalité qui sont le plus souvent associés à la personnalité schizoïde sont les personnalités schizotypiques, paranoïaques et évitantes.

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Caractéristiques liées à la culture, à l'âge et au sexe





    Des personnes d'origines culturelles diverses peuvent parfois présenter des comportements défensifs et des types de relation avec autrui qualifiés, à tort, de schizoïdes.

    Par exemple, les personnes qui ont déménagé de la campagne vers la ville peuvent réagir par un « gel émotionnel » qui peut durer plusieurs mois et qui peut se manifester par des activités solitaires, un émoussement des affects et d'autres déficits dans la communication.

    Les immigrants sont parfois perçus, à tort, comme hostiles, froids ou indifférents.

    La personnalité schizoïde peut se manifester initialement pendant l'enfance ou l'adolescence par une tendance à la solitude, un mauvais contact avec les pairs et de mauvaises performances scolaires qui désignent ces enfants ou adolescents comme différents des autres et qui les exposent aux moqueries.

    La personnalité schizoïde est diagnostiquée plus souvent chez les hommes et peut causer une déficience plus importante chez eux.



Prévalence





    La personnalité schizoïde est rare en pratique clinique.



Aspects familiaux






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Diagnostic différentiel





  • La personnalité schizoïde peut être distinguée du trouble délirant, de la schizophrénie et du troubles de l'humeur avec caractéristiques psychotiques par le fait que ces troubles sont tous caractérisés par une période de symptômes psychotiques persistants (ex. : des idées délirantes et des hallucinations).

    On ne peut porter un diagnostic associé de personnalité schizoïde que si le trouble de la personnalité a été présent avant le début des symptômes psychotiques et a persisté après leur rémission.

    Quand un trouble psychotique chronique de l'Axe I (ex. : une schizophrénie) a été précédé par une personnalité schizoïde, le trouble de la personnalité doit être noté sur l'Axe II suivi de la mention « prémorbide» entre parenthèses.

  • Il peut être très difficile de distinguer les personnes qui ont une personnalité schizoïde de celles qui ont des formes légères de trouble autistique ou de trouble d'Asperger. Les formes légères de trouble autistique ou de trouble d'Asperger se distinguent par une perturbation plus sévère des interactions sociales et par une stéréotypie des comportements et des intérêts.

  • La personnalité schizoïde doit être distinguée des modifications de la personnalité dues à une affection médicale générale où les traits de personnalité résultent des effets directs d'une affection médicale générale sur le système nerveux central.

  • Elle doit aussi être distinguée des symptômes qui peuvent se développer en association avec l'utilisation chronique d'une substance (ex. : un trouble lié à la cocaïne, non spécifié).

  • D'autres troubles de la personnalité ont certains traits en commun avec la personnalité schizoïde et peuvent être confondus avec elle. Il est donc important de distinguer ces troubles en se fondant sur les éléments caractéristiques qui les différencient les uns des autres. Cependant, si une personne présente des traits de personnalité qui répondent aux critères d'un ou de plusieurs troubles de la personnalité, en plus de la personnalité schizoïde, tous les diagnostics peuvent être portés simultanément.


    • Bien que l'isolement social et la restriction des affects soient des caractéristiques communes aux personnalités schizoïdes, schizotypiques et paranoïaques, la personnalité schizoïde peut être distinguée de la personnalité schizotypique par l'absence de distorsions cognitives et perceptuelles et de la personnalité paranoïaque par l'absence de méfiance et d'idéation persécutoire.

    • L'isolement social de la personnalité schizoïde peut être distingué de celui de la personnalité évitante qui résulte de la crainte d'être mal à l'aise ou gauche et d'une anticipation exagérée d'être rejeté. En revanche, on observe dans la personnalité schizoïde un détachement qui est plus envahissant et un faible désir d'intimité sociale.

    • On peut observer dans la personnalité obsessionnelle-compulsive un détachement social apparent qui provient d'une dévotion au travail et d'une gêne quand le sujet est confronté à l'expression des émotions, mais il existe une capacité sous-jacente à nouer des relations intimes.

    Les personnes qui vivent en « ermites » peuvent présenter des traits de personnalité qui peuvent être considérés comme schizoïdes. Ce n'est que lorsque ces traits sont rigides, inadaptés et qu'ils causent une altération significative du fonctionnement ou une souffrance subjective qu'ils constituent une personnalité schizoïde.

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Important : les critères communs à tous les troubles de la personnalité


Source : DSM-IV, introduction aux troubles de la personnalité

Critère A

La caractéristique essentielle d'un trouble de la personnalité est d'être une modalité  durable de l'expérience vécue et des conduites qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l'individu et qui se manifeste dans au moins 2 des domaines suivants :
  • La cognition,
  • L'affectivité,
  • Le fonctionnement interpersonnel ou le contrôle des impulsions.

Critère B

Ces modalités durables sont rigides et envahissent une large gamme de situations personnelles et sociales.

Critère C

Elles causent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.

Critère D

Ce mode est stable et durable, et a débuté au plus tard à l'adolescence ou au début de l'âge adulte.

Critère E

Ce tableau n'est pas mieux expliqué par les manifestations ou les conséquences d'un autre trouble mental.

Critère F

Il n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. : d'une drogue donnant lieu à abus, d'un médicament ou substance toxique) ou d'une affection médicale générale (ex. : un traumatisme crânien).

Le diagnostic de trouble de la personnalité nécessite une évaluation des modalités durables de fonctionnement de la personne. Les caractéristiques d'une personnalité spécifique doivent être apparents dès le début de l'âge adulte. Les traits de la personnalité qui définissent ces troubles doivent être distingués des éléments qui apparaissent en réponse à des situations de stress spécifiques et des états mentaux transitoires (ex. : des troubles anxieux ou thymiques, une intoxication à une substance). Le clinicien doit évaluer la stabilité des traits de personnalité dans le temps et dans différentes situations. Bien qu'un entretien unique puisse parfois suffire pour établir un diagnostic, il est souvent nécessaire de rencontrer la personne à plusieurs reprises après des intervalles assez longs. L'évaluation peut être compliquée par le fait que les éléments qui définissent un trouble de la personnalité ne sont pas forcément considérés comme des problèmes par le sujet (les traits sont en effet souvent syntones avec le "moi"). Des informations supplémentaires de la part de tierces personnes peuvent être utiles pour résoudre ces difficultés.


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