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Trichotillomanie - définition DSM-IV

Par Neptune 
le 19/04/2014

 

Trichotillomanie





Texte intégral, remis en forme pour une meilleure lisibilité.



Caractéristiques diagnostiques




Critères A
La caractéristique essentielle de la trichotillomanie est l'arrachage répété de ses propres cheveux aboutissant à une alopécie manifeste.

Critères B
Les poils ou cheveux peuvent être arrachés dans toutes les régions du corps où le système pileux est développé (entre autres dans les régions axillaires, pubiennes ou anales) mais les sites les plus fréquents sont le cuir chevelu, les sourcils et les cils. Les cheveux ou poils peuvent être arrachés pendant de brefs épisodes répartis dans la journée ou bien pendant des épisodes moins fréquents mais plus longs et qui peuvent durer des heures. Ce comportement survient souvent dans des moments de détente et de loisir (p. ex., lors de la lecture d'un livre ou devant la télévision) mais il peut aussi être observé dans des situations de stress. Un sentiment croissant de tension est présent juste avant l'arrachage des cheveux.

Critères C
Chez certains, la tension ne précède pas forcément le passage à l'acte mais survient lors des tentatives faites pour résister à ce comportement. Il y a une gratification, un plaisir, ou un soulagement lors de l'arrachage des cheveux.

Critères D
Certaines personnes ressentent dans le cuir chevelu une « démangeaison » qui est soulagée par l'arrachage des cheveux. On ne porte pas le diagnostic si cette conduite est mieux expliquée par un autre trouble mental (p. ex., si cela survient en réponse à des idées délirantes ou à des hallucinations) ou par une affection médicale générale (p. ex., une inflammation cutanée ou une autre affection dermatologique).

Critères E
La perturbation cause une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.


Caractéristiques et Troubles mentaux associés




Les patients examinent parfois la racine de leurs cheveux, les font tourner entre leurs doigts, les tortillent ou les tirent avec leurs dents ou les mangent (trichophagie). Les cheveux ne sont habituellement pas arrachés en présence d'autrui (à l'exception de la famille proche) et les situations sociales peuvent être évitées. Les sujets n'avouent généralement pas cette conduite et dissimulent l'alopécie qui en résulte. Certains ont envie d'arracher les cheveux des autres et cherchent parfois l'occasion de le faire en cachette. Ils arrachent parfois les cheveux ou les poils des poupées, des animaux de compagnie et des matériaux fibreux (p. ex., des tricots ou des tapis). La trichotillomanie peut être associée à l'onychophagie (ndlr : rongement des ongles) et à des excoriations ou à des lésions que le sujet se fait en se grattant ou en se mordant.

Ces sujets peuvent présenter également des Troubles de l'humeur, des Troubles anxieux (notamment un Trouble obsessionnel-compulsif), des Troubles liés à l'utilisation d'une substance, des Troubles des conduites alimentaires, des Troubles de la personnalité ou un Retard mental.


Examens complémentaires




Certains signes histologiques sont considérés comme caractéristiques et peuvent contribuer au diagnostic quand une trichotillomanie est suspectée malgré les dénégations du sujet. Des prélèvements biopsiques des régions touchées peuvent montrer des cheveux courts et cassés. L'examen histologique montrera des follicules normaux et des follicules abîmés dans la même région ainsi qu'un nombre accru de cheveux en phase catagène. Certains follicules peuvent montrer des signes de traumatisme (un plissement de la gaine externe de la racine). Les follicules touchés peuvent être vides ou contenir une substance kératineuse très pigmentée. L'absence d'inflammation distingue l'alopécie provoquée par une trichotillomanie de l'alopécie de la pelade.


Examen physique et affections médicales générales associées




Les patients ne se plaignent habituellement pas d'une douleur associée à l'arrachage des cheveux. Un prurit ou un picotement peut exister dans les régions concernées. Le type de perte de cheveux est très variable. Des zones d'alopécie complète, ainsi que des régions où la densité des cheveux est nettement diminuée, sont courantes. Quand le cuir chevelu est touché, c'est souvent avec une prédilection pour le sommet du crâne ou pour les régions pariétales. La surface du cuir chevelu ne montre habituellement pas de signes d'excoriation. On peut parfois observer un tableau de calvitie presque totale qui ne laisse qu'un fin périmètre le long des limites externes du cuir chevelu, notamment à l'arrière du cou (« trichotillomanie avec tonsure »). Les sourcils et les cils peuvent avoir complètement disparu. L'inspection peut montrer des poils pubiens clairsemés. Il peut y avoir aussi des parties des membres ou du torse où les poils ont disparu. La trichophagie peut aboutir à des trichobézoards (concrétions de poils) qui provoquent des anémies, des douleurs abdominales, des hématémèses, des nausées et des vomissements, des occlusions intestinales et même des perforations.


Caractéristiques liées à la culture, à l'âge et au sexe




Les deux sexes sont représentés en proportion égale parmi les enfants qui présentent ce trouble.

Chez les adultes, la trichotillomanie semble beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Ceci peut refléter un sex-ratio réel ou bien traduire seulement une différence dans la demande de traitement due à des divergences d'attitude envers son corps selon le sexe ou la culture (chez l'homme, p. ex., la perte de cheveux peut être considérée comme normale et mieux acceptée).


Prévalence




Il n'y a pas de données systématiques concernant la prévalence de la Trichotillomanie. On pensait auparavant que l'affection était rare mais on estime maintenant qu'elle est plus fréquente. Par exemple, une enquête chez des étudiants a trouvé une prévalence vie entière de 0,6 %.


Évolution




Des épisodes transitoires d'arrachage de cheveux pendant la petite enfance peuvent être considérés comme une « manie » bénigne avec une évolution spontanément résolutive.

Cependant, de nombreux adultes souffrant de trichotillomanie chronique signalent que leur trouble a débuté au début de l'adolescence. L'âge de survenue précède habituellement le début de l'âge adulte, avec des pics vers 5 à 8 ans et aux alentours de 13 ans. Certains sujets présentent sans interruption des symptômes pendant des décennies entières. Chez d'autres, le trouble peut disparaître et revenir au fil des semaines, des mois ou des années. Les endroits où les cheveux sont arrachés peuvent varier avec le temps.


Diagnostic différentiel




D'autres causes d'alopécie doivent être recherchées chez les sujets qui nient s'arracher les cheveux (p. ex., la pelade, la calvitie masculine, un lupus érythémateux chronique, un lichen plan, une folliculite décalvante, une pseudo-pelade et une alopécie mucineuse).

On ne fait pas un diagnostic additionnel de Trichotillomanie si cette conduite peut être attribuée à un autre trouble mental (p. ex., à des idées délirantes ou à des hallucinations dans le cadre d'une schizophrénie).

L'arrachage répété des cheveux de la Trichotillomanie doit être distingué d'une compulsion survenant dans le Trouble obsessionnel-compulsif. Dans le Trouble obsessionnel-compulsif, les conduites répétitives surviennent en réponse à une obsession ou selon des règles qui doivent être appliquées avec rigidité.

On ne fait pas un diagnostic additionnel de Trouble des mouvements avec stéréotypie si le comportement répétitif se limite à l'arrachage des cheveux.

L'alopécie auto-infligée observée dans la trichotillomanie doit être distinguée des Troubles factices avec symptômes et signes physiques prédominants où le comportement est motivé par le désir d'obtenir un statut de malade.

De nombreuses personnes tortillent ou jouent avec leurs cheveux, notamment quand elles sont anxieuses, mais ce comportement ne justifie pas habituellement un diagnostic de trichotillomanie. Des sujets peuvent présenter certaines caractéristiques de la trichotillomanie mais la perte de cheveux qui en résulte peut être insignifiante et être à peine détectable. On ne doit dans ce cas évoquer un diagnostic de trichotillomanie que si le sujet éprouve une gêne significative. Chez l'enfant, des périodes limitées d'arrachage de cheveux sont courantes et peuvent être considérées comme de « mauvaises » habitudes temporaires. Cette forme symptomatique chez l'enfant peut différer des formes de l'adulte par l'absence de tension ou de soulagement associé a l'arrachage des cheveux. Le diagnostic doit donc être réservé chez l'enfant aux cas où le comportement persiste plusieurs mois.


Correspondance avec les Critères diagnostiques pour la recherche de la CIM-10




Les critères diagnostiques pour la recherche de la CIM-10 et les critères du DSM-IV pour la Trichotillomanie sont pour l'essentiel identiques.



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