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Dépression dopamino-dépendante et L-tyrosine

Par Neptune 
le 07/05/2016

La dépression dopamino-dépendante (DDD) : un tabou pharmacologique


Résumé


Les fondateurs de ce site vivent ce type de dépression et attendent encore que la communauté médicale la prenne enfin au sérieux. Nous sommes convaincus qu'elle concerne une grande partie des quelques 40 % à 70 % (selon les sources) de personnes dites "non répondants" aux antidépresseurs... tout simplement parce que les antidépresseurs modernes ne ciblent pas les déficits en dopamine.

Pour le très grand nombre de personnes ayant une humeur sensible et instable (cyclothymie, trouble bipolaire léger ou important), la règle actuelle est de se cantonner aux thymorégulateurs, après avoir pendant des années et encore aujourd'hui dans trop de cas, prescrit des AD dangereux pour ces personnes. Les médecins et psychiatres préfèrent désormais avoir un patient bipolaire apathique et "régulé", au prix d'effets secondaires importants. Jamais, pour personne, on n'envisage la "dépression dopamino-dépendante", alors qu'elle est connue de longue date.
Le danger de conduites à risque sous l'effet des produits qui boostent directement la dopamine, comme le bupropion (Zyban@) ou les agonistes dopaminergiques, ont fait interdire ces produits en France sauf dans la maladie de Parkinson. Aux USA le bupropion est recommandé pour dépressions bipolaires. Les déficits en dopamine, eux, persistent.

Pourtant ces déficits se traitent de manière différente et naturelle, car ne s'agit pas seulement d'injecter de la dopamine, ni d'agir sur les synapses et autres centres producteurs (ce que font les produits allopathiques), mais de supplémenter l'alimentation en L-Tyrosine, l'ingrédient de base naturel de la dopamine, lorsqu'elle est déficiente. Ce complément alimentaire, ne rapporte rien aux laboratoires pharmaceutiques. Il a en outre l'avantage de respecter les productions naturelles du corps : contrairement aux médicaments à base d'inhibition ou d'agonisme sur les neurones, récepteurs, enzymes, qui provoquent des réactions naturelles d'atrophies ou de surdéveloppement, et donc des "effets rebond" lors de l'arrêt, les compléments nutritionnels fournissent la matière première qui parfois manque à notre usine interne de production d'hormones. Il ne peut alors y avoir d'excès ou d'effet de saturation, puisque notre organisme, bien plus précis qu'une ordonnance empirique, ajustera la quantité de dopamine, dans cet exemple, aux besoins.

Nous faisons le point, dans cet article, sur ce sujet redécouvert par un spécialiste de la dépression qui n'a pas peur, grâce à son expérience clinique, d'étudier sur le terrain de bonnes pistes thérapeutiques, envers et contre le discours ambiant des psychiatres autoproclamés "experts" mais en réalité conditionnés et asservis aux études et productions des laboratoires.  
centres de la récompense
Les centres de la récompense - action de la dopamine

Production, transmission, régulation et destruction de la dopamine
Production, transmission, régulation et destruction de la dopamine

Images tirées du site "Le cerveau à tous les niveaux" - Les meilleures explications neurobiologiques du web sur le cerveau, et en particulier sur la dopamine.
PAtrick Lemoine, Detox, 2008(1) Paru dans "Detox", Patrick Lemoine, 2008 Ed. Laffont

Une controverse  scientifique


L'utilisation de la L-tyrosine en médecine a été l'objet d'une vive polémique. On comprend sans peine que l'industrie pharmaceutique ne voie pas d'un très bon œil l'arrivée sur le marché d'un concurrent qui risquerait de lui prendre des parts de marché. De plus, les médecins leaders d'opinion ne se rendent pas toujours compte des manipulations dont ils sont l'objet de la part des labora­toires qui financent leurs propres associations de recherche. Bref, lors de nos premières publications, nous avons eu droit à un certain nombre de sourires sceptiques, voire de moqueries, fondés sur un pseudo­ argument physiologique.
Toute notre argumentation repose sur la nécessité admise par tout le monde d'augmenter les quantités de dopamine dans le cerveau. Or, cette dopamine est fabri­quée à partir de la tyrosine par une enzyme (tyrosine-hydroxylase) capable de gérer intelligemment les quan­tités de dopamine disponibles. Elle ne synthétise que ce dont nous avons besoin. Dans les conditions normales, il y a assez de tyrosine naturelle pour saturer cette enzyme et donc, si vous vous portez bien, vous pouvez bien prendre trois kilos de L-tyrosine, cela n'aug­mentera pas au final les quantités disponibles de dopa­mine.
Mais il ne faut pas oublier que les conditions de la bonne santé ne sont pas les conditions de la maladie. Les études sur les animaux comme celles réalisées chez l'homme montrent que lorsque le système dopaminer­gique est perturbé (lésion chirurgicale ou chimique ou pathologique), l'ajout de L-tyrosine est effectivement suivi d'une augmentation de la production de dopamine.

Découverte de la dépression dopamino dépendante

par Patrick Lemoine (1)

Les plus belles découvertes se font souvent quand des spécialités différentes se rencontrent. Ainsi, dans mon ancien service en grande partie dédié au traitement de la dépression, je travaillais avec un chercheur de haut niveau, neurophysiologiste spécialisé dans l'étude du sommeil. Le Dr Jacques Mouret avait auparavant publié un article important à propos du sommeil des patients atteints de la maladie de Parkinson. Il avait alors démon­tré que leur sommeil paradoxal était perturbé de manière spécifique, avec des aspects qualitatifs (structure) et quantitatifs (moins grande quantité globale et morcelle­ment du sommeil paradoxal, dont chaque épisode était réduit).

Un jour, il s'est aperçu que certains de nos malades déprimés ne répondaient pas favorablement aux trai­tements antidépresseurs. Nous avons  décidé  d'enregis­trer leur sommeil pour tenter de voir ce qui se passait dans leur cerveau. Parmi ces patients réfractaires au traitement, quelques-uns avaient une structure de  som­meil qui ressemblait à celle des parkinsoniens. Or, ils n'avaient aucun signe clinique de cette maladie dégéné­rative. Nous avons alors tenté de leur administrer des médicaments spécifiques de cette affection  neurologique qui, rappelons-le, s'accompagne souvent de dépression. A notre grande satisfaction, nous avons observé des gué­risons spectaculaires et rapides, beaucoup plus rapides qu'avec les antidépresseurs. Nous avons baptisé cette forme particulière de dépression : dépression dopamino­ dépendante ou DDD, puisque leur traitement reposait sur des agents antiparkinsoniens qui marchent en acti­vant une substance particulière de notre cerveau, la dopamine.

La dopamine est un des neurotransmetteurs. Elle per­met aux cellules (neurones) du cerveau de communiquer entre elles. Quand elle vient à manquer apparaissent des tremblements et une rigidité (sorte de paralysie : la per­sonne est figée et il est difficile de fléchir ses articula­tions).

J'ai alors commencé à rechercher les signes cliniques qui pouvaient permettre de repérer ces patients parti­culiers car l'enregistrement de sommeil est une procé­dure beaucoup trop longue, lourde et coûteuse pour être utilisée en routine. De plus, l'attente dans les centres spécialisés est très prolongée et l'examen lui-même demande à passer deux nuits dans le laboratoire.

L'interrogatoire et un examen clinique minutieux m'ont permis de constater que ces patients présentent plusieurs caractéristiques :
  • leur dépression est à éclipses. Au lieu d'être dépri­més tout le temps, ils ont ce que j'appelle des « coups de pompe de l'humeur », c'est-à-dire des moments dans la journée où ils se sentent bien, puis brusquement, pen­dant quelques heures, voire quelques jours, ils se sentent épuisés, somnolents, nuls, bons à rien (« on-off » de l'humeur). Contrairement à la plupart des autres dépres­sions qui ont des rythmes (mal le matin, bien le soir), les dépressions dopamino-dépendantes n'obéissent à aucun cycle de ce genre ;
  • ces personnes ont en général été soumises à une période prolongée de stress ou de surmenage. Dans ce cas, la maladie est assimilée à un burn-out (conséquence d'un épuisement complet, en général lié à un surmenage intense). C'est une maladie du stress ;
  • ces patients dorment de manière agitée (les draps sont en bataille le matin). En général, le conjoint est au courant ;  
  • présence de phénomènes ressemblant un peu à des vertiges, avec une impression de « marcher sur du coton  » ;
  • alimentation ne comportant que peu ou pas de viande, notamment pas de viande rouge, que ce soit pour des raisons économiques, religieuses, idéologiques ou même pour faire un régime. Ou tout simplement par dégoût de la viande, surtout si elle est saignante !

J'étais donc plus que satisfait puisque j'étais capable de reconnaître cliniquement ces patients déprimés réfractaires aux traitements classiques à qui je pouvais prescrire avec le maximum de chances de succès un traitement de type antiparkinsonien.

Malheureusement, au bout de quelques semaines ou mois (six mois environ), le traitement ne marchait plus, comme  si son effet s'épuisait.

C'est alors que le Dr Jacques Mouret a eu l'idée origi­nale de la L-tyrosine, qui est un acide aminé précurseur de la dopamine et de la noradrénaline. En effet, lorsque l'on donne un médicament (agoniste) qui « tape » en permanence sur des récepteurs (structures qui accueillent les molécules nommées neurotransmetteurs, chargées de passer les messages d'un neurone à l'autre), on court toujours le risque que l'organisme réagisse en mettant ces récepteurs « en veilleuse » (désensibilisation). C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le traitement de la maladie de Parkinson finit par s'épuiser après quel­ques années de « lune de miel ». En revanche, lorsque l'on « nourrit » les neurones en leur fournissant le pré­curseur de ce qu'il doit fabriquer, on n'observe jamais ce genre de phénomène d'épuisement.

J'ai donc prescrit des doses relativement importantes de L-tyrosine et j'ai pu obtenir des guérisons que je considère comme stables, puisque j'ai maintenant un recul de plus de vingt ans.

La L-tyrosine


Il est relativement facile de se procurer de la L-tyro­sine (2). Le mieux est de s'en faire prescrire par son méde­cin. Il s'agit de ce que l'on appelle une préparation magistrale que le pharmacien est tenu de fournir. En général, elle se présente sous forme de gélules de 400 ou 500 mg.

La dose moyenne est de 1 600 mg le matin, 1 600 mg à midi et 800 mg à 16 heures, à prendre de préférence à distance des repas (par exemple une demi-heure avant) avec, si possible, un peu de sucre. Bien entendu, comme avec toute approche « naturelle », l'association aux pro­duits classiques type neuroleptiques ou antidépresseurs entrave au moins partiellement l'action du remède.

Il est donc préférable, avec l'accord de son médecin, de se sevrer auparavant de ce genre de médicaments. Il faut également éviter de prendre en même temps de la vitamine B6, qui favorise la destruction de la L-tyrosine (cofacteur de la décarboxylase). Autrement, ce traitement n'a pas d'effets secondaires, à part de très rares douleurs abdominales, peut-être liées à des phénomènes allergiques d'intolérance. Après avoir mis au point le traitement de ces DDD, nous avons pu tenter de prescrire la L-tyrosine dans tous les autres cas où une anomalie de la dopamine pouvait être suspectée.

On pourrait se demander pourquoi, dans un ouvrage qui se veut écologique, préconiser l'utilisation de la L-tyrosine de synthèse plutôt que de recommander de manger des aliments riches en tyrosine, comme les noi­settes, les œufs, le fromage, la viande...
La réponse est double :
Tout d'abord, j'ai essayé pendant quelques mois de prescrire des régimes de cette nature et je n'ai rien observé de positif. Ensuite, en y réfléchissant, j'ai compris que ces aliments riches en L-tyrosine contiennent en général les quatre autres acides aminés qui sont en compétition les uns avec les autres au niveau des transporteurs du sang.  Quand on   donne un aliment, on sature ces « camions » plasmatiques et au final la quantité de L-tyrosine transportée n'est pas plus importante car elle reste sur le quai d'embarquement, en  l'occurrence le tube digestif. Seule la prise massive de L-tyrosine, à dis­tance des repas, donc des autres acides aminés, se révèle efficace.

(2) Contrairement aux sites liés à l'industrie naturopathe, vous ne trouverez ici aucun lien vers un vendeur de produit.

synthèse naturelle de la dopamine
Synthèse naturelle de la dopamine


Pour en savoir plus



laborit

Un peu d'histoire


Henri Laborit, 1914-1995, chirurgien et neurobiologiste anesthésiste, introduisit le premier neuroleptique (chlorpromazine - largactil) en 1951. Il fut un des premiers chercheurs à employer la L-Tyrosine et à obtenir les brevets mondiaux d'application thérapeutique, dans le traitement des états de choc, des dépressions, de l'hypertension artérielle et de la maladie de Parkinson. Il dut abandonner car il ne trouva personne à l'époque pour les exploiter.



Anne-Laure


Anne-Laure a trente-sept ans. Elle est chef d'entreprise, mariée, mère de famille. Sa vie est plus que trépidante et elle jongle entre les biberons et les avions. Son sys­tème marche assez bien grâce à un époux également industriel, mais qui n'hésite pas à l'aider autant que pos­sible à la maison.
Elle tient le coup au prix d'une grande fatigue jusqu'au moment où son mari tombe malade et doit être hospita­lisé. Le diagnostic tarde et Anne-Laure se fait énormé­ment de souci. Elle se réveille en sursaut au milieu de la nuit, a des crises de larmes, reste prostrée pendant des heures. Son entourage, inquiet, l'envoie chez un psy­chiatre qui lui prescrit un antidépresseur. Celui-ci ne marche pas et ne fait que l'« ensuquer ». Elle en essaie un autre qui ne marche pas mieux, mais lui fait prendre dix kilos en deux mois. Elle est désespérée.
En reprenant son interrogatoire, on s'aperçoit que, du fait de son activité, elle mange n'importe comment, entre deux avions, et consomme très peu de viande. Elle a des accès de somnolence et à plusieurs reprises elle a failli s'endormir au volant. Elle a même eu un petit accrochage. Par moments, elle se sent nulle, bonne à rien et reste prostrée, la tête entre les mains, les yeux dans le vague.
Elle explique que la nuit elle rêve beaucoup et qu'elle se réveille « plein de fois en sursaut ». Ses draps sont complètement défaits quand elle se lève le matin.
L'antidépresseur est arrêté en trois jours et la L-tyrosine lui est prescrite sous forme de gélules, à raison de 1600 mg le  matin, 1 600 mg à midi et 800 mg à 16 heures. Anne-Laure commence à ressentir un mieux­ être dès le premier jour, « comme un soulagement », dit-elle. Au bout de deux semaines, elle se sent à nou­veau en pleine forme et aide son mari à accepter le dia­gnostic de cancer de la thyroïde. Elle continuera à prendre consciencieusement son « carburant » pendant cinq ans, jusqu'à ce que la rémission puisse être consi­dérée comme « solide » pour son mari.


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