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Antipsychotiques, neuroleptiques : tableau des concentrations plasmatiques mini, maxi, et seuils d'alerte

Par Neptune 

le 24/03/2017 

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Antipsychotiques, neuroleptiques : tableau des concentrations plasmatiques mini, maxi,
seuils d'alerte


Présentation


Les antipsychotiques sont tous toxiques quelle que soit la concentration, et notamment sur le long terme, avec en plus, pour la plupart, un effet d'accoutumance établi, peu pris en compte par les psychiatres si ce n'est en augmentant les doses et en renforçant donc cette accoutumance. Et ils sont davantage toxiques si la concentration est élevée, même en prenant en compte cette accoutumance.

Nous donnons dans ce tableau les tranches de concentration plasmatiques fournies par les fabricants, sachant qu'il est recommandé par les autorités de santé d'atteindre progressivement une concentration juste au dessus de la concentration minimale. Seule une prise de sang est valable pour mesurer votre concentration. Elle est différente pour deux personnes prenant la même "dose". De plus, à concentration égale, les effets, y compris secondaires, varient aussi selon les individus. Ce tableau peut vous aider à demander au prescripteur une baisse de posologie si vous dépassez trop la concentration minimale thérapeutique, et à l'exiger si vous être proche ou au dessus de la concentration maximale.  

AntipsychotiquesExtrait du film "Matrix" : la scène du choix

Tableau des concentrations plasmatiques mini et maxi des antipsychotiques de 1ere génération (AP1G) ou de 2eme génération (AP2G) et seuils d'alerte






Psychotrope et métabolite actif
Marque
Concentration mini et maxi (2)
Demi-vie
(3)
Niveau d'alerte (4)
Niveau de
recommandation
du suivi  (5)
Remarque
amisulpride - AP2G
Solian@
100–320 ng/mL
12–20 h
640 ng/mL
1
aripiprazole - AP2G
Abilify@
150–500 ng/mL
60–80 h
1000 ng/mL
2
asenapine - AP2G
Sycrest@ (Europe), Saphris@ (USA, Canada…)
2–5 ng/mL
24 h
10 ng/mL
4
benperidol - AP1G
benperidol
1–10 ng/mL
5 h
20 ng/mL
3
"Il est possible que de hautes doses soient tolérées à long terme, à cause de changements adaptatifs"
bromperidol - AP1G
bromperidol (Belgique)
12–15 ng/mL
20–36 h
30 ng/mL
2
chlorpromazine - AP1G
Largactil@
30–300 ng/mL
15–30 h
600 ng/mL
2
chlorprothixene - AP1G
Truxal@ (USA, Suisse …)
20–300 ng/mL
8–12 h
400 ng/mL
3
clozapine - AP2G
Leponex@
350–600 ng/mL
12–16 h
1000 ng/mL
1
flupentixol - AP1G
Fluanxol@
1–10 ng/mL
20–40 h
15 ng/mL
2
fluphenazine - AP1G
Moditen@, Modecate@
1–10 ng/mL
16 h
15 ng/mL
1
fluspirilene - AP1G
Imap (Canada, arrêté 2013)
0.1–2.2 ng/mL
7–14 days
4.4 ng/mL
2
haloperidol - AP1G
Haldol@
1–10 ng/mL
12–36 h
15 ng/mL
1
"Il est possible que de hautes doses soient tolérées à long terme, à cause de changements adaptatifs"
iloperidone - AP2G
Fanapt@ (USA)
5–10 ng/ml
18–33 h
20 ng/ml
3
levomepromazine - AP1G
Nozinan@
30–160 ng/mL
16–78 h
320 ng/mL
3
melperone - AP1G
Buronil@ (Belgique)
30–100 ng/mL
4–6 h
200 ng/mL
3
olanzapine - AP2G
Zyprexa@
20–80 ng/mL
30–60 h
150 ng/mL
1
Sous injection (pamoate d'olanzapine), des patients ont présenté un syndrome post-injection lorsque la concentration dépassait 150 ng/l
paliperidone - AP2G
Xeplion@
20–60 ng/mL
23 h
120 ng/mL
2
La palipéridone est un métabolite de la rispéridone (Risperdal@) : le 9-hydroxyrisperidone
perazine - AP1G
Taxilan (Allemagne)
100–230 ng/mL
8–16 h
460 ng/mL
1
perphenazine - AP1G
Trilafon@, Phenazine@
0.6–2.4 ng/mL
8–12 h
5 ng/mL
1
pimozide - AP1G
Orap@
15–20 ng/mL
23–43 h
20 ng/mL
3
pipamperone - AP1G
Dipiperon@
100–400 ng/mL
17–22 h
500 ng/mL
3
prothipendyl - AP1G
prothipendyl
5–10 ng/mL
2–3 h
20 ng/mL
4
quetiapine - AP2G
Xeroquel@/Seroquel@
100–500 ng/mL
7 h
1000 ng/mL
2
Avec la formulation  XR, si l'on prend une dose le soir et que le prélèvement a lieu le matin, les concentrations plasmatiques sont 2 fois plus élevées que la normale, à cause de la libération nocturne.
risperidone plus 9-hydroxyrisperidone - AP2G
Risperdal@
20–60 ng/mL
3 h
24 h
120 ng/mL
2
sertindole - AP2G
Serdolect@, Serlect@
50–100 ng/mL
55–90 h
200 ng/mL
2
Le métabolite actif dehydrosertinole (46-60 ng/ml aux doses normales)  provoque un allongement de QT dose-dépendant  par blocage des canaux potassium
sulpiride - AP1G
Dogmatil@, Synedil@
200–1000 ng/mL
8–14 h
1000 ng/mL
2
Pas de métabolite, élimination rénale directe
thioridazine - AP1G
Melleril@
100–200 ng/mL
30 h
400 ng/mL
1
Voir "métaboliseurs lents" pour lesquels il est fortement contrindiqué
ziprasidone - AP2G
Zeldoc@
50–200 ng/mL
6 h
400 ng/mL
2
Pris hors repas l'absorption   est diminuée et tombe sous la concentration voulue
zotepine - AP1G
‎Zoleptil@ (Allemagne)
10–150 ng/mL
13–16 h
300 ng/mL
3
zuclopentixol - AP1G
Copixol@
4–50 ng/mL
15–25 h
100 ng/mL
3


(1) Le groupe AGNP-TDM (Arbeitsgemeinschaft für Neuropsychopharmakologie und Pharmakopsychiatrie, Association de neuropsychopharmacologie et de pharmacopsychiatrie), est constitué de chimistes, biochimistes cliniques, pharmacologues cliniques et psychiatres germanophones (Suisse et Allemagne)

(2) Les doses mini-maxi sont fournies par le fabricant en fonction de leurs essais et ne sont pas forcément toutes vérifiées par des chercheurs de laboratoires indépendants. Elles concernent généralement les personnes de 18 à 65 ans sans maladie (ou "comorbidité") autre que la cible du psychotrope, sans autre médicament, et sans anomalies génétiques   de métabolisme. Voir sur ce dernier point, le paragraphe sur les "métaboliseurs lents" ou "ultrarapides" .

La concentration doit être mesurée au bout de 4 demi-vies du psychotrope pour être comparée aux valeur mini/maxi. Pour des psychotropes très actifs ou à "seuil de toxicité" bas, la concentration doit être mesurée plus rapidement après la première administration. En régime de prise régulière, la concentration se mesure le matin. La mesure doit être renouvelée tous les 3 ou 6 mois, sauf produits à risque élevé où les mesures doivent être plus fréquentes.  

(3) Demi-vie : temps au bout duquel la concentration est diminuée de moitié par rapport au pic de concentration. Cette unité de mesure standard de pharmacocinétique permet d'ajuster la posologie (fréquence et dose), et, ici, de déterminer à quel moment effectuer un prélèvement sanguin.

(4) Le niveau d'alerte est celui à partir duquel le laboratoire effectuant l'analyse doit immédiatement appeler le prescripteur, selon le groupe AGNP.

En France on dépasse la dose limite sans s'inquiéter !!

En France nous avons vu le patient, au vu de ses analyses et de ce tableau, devoir diminuer de lui-même la dose, puis appeler, paniqué, le prescripteur. Ce dernier a pris le temps d'attendre le prochain rendez-vous, au cours duquel il a souri et dit "en effet vous êtes un peu haut" ;  puis il a confirmé la baisse de posologie. Il n'a pas le temps de s'occuper des intoxications qu'il provoque : il écrit de longs articles dans la presse spécialisée, et est médecin-chef et chercheur dans un grand CHU de province...  

(5) Le groupe AGNP donne ses niveaux de priorité pour des mesures régulières de concentration :

Niveau 1 : Très fortement recommandé
Niveau 2 : Recommandé
Niveau 3 : Utile
Niveau 4 : Peut être utile ; soit que pour ce psychotrope il est facile d'ajuster les doses en fonction des effets toxiques observés ou de la non efficacité ; soit que la concentration n'est pas représentative de l'effet dans les cas par exemple de tolérance ou d'actions irréversibles comme certains antidépresseur IMOA irréversibles.





Voir aussi sur ce site



Bonjour
De l age de 23 ans à 27 ans, j ai pris zyprexa 20mg avec Prozac 20mg. J ai lu que le Prozac augmente la concentration plasmatique du zyprexa. J ai pris combien de mg de zyprexa du coup ? Depuis que ai arrêté zyprexa, je me sens sans vie. Se pourrait il que le zyprexa ait aggravé ma maladie ?

@rationaliste a écrit:Bonjour
De l age de 23 ans à 27 ans, j ai pris zyprexa 20mg avec Prozac 20mg. J ai lu que le Prozac augmente la concentration plasmatique du zyprexa. J ai pris combien de mg de zyprexa du coup ? Depuis que ai arrêté zyprexa, je me sens sans vie. Se pourrait il que le zyprexa ait aggravé ma maladie ?

Bonjour rationaliste,
Pas facile de répondre à des questions aussi précises, puisque justement la chimie des psychotropes est très mal connue. Y compris des laboratoires qui se contentent de mesurer l'effet à court terme sur des symptômes aigûs, tout en reconnaissant et en minimisant à la fois leurs effets secondaires, et sans jamais s'intéresser aux effets à long terme.
1/ On ne sait pas dire (sauf à effectuer un prélèvement avec mesure de concentration), dans quelle mesure le prozac augmente la concentration d'olanzapine (zyprexa), on sait seulement que l'augmentation est "forte".
2/ Oui il se peut que le Zyprexa (olanzapine) provoque différents effets néfastes y compris sur le psychisme. Comme tout antipsychotique, il "neutralise" le psychisme pour faire cesser les psychoses, et ses effets au sevrage sont méconnus. On sait qu'ils modifient durablement l'écosystème chimique cérébral, un peu comme l'aide alimentaire prolongée provoque des dépendances, l'arrêt des cultures vivrières etc, des effets paradoxaux comme une famine accrue ou une nouvelle forme de malnutrition, tout en ayant sauvé des vies. L'idéal serait de remédier autrement à une famine qu'en apportant des sacs de blé.

De nombreux articles ici et dans différents sites traitent de ces effets, ici nous n'en avons étudié qu'une partie, et préférons rester prudent avant d'affirmer avec précision.

Amicalement,

Mon médecin généraliste a lu que la demi vie du Xeplion est compris entre 3 et 6 mois, or il est écrit 23 h dans le tableau.

Il doit s'agir d'une mesure de concentration à un certain moment ?

@Oliv a écrit:Mon médecin généraliste a lu que la demi vie du Xeplion est compris entre 3 et 6 mois, or il est écrit 23 h dans le tableau.

Il doit s'agir d'une mesure de concentration à un certain moment ?

Bonsoir Oliv,

La risperidone a bien une demi-vie de 23h.
Le "Xeplion" est de la risperidone en injection (comme le Previcta) : une injection de Xeplion équivaut à 1 mois de comprimés de Risperdal en une fois (pour le Previcta c'est 3 mois au moins), mais ces "comprimés" se "libèrent" (ne vont dans le sang) que petit à petit depuis la graisse où ils sont injectés (c'est pour cela que l'injection se fait obligatoirement dans les fesses)

Pour qualifier cette durée de libération du Xeplion, on ne parle pas de "demi-vie" mais de "durée de libération". La définition de "demie-vie", c'est la moitié du temps d'élimination d'une dose quotidienne. Or le Xeplion c'est 30 doses quotidiennes (comme un distributeur en quelque sorte)

Donc ton médecin généraliste n'y connait vraiment rien sinon il n'emploierait pas le terme de "demi-vie", et d'autre part la durée de libération du Xeplion est de 1 mois.

Amicalement



Dernière édition par Neptune le 21/5/2021, 20:34, édité 1 fois

Il m'a dit qu'il ne s'occupe pas de la psychiatre.

Je peux me tromper, il n'a certainement pas dit demi vie dans ce cas...

Sur ma lettre pour voir un autre médecin il a écrit durée d'élimination.

Il est intéressant de se reporter aux données françaises, dans la Base de données publique des médicaments (gérée par l'ANSM):
- ici (base d'accès grand public): base-donnees-publique(point)medicaments(point)gouv(point)fr
- ou là (Répertoire des spécialités pharmaceutiques, base d'accès moins ergonomique mais avec quasiment les mêmes infos): agence-prd(point)ansm(point)sante(point)fr

Les infos sur la durée d'élimination, la demi-vie, les effets indésirables etc. sont à lire dans la partie "Résumé des caractéristques du produit" pour n'importe quel médicament.

Pour le Xeplion, il faut lire les informations (denses) du rapport de l'EMA (l'agence européenne des médicaments, ce médicament ayant fait l'objet d'une procédure centralisée d'autorisation de mise sur le marché dans plusieurs pays simultanément), le lien est proposé à partir de la Base de données publique des médicaments en cliquant sur l'onglet "Résumé des caractéristiques du produit et notice" (redirection automatique vers le document en téléchargement)

On y lit notamment quelques précisions:
- Au chapitre 4. Informations cliniques / 4.2 Posologie et mode d'administration : "Mode d'administration - Xeplion est destiné à l’administration intramusculaire uniquement. Il ne doit pas être administré par une autre voie. Il doit être injecté lentement, en profondeur dans le muscle deltoïde ou fessier". (cf. p.5)
- Au chapitre 5. Propriétés pharmacologiques. /5.2. Propriétés pharmacocinétiques.  : "Absorption et distribution - (...) Après administration d’une dose unique par voie intramusculaire, les concentrations plasmatiques de palipéridone augmentent graduellement pour atteindre des concentrations plasmatiques maximum à un Tmax médian de 13 jours. La libération de la substance active démarre dès le jour 1 et dure au moins 4mois. (...) La demi-vie apparente médiane de la palipéridone après l’administration de Xeplion dans l’intervalle de doses 25-150 mg allait de 25 à 49 jours. (...) La biodisponibilité absolue du palmitate de palipéridone après l’administration de Xeplion est de 100 %" (cf. p.19)

En clair:  il est injecté dans la fesse non parce qu'il y a du gras, mais parce que le muscle est de grande taille; et c'est à partir du muscle que le produit se libère petit-à-petit dans l'organisme. Toute la quantité injectée est absorbée par l'organisme (biodisponibilité 100%), contrairement à d'autres formulations où seule une partie est réellement absorbée, un peu de produit étant éliminé (selles ou urine) sans être absorbé par l'organisme. Chez les moitié des patients observés, la concentration atteint un pic au bout de 13 jours avant de diminuer progressivement, et le principe actif reste dans l'organisme pendant plus d'un mois, de sorte que 49 jours après l'injection, la quantité circulante représente encore la moitié de celle observée au moment du pic de maximum de concentration.
Si ça peut aider...

Neptune

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