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Syndrome métabolique iatrogène

Par Neptune 
le 06/06/2014

Syndrome métabolique iatrogène



Le syndrome métabolique désigné par les acronymes SMet (pour syndrome métabolique) ou MetS (pour Metabolic syndrome chez les anglophones) désigne l'association d'une série de problèmes de santé ayant en commun un mauvais métabolisme corporel.

Il fait partie des syndromes émergents. Sa signification clinique et son origine exacte restent controversées. Des études en cours cherchent à éclaircir ces questions.

On ne peut pas encore affirmer qu'il s'agit vraiment d'une maladie plutôt qu'un simple regroupement de facteurs de risque plus ou moins liés par une origine, des cibles métaboliques ou des mécanismes communs.

Il y a cependant consensus sur le fait que le syndrome métabolique détecté chez une personne n'ayant déclaré aucun symptôme particulier correspond à un risque d'accident cardio-vasculaire multiplié par trois par rapport à un individu réellement en bonne santé.

Le syndrome métabolique est iatrogène s'il est établi qu'il est directement lié à la prise d'un médicament. En psychiatrie, ce syndrome est couramment associé, entre autres, aux antipsychotiques (anciennement : neuroleptiques), qu'ils soient de première ou de deuxième génération, ces derniers étant également appelés "atypiques".

On estime à 30 % les cas de patients souffrant du syndrome métabolique iatrogène à la suite d'un traitement aux antipsychotiques de seconde génération (olanzapine (Zyprexa), quetiapine (Xeroquel/Seroquel), aripiprazole (Abilify)) (1)

Définition

Il en existe plusieurs, qui ont varié dans le temps et selon les organismes de santé ou les pays (définition OMS de 1998, de l'EGIR, European Group for the study of Insulin Resistance en 1999, du NCEP-ATP III (National Cholesterol Education / Program-Adult Treatment Panel III) en 2001 et 2005, ou de l'IDF, International Diabetes Federation, en 2005), mais il y a consensus pour parler de « syndrome métabolique » dans les cas où au moins 3 des problèmes suivants sont associés chez la même personne :

  • taux d’insuline anormalement élevé (qui expliquerait le risque de mortalité cardio-vasculaire plus élevée associé à ce syndrome ainsi qu'un risque de diabète de type 2, induit par épuisement du pancréas qui doit produire toujours plus d’insuline pour réduire l'hyperglycémie quand elle existe. Ce syndrome peut néanmoins exister chez des non-diabétiques
  • hypercholestérolémie avec taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) inférieur à 1,04 mmol/l pour les hommes, 1,29 mmol/l (46 mg/dl) pour les femmes
  • hypertension (pression artérielle trop élevée, c'est-à-dire >140 mmHg de pression systolique(maxima) et/ou >90 mmHg de pression diastolique(minima) ; un traitement anti-hypertenseur est à prendre en compte comme critère). Le critère "hypertension" est plus fréquent chez les hommes.
  • excès de poids surtout s'il s'agit d'une obésité abdominale (tour de taille supérieur à 100 cm pour les hommes, et à 88 cm pour les femmes). Ce critère est plus fréquent chez les femmes, comme celui du HDL-cholestérol bas. L'embonpoint augmente aussi le risque d’athérosclérose.
  • hyperglycémie, c'est-à-dire un taux excessif de sucres dans le sang (triglycérides sanguins supérieurs à 1,6 ou 1,7 mmol/l (ou 150 mg/dl) et/ou glycémie (mesurée par un test à jeun) supérieure ou égale à 6,1 mmol/l (ou 110 mg/dl). Toute hyperglycémie durable augmente le risque cardiovasculaire, via le taux de mauvais cholestérol et de triglycérides (lipides sanguins) qui affecte les parois artérielles, mais aussi en tant que facteur d’hypertension.


Remarque : Les mesures sont généralement faites en mmol/l, sauf aux États-Unis, où le décilitre (mg/dl) domine encore).

D'autres critères pourraient s'ajouter à ceux-ci, en fonction des progrès de la recherche :

  • L'inflammation, mesurée par le taux de protéine C-réactive et l'interleukine 6 pourraient bientôt en faire partie.
  • une microalbuminurie (Une microalbuminurie et/ou une protéinurie doivent être confirmées sur les urines des 24 h.).
  • la microalbuminurie est un bon marqueur indépendant de risque cardiovasculaire mais aussi un marqueur de succès thérapeutique.
  • un syndrome ovarien polykystique ou syndrome des ovaires polykystiques ou SOP, qui est une perturbation métabolique caractérisée par une hyperandrogénie (hirsutisme et virilisation), une infertilité par absence d’ovulation, des troubles du cycle menstruel et une obésité) ; le SOP semblant ici pouvoir être à la fois une cause et une conséquence du syndrome métabolique, souvent associé à une obésité et à une insulino-résistance.
  • Divers indices (en cours d'étude) invitent à penser qu'il existe des liens entre le syndrome métabolique et d’autres maladies (ex. : Syndrome d'Apnées Obstructives du Sommeil souvent associée à l'obésité et qui toucherait environ 18 millions de nord américains, ou des maladies hormono-dépendantes graves comme le cancer du sein, de l’utérus, de la prostate ou du testicule, ainsi qu'avec le cancer du côlon (le facteur alimentaire pouvant être en cause) et peut-être avec la maladie d’Alzheimer.


La définition de l’OMS modifiée privilégie l’insulinorésistance mise en évidence par l’existence d’une glycémie à jeun supérieure ou égale à 6,1 mmol/l ou d’une insulinémie à jeun dans le quartile supérieur, associée à deux ou plus des critères suivants :

  • BMI-IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², ou rapport taille-hanche supérieur à 0,9 chez l’homme, ou 0,85 chez la femme
  • cholestérol HDL inférieur à 0,9 mmol/l pour les hommes (1,0 mmol/l pour les femmes) ou triglycérides supérieurs à 1,7 mmol/l
  • Pression artérielle supérieure ou égale à 140 / 90 mm Hg ou traitement anti-hypertenseur
  • Une HGPO sur 75 gr de glucose avec un seuil pour la glycémie à 2 heures fixé à 7,8 mmol/l



Risques

Le syndrome métabolique décrit un état qui est considéré comme préfigurant plusieurs maladies graves :

  • diabète de type 2 (DT 2), avec par exemple un risque 7 fois plus élevé chez les Finlandais porteurs de SMET1 que pour le reste de la population ;
  • troubles cardiovasculaires ;
  • accident vasculaire cérébral (AVC) ; risque 1,26 fois plus élevé à 2,2 fois plus élevé selon l'OMS, avec des bases méthodologiques moins strictes).


Pourraient s'y ajouter :

  • dépression ou anxiété ;
  • déclin cognitif et peut-être démence... ou d'autres maladies en cours d'étude ;
  • Cancers ? Les études épidémiologiques reliant le syndrome métabolique au cancer sont rares, mais Stephanie Cowey de l'université d'Alabama note que presque toutes les composantes du syndrome métabolique ont été individuellement plus ou moins liés au développement du cancer. Deux études au moins montrent que le simple regroupement des éléments du syndrome métabolique augmente considérablement le risque de mortalité par le cancer du côlon par rapport aux composants individuels. Tous les processus ou sous-processus décrits par ce syndrome (insulinorésistance, l'activité aromatase, la production d'adipokine, l'angiogénèse, l'exploitation de glucose, et le stress oxydatif / dommages à l'ADN, peuvent synergiquement concourir à favoriser le cancer, plus que les composants du syndrome pris séparément (en quelque sorte la somme des parties serait un facteur de risque supérieur à l'addition du risque de chaque composante6. Les auteurs concluent que d'éventuels liens avec d'autres cancers devraient être explorés.



Tabagisme et/ou alcoolisme augmentent encore le risque cardiovasculaire et de cancer.

Enjeu de santé publique



Comme le cancer, la vulnérabilité cardiovasculaire, les allergies, la délétion de la spermatogenèse et d'autres syndromes émergents très probablement multifactoriels, il s'agit d'un problème de santé publique d'enjeu mondial, qui invite le médecin et l'épidémiologue, mais aussi le politique à une approche plus holistique et pluridisciplinaire de la santé, et qui justifie des actions de détection (monitoring épidémiologique et éco-épidémiologique), information/prévention et suivi des personnes à risque, d'autant que le dépistage est simple et peu coûteux (il suffirait d'une simple visite médicale scolaire ou d'entreprise associant une mesure du tour de taille, et un taux de triglycérides (prise de sang) pour repérer 80 % des patients victimes d'un syndrome métabolique). Chez les 20 % restants, tant que le pancréas réussit à maintenir une glycémie proche de la norme, le syndrome métabolique est difficile, voire impossible, à détecter par les tests courants de glycémie. De simple mesures de l'indice du poids corporels et du tour de taille suffisent à détecter un nombre significatif des adolescentes affectées par ce syndrome.

Un meilleur dépistage permettrait souvent d'éviter l’évolution du syndrome vers des maladies graves et invalidantes (diabète de type 2 ou troubles cardiovasculaires)

Source:  Wikipedia 2014 (extraits), complété par Neptune pour la partie iatrogène et psychiatrique


AnglaisIatrogen metabolic syndrom




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