Bonjour,
Notre association d'entraide, d'information et d'action sur la psychiatrie, a été brièvement citée dans votre long article du 1er décembre dernier. Nous tenons à rectifier et préciser quelques éléments.
Contrairement à ce qui est indiqué, la médiation relève de notre initiative et non de l'initiative du CHS St Ylie, et suite à un appel à l'aide de la famille Fargette sur notre site, qui souhaitait au départ une aide juridique. Nous avons du négocier de janvier à mars 2014, pour que la médiation ait lieu, et nous en avons proposé les modalités. Celles-ci s'est déroulée dans le meilleur climat, et des concessions ont été faite de part et d'autre. Il est aussi important de préciser qu'un contrat a été signé entre la famille, l'hôpital et l'association Neptune, précisant les conditions du retour à la confiance, contrat qui a donné toute satisfaction, jusqu'en aout. Les progrès ont été encore constatés lors de la seconde réunion du 7 juillet 2014 entre la famille et l'hôpital, dont nous avons le compte-rendu.
Le retour à la sérénité et au dialogue est, dans le cas de Dimitri Fargette, très important, en premier lieu pour le malade qui ressent toutes ces difficultés relationnelles. Aussi n'avons nous pas réagi immédiatement lorsqu'un premier incident eut à nouveau lieu suite aux photos prises par Nicolas Fargette. La nouvelle plainte déposée à son encontre par la direction de l'hôpital, la nouvelle interdiction de visite, ne nous a pas non plus découragé sur la poursuite du dialogue. Mais l'hôpital ayant également mis unilatéralement fin aux rencontres trimestrielles, il fallait réagir et nous avons alors réagi par un article qui, forcément, a déplu à la direction du CHS Saint-Ylie, qui n'a protesté que sur la forme et n'a contesté aucun fait relaté.
Contrairement à ce qu'affirme la direction du CHS Saint-Ylie, le dialogue a donc été instauré par l'initiative insistante de notre association, et il a été rompu unilatéralement par l'hôpital psychiatrique qui, en l'espèce, a fait preuve d'un manque flagrant de psychologie. Nous en voulons pour preuve les multiples lettres dont récentes dans lesquelles la direction, dans un même courrier, prononce une interdiction de visite, annonce vouloir porter plainte, et enfin conclut en incitant la famille Fargette a "trouver un autre lieu de soins", tout en sachant que cet autre lieu n'existe pas à proximité.
Contrairement à ce qu'affirme la direction du CHS Saint-Ylie, l'association Neptune n'a pas "fusionné avec la famille". En effet, au cours de la réunion du 28 mars entre médecins, cadres de santé, famille et association, qui nous avons présidée, Mr Nicolas Fargette a été publiquement rappelé à l'ordre par nous : "efforcez vous de faire confiance aux soignants, qui ont des journées très difficiles, et toute violence est effectivement inacceptable". Il est vrai que Mr le Directeur n'avait pas jugé bon de participer à cette réunion plénière à laquelle sa présence était pourtant prévue.
Enfin, si notre organisation est effectivement militante, indépendante des autorités médicales, politiques, religieuses et des industries pharmaceutiques, est si le terme de maltraitance a été un temps employé par nous suite à la rupture unilatérale du contrat, il a été très vite retiré. En effet le personnel soignant, qui en très grande majorité est dévoué et compétent, ne le mérite pas. L'hôpital Saint-Ylie n'est ni mieux ni moins bien loti en la matière que la plupart des hôpitaux psychiatriques français. Nous regrettons simplement l'interruption unilatérale du dialogue, et le manque de recherche en direction de méthodes novatrices qui, dans certaines structures comme, par exemple, le CAAP du Poitou, accueillent des personnes aussi lourdement handicapées que Dimitri, sans enfermement, sans doses massives de psychotropes (1) , sans attachement, avec des méthodes modernes récemment agréées en France. Nous pensons que ce que 43 personnes du Poitou réussissent à faire avec 40 personnes avec autisme ou retard mental profond, 23 personnes peuvent à notre avis le faire aussi avec les 20 patients des "Mimosas", mais aussi partout en France.
Il faudrait une réelle volonté au sommet de l'hôpital et des autorités de santé. Au lieu de cela, en France, on préfère les guerres de chapelles, opposer les professionnels entre eux, infantiliser les patients et leurs familles, que de travailler main dans la main.
pour Neptune - Information, Recherche, Entraide, Action sur les maladies psychiques et la psychiatrie
François X , président
12 rue Sainte-Hélène
67000 Strasbourg
(1) Le tuteur légal de Dimitri nous autorise à publier son traitement médicamenteux quotidien, vos lecteurs médecins pourront alors se faire une opinion :
Haldol :10mg à 20mg
Lyrica : 150mg
Tranxène : 20mg depuis des années
Loxapac : 50mg
Depamide : 1200mg
(2) Merci de nous indiquer par mail la date de parution de ce droit de réponse