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Psychotropes, réussir son sevrage - Peter Lehmann

Par Neptune 

le 13/05/2019 

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Psychotropes, réussir son sevrage


Ouvrage collectif sous la direction de Peter Lehmann, 2013-2018.

Notre avis

C'est l'une des questions qui nous est le plus souvent posée. Mais comme aucune étude n'a jamais été financée par les institutions et les laboratoires pour s'intéresser au sevrage des psychotropes – ni d'ailleurs à leurs effets secondaires à long terme - la réponse n'est pas facile. Les institutions, au contraire, sur la base de statistiques de "rechutes" (entre 30% et 50% selon les sources), nous assènent que le psychotrope doit se prendre à vie et que notre maladie est "chronique", terme politiquement correct pour dire "incurable". La seule exception à ce silence sur les méthodes de sevrage concerne les benzodiazépines, elle vient d'un travail considérable sur le terrain par l'équipe du Pr Esther Ashton dans les années 1980 et 1990 au Royaume-Uni (1)

Personne ne se demande comment font les 50% à 70% des personnes qui ne "rechutent" pas après arrêt du psychotrope.

Personne ou presque ne s'intéresse aux travaux pourtant universitaires et validés par des pairs sur les psychoses d'hypersensibilité (2) ou sur l'aggravation iatrogène des dépressions (3) comme résultats à moyen et long terme de la réaction naturelle de notre cerveau à la privation de dopamine ou à l'augmentation artificielle de sérotonine.

Le sujet est complexe car il existe presque autant de situations que de personnes, et il mériterait, pour être scientifiquement traité, des moyens très importants, équivalents ou en tous cas du même ordre de grandeur que ceux déployés pour les essais de nouvelles molécules par les laboratoires et leurs alliés.

Ce livre reste néanmoins salutaire, car il démontre par l'expérience que, si l'aventure est difficile, de nombreuses personnes sont parvenues à réussir leur sevrage, par volonté, par hasard, et par approximations successives. Il doit inspirer tous ceux qui posent la question du sevrage : ces personnes doivent aujourd'hui non pas rechercher une recette, mais rechercher une voie, leur voie. Ceci est vrai aussi pour les médecins qui auront suffisamment d'ouverture d'esprit, de curiosité et de conscience médicale, pour accompagner leurs patients dans ce parcours.

Nous soutenons ce livre en vous encourageant à l'acheter, mais aussi en publiant certains des témoignages de patients et de professionnels, écrits avec la même intention que nous : aider d'autres à réussir aussi.  

Neptune

Table des matières


  • Note juridique
  • Avant propos - Claude Deutsch, Docteur en psychologie, conseiller scientifique d'Advocacy-France, ex vice président de la Fédération Mondiale de Santé Mentale (4)
  • Préfaces
    • Prikko Lahti, présidente de la Fédération Mondiale pour la Santé Mentale
    • Dr Lauren R. Mosher, directeur de Soteria Associates
    • Peter Lehman, chercheur, auteur, éditeur, docteur honoris causa, cofondateur du Réseau Européen des (ex-)Usagers et Survivants de la Psychiatrie (ENUSP)
  • Introduction – Peter Lehmann
  • La décision d'arrêter – Peter Lehmann, Laurent Pelissier, président de GEM, Mary et Jim Maddock, retraités (4)
  • Arrêter la prise des psychotropes pas à pas – Wilma Boevink, professeur d'université en rétablissement, Bert Golden, photographe
  • Contre-poids – Gabor Gombos, physicien, Maths Jesperson, producteur, élu local, Ulrich Lindner, Oryx Cohen, militants (4)
  • Sevrage avec aide professionnelle – David Webb, titulaire d'un doctorat sur le suicide, Manuela Kälin, infirmière physiothérapeute, Fiona Milne, employée (4)
  • Mieux vaut des psychotropes de temps en temps que continuellement – Mary Nettle, ENUSP, Lynne Setter (4)
  • Soutien professionnel – Marc Rufer, médecin,  Josef Zehentbauer, médecin et psychothérapeute, Martin Urban, psychothérapeute, Roland A. Richter, assistant social, Pino Pini,  psychiatre, Klaus John, Kerstin Kempker, éducatrice, Dr Bob Johnson, psychiatre
  • Après l'arrêt – Regina Bellion, retraitée, Leo P. Koehne, journaliste(4)
  • Résumé – Peter Lehmann, Karl Bach Jensen, ENUSP (4)
    Annexe  – principes actifs dans les psychotropes et dénominations commerciales
    Auteurs : biographie résumée
    Index


(4) les professions de certaines personnes sont nécessairement résumées, leur parcours professionnel et personnel est décrit plus en détail dans leur témoignage. Nous nous excusons par avance s'il s'avérait que certains descriptifs résumés soient trop approximatifs.

"Pour la schizophrénie si au bout de trois ans de traitement il n’y a pas eu de rechute il faut alors arrêter les médicaments !" (Pr Édouard Zarifian)

D’après l’UNAFAM il y a 20 ans le risque de rechute en cas d’arrêt de son traitement médicamenteux par un schizophrène était alors de 85 % dans le délai d’un an. Dans l’émission de France2 dans laquelle je suis passé le 20 novembre 2004 "Savoir Plus Santé : Mieux comprendre la schizophrénie" sous le nom de […] 59 ans, le Pr Christophe Lançon de l’Hôpital Sainte-Marguerite à Marseille a alors lui aussi communiqué ce même chiffre. J’ai lu sur Internet (je ne me rappelle plus l’auteur et je n’ai pas retrouvé l’article) que la vérité à ce sujet devait être celle-ci : "[…] 50 % des schizophrènes ne prennent pas leur traitement médicamenteux et pourtant ils ne rechutent pas […]" Je me rappelle aussi qu’à l’âge de 40 ans j’avais recherché l’expert près les tribunaux qui à l’âge de 17 ans m’avait alors adressé à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris pour que j’y suive alors un traitement psychothérapeutique. Il m’a dit alors ceci (à sa consultation à l’Hôpital Sainte-Anne à Paris) : "[…] Vous êtes à l’âge où il faut arrêter de prendre vos médicaments sauf si vous voyez des couteaux […]" Je me rappelle aussi qu’à l’âge de 28 ans j’avais demandé à mon généraliste qu’il me recommande à un expert près les tribunaux pour que je puisse alors ainsi avoir son avis aussi bien diagnostic que pronostic sur mon état de santé psychiatrique d’alors. Cinq mois auparavant ma future femme (secrétaire dans le plus grand laboratoire d’analyses médicales de Paris de cette époque) avait exigé de moi que j’arrête d’un coup tous mes médicaments psychotropes pour ma schizophrénie (deux crises en 1966-1967 ayant nécessité en tout environ trois mois d’hospitalisation dans un hôpital de la grande banlieue parisienne). Elle m’avait alors déclaré ceci : "Je ne veux plus que tu consultes ton psy et si tu n’arrêtes pas tes médicaments je te laisse tomber !" Deux fois j’ai posé la question suivante à cet expert près les tribunaux (le plus célèbre en 1973 : il passait alors presque tous les jours à la télévision) : "Qu’est-ce que je risque si je continue à ne plus prendre mes médicaments pour ma schizophrénie ?" Il m’a répondu alors deux fois ceci :"Je ne suis pas devin !" En conclusion il m’a alors rédigé le certificat suivant : "Je soussigné […] certifie avoir examiné ce jour […] né le […] et demeurant à […] Il ne présente pas actuellement les symptômes pour lesquels il a suivi autrefois un traitement psychologique. Le […] 1973, Dr […]" Dans les années 1990 j’ai lu alors tous les livres du Pr Édouard Zarifian (psychiatre actuellement décédé). Celui-ci avait fait un rapport pour le gouvernement au sujet des prescriptions excessives de médicaments psychotropes. Je me rappelle très bien ce qu’il avait écrit à ce propos dans un de ses livres d’alors à savoir : "Pour la schizophrénie si au bout de trois ans de traitement il n’y a pas eu de rechute il faut alors arrêter les médicaments !" Mais pourquoi ce conseil n’est-il toujours pas suivi par ses confrères ? Pour la raison suivante : ils font toujours passer leur intérêt personnel avant toujours celui de tous leurs malades. Le sens de la vie pour un étudiant en médecine c’est quoi ? "La carrière, les honneurs, l’argent, et rencontrer un(e) collègue aussi bien en mal d’amour qu’en manque de sexe !" Que vient faire le malade là-dedans ? En 1968 mon père tenait alors un piquet de grève à l’entrée de l’usine où il travaillait et il a été alors interviewé par des étudiants en médecine. Il leur a répondu alors ceci : "Si les étudiants en médecine ne sont pas contents pourquoi ne viennent-ils pas travailler avec moi à la fonderie de précision ?" Quant à ma femme (elle a travaillé trente ans comme secrétaire assistante de professeur dans un grand hôpital parisien pour prématurés) si on lui demande son avis sur les infirmières elle répond alors ceci : "On devient infirmière car on a l’espoir de se marier avec un médecin !" Et si on lui demande son avis sur les puéricultrices elle répond alors ceci : "On devient puéricultrice car si on fait du mal aux enfants ceux-ci ne peuvent pas se plaindre !" Rappel : la France est toujours le pays le plus condamné par la Cour européenne des droits de l’homme depuis des dizaines d’années pour ses abus en psychiatrie et elle est même aussi actuellement un pays (le seul ou y en a-t-il d'autres aussi je ne sais pas ?) surveillé par l’ONU pour ses dérives en psychiatrie.

Sig ZEN

Neptune

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