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Euthanasie active des aînés lors de la crise COVID-19 - midazolam - rivotril@ - clonazepam

Par Neptune 

le 23/05/2020 

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Mon père est mort le 5 mai 2020 en unité covid


Bonjour à tous,

Épreuve terrible : mon père est mort le 5 mai 2020 en unité COVID.
Je n'ai pas pu le sauver de l'abandon de sa prise en charge.

Ce que j'ai vu me dépasse et m'horrifie. Et je dois témoigner pour que vous sachiez.

J'avais écrit un mail à la direction de l'hôpital pour les alerter que le 1er mai quand j'ai pu aller le voir, conscient, il m'avait réclamé à boire et à manger...

Manger n'est pas prioritaire, ni prendre son traitement


    Dès le lendemain matin, le 5 mai, le médecin chef de service, m'appelle pour m'avertir que mon père va mal. Il est encombré au niveau respiratoire, il n'arrive plus à avaler ses cachets donc ce médecin a décidé d'arrêter tous ses traitements per os et d'augmenter le midazolam (1) au fur et à mesure... Je proteste lui disant que mon père n'avait pas de douleurs et que son problème est de pouvoir rester suffisamment réveillé pour pouvoir se nourrir... Rien à faire : il me dit qu'il est en fin de vie et que pour l'heure c'est la seule solution pour le soulager....comment va-t-il supporter le manque de téralithe et de tous ses traitements ??? J'insiste en vain, pour faire entendre que mon père ne doit pas s'endormir mais manger ! Face au médecin qui me dit que manger n'est pas prioritaire, ni prendre son traitement...

    Je comprends d'autant moins que la veille, un infirmier m'avait encore dit qu'il était stable et toujours non douloureux.

Il tente d'ouvrir les yeux mais ils sont révulsés


    L'après midi, ma soeur est rappelée à son chevet.

    Pendant ce temps je rappelle pour savoir ce qui se passe et aussi si mon père est encore conscient. L'infirmier m'assure qu'il est sédaté mais qu'il réagit toujours à la stimulation et qu'elle devra le secouer un peu pour lui parler...

    Faux espoirs : elle arrive devant notre père assommé, il tente d'ouvrir les yeux mais ils sont révulsés; c'est horrible pour les deux. Il lutte pour émerger. Elle pleure. Elle reste 3/4 d'heure sans qu'un contact ne soit possible. Malgré l'interdiction, elle lui tient la main, lui touche le front. C'est tout.

    Elle doit repartir de l'unité Covid... choquée et épuisée.

    Le soir vers 22 h, une inf nous appelle successivement. Il est décédé. Ma soeur doit à nouveau se déplacer pour constater avant que le sac Covid" dans lequel notre père a été enfermé ne soit refermé. Tel quel. Pas de soin au corps. Dans la blouse d'hôpital. Elle devra aussi aller rechercher ses affaires restées dans l'unité de soins palliatifs dont il n'a jamais bénéficié.

    Mise en bière immédiate cause Covid. Aucune visite. Deuil impossible.

    Je suis vidée.

    Mes seules forces sont de dénoncer. Dénoncer ce qui se cache derrière les murs de ces hôpitaux.

Aucun test PCR de confirmation n'a été fait


    Mon père était en suspicion de Covid suite à une toux et épisode de fièvre alors qu'il avait un cancer du poumon agressif. Aucun test PCR de confirmation n'a été fait. Car il aurait refusé selon le médecin qui m'a dit que c'était "desagréable".

    Un test sanguin a pourtant été fait pour doser le lithium...alors pourquoi n'en ont-ils pas profité pour demander un test sérologique ?? "Pas fiable" me répondra le médecin et le directeur du CH, et il aurait pu être faux négatif...

    Mon père n'a jamais déclaré de symptomes Covid. Même ce médecin m'a dit être sceptique. Il n'est pas mort de la Covid. Et le directeur m'a avoué qu'il recensait au final peu de morts Covid...

Mon père est mort prématurément d'une utilisation banalisée du midazolam


    Mon père est mort d'une prise en charge indigne à cause du Covid. Les inf et médecins allant peu dans les chambres, le week-end du 3 mai : ils étaient 3 soignants pour 25 patients !

    Mon père n'est pas mort non plus de son cancer. Il est mort prématurément d'une utilisation banalisée du midazolam. Comme sa soeur en juillet 2019.

    L'euthanasie est taboue, on ne doit pas dire le mot en France mais elle est réelle.

    J'ai un noeud au ventre quand j'y pense mais c'est ainsi que l'on fait partir les patients en fin de vie. J'en ai eu la révoltante confirmation par la psychologue de l'Unité de Soins Palliatifs qui s'interroge, m'a-t-elle dit, depuis 5 ans, sur l'élargissement de l'utilisation du midazolam dans le service. Elle regrette l'habitude des médecins à en prescrire...

    Elle m'a affirmé qu'AUCUNE ETUDE sérieuse n'a été menée sur son utilisation, avant la fin de vie, pour l'anxiolyse. On reconnait son utilité pour la sédation finale mais personne ne s'est questionné sur les injections en amont de cette molécule puissante et létale ! Elle se dit impuissante en tant que psychologue... Elle constate,perturbée, les dégâts... En tant que psychologue, elle n'a pas plus de pouvoir que moi, pour se faire entendre auprès des médecins.

    Le midazolam est souvent une condamnation à mort.

Une molécule létale qu'il reconnaissent ne pas savoir doser


    Une autre preuve a été fournie par le médecin à ma tante et mon oncle, passés voir mon père le 2 mai : alors que la veille, mon père était éveillé et avait pu parler avec moi, le 2 mai il était assommé, les yeux révulsés (comme avec ma soeur le 5 mai avant sa mort).

    Aucune communication possible. Ma tante s'en est inquiétée auprès du chef de service, car elle savait que la veille, il était bien... Il lui a répondu que " c'est difficile de trouver un bon dosage avec le midazolam".

    Le 1er mai, il était averti de ma visite donc avait diminué la dose ; le 2 ou le 3, ma tante n'avait pas prévenu...et il avait augmenté...

    Comment peut-on laisser dans les mains des médecins, une molécule létale qu'il reconnaissent ne pas savoir doser ????

    Mon père m'avait dit ne pas souffrir ; selon le médecin, il était anxieux, d'où le midazolam.
    Il lui a prescrit dès l'entrée en unité Covid. Je ne sais pas si mon père avait conscience d'y être car on le suspectait de l'avoir. Je sais malheureusement, qu'il devait être choqué de se retrouver seul dans une chambre à voir des soignants costumés s'occuper (rarement) de lui, et plus tard sa famille interdite de contact ou embrassade. Ses yeux révulsés étaient une preuve de sa lutte pour se réveiller mais quand je l'ai dit aux médecins, ils m'ont répondu qu'il ne l'avaient pas vu !

Ils ne disent pas qu'ils tuent ou font mourir, ils disent "on l'a sédaté"


    J'ai recherché des études sur le midazolam... difficile.

    Sauf une thèse, inquiétante, à la lecture à la fin des commentaires de certains médecins qui disent ne pas maîtriser et assimiler à de l'euthanasie avec des questions éthiques:

    La conclusion :

      Le midazolam semble être utilisé à bon escient et de manière conforme aux données de la littérature avec probablement une sous estimation de la pratique de la sédation par une difficulté pour le clinicien à bien distinguer anxiolyse et sédation. Des améliorations doivent être apportées dans l’information, le recueil du consentement du patient et les prises de décisions en équipe, indispensables pour la sédation qui impose une réflexion éthique entre les différents acteurs de santé.

      https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00641732/document

Je tire définitivement une croix sur cette médecine


    Voilà pourquoi je suis révoltée. Et je ne pense pas que mon père ait donné son consentement ou un consentement éclairé. Les médecins apprentis sorciers ont tout pouvoir. Bien sûr ils ne disent pas qu'ils tuent ou font mourir, ils disent "on l'a sédaté". Il faut savoir décrypter.

    Le 5 mai, 3 médecins se sont succédés. Le chef qui a décidé l'arrêt des soins le matin en augmentant les doses, l'après midi une autre gériatre qui a "adapté" encore les doses, le soir une 3ème, de garde, a constaté le décès.

    J'ai voulu savoir si mon père avait parlé ce jour, s'il avait été conscient un moment..., les 3 médecins m'ont répondu qu'ils n'étaient pas à son chevet...me disant tour à tour de m'adresser à l'autre... Quand j'ai voulu interroger les infirmiers : INTERDIT, il faut préserver les soignants m'a répondu la cadre du service, qui avait pourtant le planning et aurait pu nous mettre en relation !

    Mais on me dit que mon père est mort "serein" car sinon les infirmiers auraient alerté un médecin avant qu'il ne se déplace pour le décès.

    Ils ne connaissaient manifestement pas mon père, car il n'a jamais été "serein". C'est encore un vocabulaire de protocole. Ils ont les mêmes phrases pour toutes les familles.

    Je tire définitivement une croix sur cette médecine.

    Je luttais déjà depuis 2017 contre les quantités de benzodiazépines prescrites avec légèreté pour le "tout venant", et je viens d'en découvrir une encore plus terrible avec le midazolam destinée à achever les gens.

    A faire connaitre sur le site ou à ajouter à d'autres témoignages s'il y a eu des signalements.



midazolam - euthanasie
(1) Le midazolam est un anxiolytique de la famille des benzodiazépines.

Il est couramment utilisé en soins intensifs et en particulier pour les cas graves de COVID-19.

Il est pourtant expressément contre-indiqué pour les cas d'insuffisance respiratoire. Ceci est mentionné par la "RCP" (Résumé des Caractéristiques du Produit) publié par l'ANSM: "Contre-indications : (...) Utilisation de ce produit pour la sédation vigile de patients avec une insuffisance respiratoire sévère ou une dépression respiratoire aiguë"

Comme le midalozam venait à manquer en France (bien que ce soit un produit récent, 2012), le gouvernement a, en urgence, publié un décret - Décret n° 2020-360 du 28 mars 2020 - autorisant la prescription - hors AMM - du Rivotril (clonazepam) injectable par les médecins de ville, dont ceux intervenant dans les EHPAD :

"II.-Par dérogation à l'article L. 5121-12-1 du code de la santé publique, la spécialité pharmaceutique Rivotril ® sous forme injectable peut faire l'objet d'une dispensation, jusqu'au 15 avril 2020, par les pharmacies d'officine en vue de la prise en charge des patients atteints ou susceptibles d'être atteints par le virus SARS-CoV-2 dont l'état clinique le justifie sur présentation d'une ordonnance médicale portant la mention “ Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19 ”."

Le Rivotril (clonazepam) est, lui aussi, contre-indiqué en cas d'insuffisance respiratoire sévère, selon la notice officielle publiée par l'ANSM.  



euthanasie - rivotril - clonazepam -


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