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Secteurs psychiatriques du Rhône, actualités 2015

Par Neptune 
le 25/02/2015

 

Le Centre Hospitalier du Vinatier est l'un des plus grands hôpitaux psychiatriques de France.

A l'est de Lyon, ville connue pour son sens du secret mais aussi son sérieux, on a longtemps cru que "au Vinatier tout de même, c'est bien géré". Mais les fleurons ne sont plus ce qu'ils étaient.

Comme un abcès crevé, aujourd'hui rien ne va plus, et les restrictions accumulées ont abouti, en 2015, à une situation intenable, au Vinatier comme dans les 2 autres hôpitaux publics et assimilé du département (St-Jean-de-Dieu au Sud, Saint-Cyr au Mont-d'Or au nord).

Les secteurs psychiatriques du Rhône



Les secteurs psychiatriques du Rhône

En cas d'internement forcé (ASPDT ou ASDRE), ou même de contrainte de soin, la loi qui prévoit pour tous le droit au choix de l'équipe médicale et du médecin (article L 3211-1 sur les soins psychiatriques) n'est pas respectée car les établissements disposent alors d'un pouvoir supérieur conféré par les lois suivantes L3212 et L3213, bien que ceci soit hautement discutable.











Les services psychiatriques par secteur dans le Rhône
Les services par secteur dans le Rhône

"Natalie Giloux, la responsable des urgences psychiatriques, dit sa « honte » de prendre en charge ainsi des personnes souffrants de graves troubles psy"



Voici un bon résumé de l'actualité Vinatienne par Rue89-Lyon. Source : http://www.rue89lyon.fr/2015/02/13/au-vinatier-lhopital-psychiatrique-gere-la-crise/

A l’hôpital psychiatrique, les soignants travaillent au quotidien avec des patients suicidaires. Certains passent à l’acte et parviennent à se donner la mort.

Le directeur, Hubert Meunier, a tenu à rappeler que Le Vinatier enregistrait « chaque année trois à six décès de patients par suicide ». Alors pourquoi des agents ont-ils appelé le Progrès pour étaler ces suicides sur la place publique ?

Réunis ce jeudi devant l’Agence Régionale de Santé (ARS) à l’appel de la CGT, FO et SUD, les quelque 200 agents du Vinatier (infirmiers pour la plupart) ont été rejoints par des employés des autres hôpitaux psychiatriques lyonnais. Pour appuyer leurs demandes de « plus de moyens » et « plus de sécurité » , ils faisaient la chronique des récents événements :


  • Le 28 janvier : un adolescent de 17 ans agresse au couteau un infirmier dans l’unité d’hospitalisation pour ados « Flavigny ».
  • Le 30 janvier : un homme de 32 ans se suicide à hôpital-prison « UHSA »
  • Le 3 février : à l’unité « USIP », une malade se pend avec son pyjama.
  • Le 8 février : un infirmier d’une cinquantaine d’années se suicide chez lui. Le Progrès publie l’information le 11 février.


Dans un contexte, disent syndicats et certains médecins, d' »absence d’écoute de la direction », rendre public des suicides et une agression serait, selon les mots d’un agent du Vinatier, une façon de se saisir de « faits divers » pour « dire les choses » afin d’alerter sur les principaux problèmes que connaît le principal hôpital psychiatrique lyonnais. Nous en dressons la liste.

"Lits surnuméraires dans les couloirs ou dans les salles fumeurs, et le jour les patients concernés attendent en pyjama dans le hall d'accueil"

Les urgences psychiatriques, c’est la principale porte d’entrée du Vinatier. Et ce service appelé Unité médicale d’accueil (UMA) va mal. Ce jeudi 12 février, on compte 22 patients pour 11 lits. Taux d’occupation de 200%.

Faute de chambres en nombre suffisant, des lits sont installés pour la nuit dans les salles fumeurs, dans les couloirs ou dans les chambres individuels. La journée, ces lits surnuméraires sont repliés et les patients doivent attendre, en pyjama, dans le hall d’accueil des urgences.

Natalie Giloux, la responsable de ce service, dit sa « honte » de prendre en charge ainsi des personnes souffrants de graves troubles psy (schizophrènes, bipolaires…) :

« En psychiatrie, on doit mener un travail avec la personne pour qu’elle ne conteste pas le soin. Car l’un des principaux symptômes est la méconnaissance ou le déni de la maladie. On a besoin de temps avec les personnes. On essaye de faire au mieux mais parfois on est dépassé. Du coup, on va donner plus de tranquillisants pour calmer les personnes. Mais ce n’est pas une solution que de soigner contre son gré. ça n’amène à rien ».

Pour ne rien arranger à cette suroccupation, les patients restent de plus en plus longtemps avant d’être transférés vers un autre service. En janvier, près d’un cinquième des personnes sont restées plus de trois jours, la durée maximale théorique de prise en charge aux urgences.

Régulièrement, le docteur Giloux lance des signaux d’alerte. Le défenseur des lieux de privation de liberté est même venu faire une visite, accompagné d’un substitut du procureur.

En juin, la direction du Vinatier a ouvert une unité de dix lits pour de courtes hospitalisations. Mais le désengorgement n’a été que temporaire. Et depuis novembre, le service est de nouveau surchargé.
Il y a quelques semaines, le 27 janvier, ce sont les syndicats qui ont donné l’alerte après avoir atteint le record de 30 patients. Un article est paru dans le Progrès et la direction a octroyé un infirmier supplémentaire.

Certes, il y a eu un « effet Charlie ». Des personnes fragiles ont pu décompenser suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier. Mais ce phénomène conjoncturel n’explique qu’une petite partie de cet afflux.

« On ne prend que les personnes en crise »


Les urgences traduisent le malaise de tout l’hôpital psychiatrique. Pour le comprendre, il faut regarder toute la chaîne de l’hospitalisation.

Au Vinatier, 80% des malades pris en charge ne fréquentent pas l’hôpital. L’hospitalisation ne se fait qu’en cas de crise. En règle générale, la personne atteinte d’une maladie mentale peut être suivie en ville pour son traitement.

Le territoire français est divisé en secteurs géographiques. Pour chaque secteur un centre médico-psychologique (CMP) qui dépend d’un hôpital psychiatrique. Ce CMP est chargé de suivre « en ambulatoire » les malades.

Créé dans les années 60, le « secteur » est aujourd’hui complètement bloqué. Les CMP ne parviennent plus à répondre à une demande exponentielle de soins « psy ». A Lyon, il faut entre un et trois mois pour obtenir un rendez-vous.

Ces moyens extra-hospitaliers limités rendent difficile le travail de prévention et de suivi. Or si on soigne les patients plus tôt, on rencontre une meilleure adhésion au soin et les malades prennent mieux leur traitement.

Faute de quoi ils sont soignés quand ils sont en crise. Et dans ce cas-là, ils se font hospitaliser. Et ce sont eux et les plus précaires qui deviennent prioritaires. Les autres seront fortement incités à aller en cliniques privées.

Pour remédier à ce problème, les syndicats plaident pour une augmentation du personnel dans les CMP.

Solution balayée par le directeur du Vinatier qui met en avant le contexte de vaches maigres des finances publiques. Lui défend une restructuration des secteurs en fusionnant certaines structures (CMP, hôpitaux de jour) pour faire des économies d’échelle. Des opérations de ce type sont en cours.

Dans les autres hôpitaux psychiatriques lyonnais, comme à Saint-Jean-de-Dieu, la forte demande en soin psy est gérée au moyen d’un autre expédient : on ajoute des lits pliants dans les services.

"90 millions d'euros investis pour ... 40 lits en moins"


L’été dernier, le Vinatier a inauguré un énorme bâtiment qui regroupe toute la psychiatrie adulte, soit 350 lits. Il en a coûté près de 90 millions d’euros.

Comme le raconte le psychiatre Jean-Pierre Salvarelli, président de la communauté médicale d’établissement (CME) du Vinatier, il a fallu supprimer 40 lits pour construire ce bâtiment :

« On a réorganisé les services pour que les personnes puissent avoir le même type de soin ».

En terme d’hôtellerie notamment, il y a désormais une douche par chambre individuelle. Conséquence : la suppression de ces lits et des temps d’hospitalisation qui ont légèrement augmenté crée un blocage au niveau des urgences.

Car les urgences doivent « muter » les patients vers ces services qui disposent de moins de lits.
Les syndicats défendent ainsi le rétablissement de ces 40 lits.

Si 40 lits ont été supprimés, la direction affirme au contraire que 122 lits ont été créés, notamment 60 lits dans une Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), sorte d’ « hôpital-prison », et 40 lits à l’Unité pour malade difficile (UMD), au fonctionnement quasi carcéral. Mais ces unités de haute sécurité, au recrutement interrégional, ne correspondent pas à l’immense majorité du public accueilli dans les secteurs.

Il faut se rappeler que le Vinatier comptait 794 lits en 1999 et n’en compte que 675 aujourd’hui.

Mouvement de grève au Vinatier
Le 12 février 2015, les agents du Vinatier étaient appelés à faire grève et à se réunir devant l’ARS. ©LB/Rue89Lyon




Communication de crise


Après la Une du Progrès de ce mercredi 11 février sur le suicide d’un infirmier de l’unité « Usip » dimanche dernier, le directeur du Vinatier a organisé en hâte une conférence de presse. Surtout pour corriger l’erreur du Progrès : l’infirmier d’une cinquantaine d’années qui s’est suicidé n’est pas celui qui avait décroché le patient pendu quelques jours plus tôt. Cet infirmier ne travaillait pas ce jour-là. La CGT maintient toutefois que, même s’il avait de gros problèmes personnels, cette pendaison dans le service et des conditions de travail dégradées peuvent expliquer ce passage à l’acte.





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