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Les hôpitaux psychiatriques : CH Henri Guerin à Pierrefeu du Var - Témoignage

Par Neptune 
le 07/09/2014

 

Motif d'admission : le témoignage de mat


Avertissement : nous évaluons la qualité des soins de tel ou tel établissement ou cabinet, uniquement à travers  les témoignages de nos adhérents et sympathisants ayant été patients de ces lieux.

Des avis contradictoires ou complémentaires peuvent nous être communiqués publiquement (bouton "répondre") ou par email en spécifiant bien la référence à cet article. Ils seront publiés en respectant l'anonymat si vous le demandez.  Neptune
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J'ai passé un certain nombre d'heures à hurler pour qu'on me détache au moins un bras, ce qu'a fini par faire un surveillant de nuit


Je ne sais s'il est utile de produire ce premier témoignage étant donné que depuis l'unité concernée (les Arbousiers) a été fermée pour céder la place à un nouveau bâtiment. Mais l'équipe soignante est dans son ensemble toujours la même, je suppose donc que le témoignage peut être utile.

J'ai atterri dans cet établissement pour la première fois en mars 2011 suite à une mesure d'hospitalisation d'office, pour des “bouffées délirantes”. C'est la gendarmerie qui est venue me chercher à mon domicile. Ils m'ont passé une des menottes qui étaient en fait des sangles et m'ont transporté en ambulance à l'hôpital sous la surveillance d'un ou deux gendarmes. A mon arrivée j'ai été mené en chambre d'isolement où je me suis retrouvé face à six infirmiers qui m'ont toisé et donné l'ordre de mettre un pyjama. J'ai refusé en secouant la tête et en disant simplement « non », sans agressivité aucune. Ils ne me l'ont pas demandé une deuxième fois et se sont aussitôt saisis de moi (j'ai été surpris et me suis un peu débattu), m'ont déshabillé, et passé le pyjama. Ils m'ont ensuite installé sur le lit et entravé. J'ai passé un certain nombre d'heures à hurler pour qu'on me détache au moins un bras, ce qu'a fini par faire un surveillant de nuit.
J'ai été visité assez tardivement par deux psychiatres successifs, une dont j’ignore le nom et le Docteur Boh Souleymane Kourouma, qui m'ont posé quelques rapides questions avant de disparaître. Les infirmiers sont revenus plus tard avec des gouttes d'haldol. Je leur ai demandé ce qu'il allait se passer si je refusais, ils m'ont répondu que ce serait la piqûre. J'ai donc préféré les gouttes et les ai avalées.

On ne pouvait rencontrer le psychiatre que deux fois par semaine, quinze minutes maximum


Il me semble avoir passé au moins quarante huit heures en contention, et une ou deux journées libres (désentravé) dans la chambre d'isolement. Quand je suis sorti d'isolement, j'étais complètement possédé par l'haldol, je bavais, je n'y voyais pas à deux mètres et j'avais des problèmes de motricité. On ne pouvait rencontrer le psychiatre que deux fois par semaines, quinze minutes maximum. Ma première démarche a été de demander de changer de traitement auprès du psychiatre, le Docteur M.R.C., qui avait un accent très fort et était donc difficile à comprendre. Il a entendu ma demande et m'a prescrit du risperdal. J'ai passé la plupart des autres rendez-vous à lui demander de baisser le dosage du risperdal, car les effets secondaires, certes moins terrifiants que ceux de l'haldol, étaient malgré tout très présents. Je me rappelle d'un jour où je lui ai demandé s'il avait goûté les médicaments qu'il prescrivait, il a ri en me répondant que lui n'était pas malade. De son côté, en général, il se bornait à me demander si j'entendais des voix ou pas. Pas grand chose de plus d'après mes souvenirs.

Chambres de deux ou chambres individuelles, nous n'y avions accès que pour dormir et deux heures après le repas de midi


Le service était assez ancien et sale dans son ensemble, et détail qui m’a marqué, les grilles de certaines fenêtres étaient constellées de ce qui devait être des crottes de nez séchées accumulées au fur et à mesure. Les toilettes étaient collectives (à l’exception des chambres d’isolement) et dans un sale état.
Chambres de deux ou chambres individuelles, nous n'y avions accès que pour dormir et deux heures après le repas de midi. Les douches étaient collectives, avec toute la gêne mutuelle que cela peut impliquer. Le reste du temps, nous étions confinés entre deux pièces et un grand couloir. Chacune des deux pièces était équipée d'un poste de télévision qui marchait en permanence, volume élevé, télécommande aux mains des patients ou des infirmiers. Il n'y avait pas assez de chaises pour tout le monde et en plus elles n'étaient pas confortables.
Toutes les heures, s'il n'y avait pas d'incident, nous avions droit de sortir dans la cour pour la pause cigarette. Un infirmier plus sympa que les autres nous laissait de temps en temps le droit de déambuler dans la cour toute la demi-journée de son service. Mais bon, dans cette cour, nous y tournions surtout en rond, quelques uns tapaient parfois dans le ballon de football, seul accessoire à notre disponibilité dans la cour.

Malgré toute la bonne volonté de l’arthérapeute


L’activité principale des patients était le rami. Parfois les infirmiers se joignaient à la partie.
Il y avait également une salle d'activité avec quelques jeux de société, une guitare et un vélo d'appartement qui était ouverte de manière sporadique, c’est à dire trop peu. Elle servait également de lieu pour l'atelier d'arthérapie, une heure par semaine, qui était peu fréquenté, malgré toute la bonne volonté de l’arthérapeute dont je salue au passage la bonne humeur.

Quelques patients étaient assez tendus, et il arrivait fréquemment que des disputes éclatent. Les infirmiers intervenaient peu, à part quand la dispute en venait aux mains, mais cela n’est arrivé qu’une ou deux fois.
Il y avait également une cellule dédiée aux prisonniers condamnés par la justice, qui étaient assez  systématiquement mis à l'écart, mais l’un d’entre eux avait tout de même eu le droit de déambuler avec nous. En général on nous enfermait dans une seule des deux salles pour ouvrir l'autre à leur effet, pour qu’ils puissent sortir le temps de fumer une cigarette.

Je me rappelle notamment d'un « jeune »(il devait avoir 17-18 ans) qui était arrivé un peu perturbé, et dont l'état s'est dégradé assez rapidement. Je pense que c'était du aux médicaments, il n'était pas comme ça en arrivant. Il a fini par être envoyé en isolement et en contention, il faisait ses besoins sur lui-même, ce qui lui valait le droit de se faire humilier par le personnel soignant.

J'y suis resté un mois environ, le temps d'une hospitalisation d'office. J'ai eu le droit à une permission de quarante huit heures au bout de quinze jours. C’est tout.
Pour communiquer avec l'extérieur nous avions le courrier, ainsi qu'une cabine de téléphone placée judicieusement au milieu du couloir, nous pouvions recevoir autant d'appels que nécessaire (mais seulement entre 17 et 19 heures) et n'avions le droit qu'à un seul coup de fil vers l'extérieur par jour. De toutes façons, c'était l'embouteillage, et il y avait toujours quelqu'un derrière nous pour nous presser d'abréger la communication, soignant ou patient.

Le temps passant très lentement au bout d'un moment, je me suis plongé dans la lecture, me stationnant au bout du couloir, loin des télévisions, mal assis sur une marche d'escalier.
On avait également le droit d'avoir des appareils de musique de type lecteur mp3, ce qui n'est pas le cas dans tous les hôpitaux comme je l'ai appris par la suite.

Ils n'ont pas fait grand chose, à part me regarder de haut et me délivrer des cachets, se contentant de me demander si j’entendais des voix ou pas


En tout et pour tout j'ai été confronté à 3 psychiatres, M.R.C. , B.S.K. , et celle qui est devenue le chef de service de l'unité qui remplaça les Arbousiers , le Docteur S.D. (mais je n'ai été confronté à elle que pour lui faire signer une permission de sortie), et ils n'ont pas fait grand chose, à part me regarder de haut et me délivrer des cachets, se contentant de me demander si j’entendais des voix ou pas.
Un autre témoin tient à préciser : "Je dois dire que j'ai été bien soigné par les différents médecins et psychiatres qui sont K., H., B., M., M. que je remercie sincèrement (excusez-moi pour l'orthographe si je me suis trompé)... C'est une des seules choses principales que je dois souligner à part quelques problèmes de coordination avec ses derniers. En effet, ils ont trouvé la pathologie pour laquelle je souffrais et ils m'ont bien soigné (...)

Cependant, je trouve que la psychiatrie est le parent pauvre de l'hôpital surtout dans cet établissement.

(...)

Certains infirmiers sont sympathiques et d'autres moins. Avec certains, on peut parler et se confier.
Il y a aussi une psychologue, Madame E. qui a été très importante pour que je puisse évacuer mon angoisse."

(...)

Je remercie l'équipe formidable de la maison des usagers

"


Certains infirmiers étaient plutôt bienveillants


Certains infirmiers étaient plutôt bienveillants, lisaient des bouquins de psychologie et/ou discutaient avec nous, et d'autres plutôt absents, pour ne pas dire condescendants.
Celui qui s'agitait le plus était finalement le cadre de santé, Mr P., assez sympathique, il venait souvent vers les patients, mais ce n'était pas un soignant et avec lui on parlait plutôt d'autorisations de sorties et de questionnaires à remplir (j'ai accepté de participer à deux enquêtes exploratoires pour lesquelles ils étaient sensés me tenir au courant des conclusions, conclusions que j'attends toujours)

Secteurs psychiatriques du Var - NeptuneA l'occasion d'une HL ou même d'une consultation libre, faites valoir votre droit de choisir votre établissement et votre équipe de soin, y compris hors secteur (Code de la Santé Publique, article L3211-1).

Cette loi n'est pas respectée par les établissements. En été 2014 toutefois, pour la première fois, la cour d'appel a annulé une hospitalisation sans consentement, la personne ayant pu justifier d'un suivi par d'autres médecins spécialisés, en vertu de cette loi. Ne pas hésiter à faire valoir également cette jurisprudence.



Ma deuxième hospitalisation à Pierrefeu, en 2013, a été une hdt, signée par un médecin de mes amis.
Les causes de cette hospitalisation sont complexes, trauma crânien (fracture du rocher) accompagné d'une crise épileptique, après laquelle un neurologue m'a prescrit de la dépakine pendant un mois, et la « crise » est survenue suite à l'arrêt de la dépakine.  “Bouffées délirantes” encore. J'ai un trou de mémoire de 24 heures au moins et me suis donc retrouvé à l'hôpital sans me souvenir être passé par la case scanner au CHU ni de mon arrivée à l'hôpital psychiatrique. Les noms précis des unités de soins m'échappent, il y en avait trois, dont deux seulement en activité. Disons une unité au premier étage pour les malades diagnostiqués « sévères » (c'est là que j'ai d'abord atterri) et une unité au rez-de-chaussée pour les malades plus légers, dite UPS ou quelque chose comme ça (unité de préparation à la sortie, me semble-t-il). J'ai essayé de retrouver les noms mais leur site internet ne semble plus être à jour depuis 2010.

Je n'ai passé qu'une journée dans l'unité « sévère » (j'y retrouvais en passant des patients que j'avais connu lors de mon séjour précédent, toujours internés). Cette unité était très petite et exigüe, et étant située à l’étage, il n’y avais pas de cour, mais une terrasse. Je n'en ai pas le souvenir mais j'aurais été visité par le Docteur P (1)
(1) Le Docteur P. n'a que peu de temps à consacrer aux patients, invitée qu'elle est par les laboratoires. Ceux-ci ont déclaré lui avoir offert une dizaine de repas en 2013, et une "convention". Elle exercerait désormais en Martinique.

Source : Base de données publique sur la transparence), ce qui est la partie émergée de l'iceberg des conventions entre laboratoires et praticiens hospitaliers.
, et j'ai rencontré le lendemain matin un cadre (ou était-ce un médecin ? Il ne s'est pas présenté, peut-être était-ce le directeur M. B.) qui m'a proposé une piqûre retard de Risperdal. Je ne sais pourquoi, peut-être parce que je pensais que cela me ferait sortir plus vite, j'ai vaguement accepté. J'ai été transféré sur le champ à l'unité de préparation à la sortie à l’étage du dessous.

L'unité de préparation à la sortie


Ce service a été pour moi un véritable cauchemar. D'abord, il faut comprendre que le médecin chef de service (Dr D.) était absent pour cause de maladie. Je n'ai rencontré des médecins (deux en même temps, Docteur K. et Docteur F. du CMP Brignoles) qu'au bout d'une dizaine de jours pour un bref entretien, où ils m'ont laissé m'exprimer (je me rappelle surtout de leur avoir parlé de mon interprétation des “bouffées délirantes” ainsi que de mon « addiction » à l'internet) et ils ont suggéré la possibilité d'une sortie dans un futur proche. Je ne devais plus revoir de médecin jusqu'au jour de ma sortie.

Les chambres étaient fermées à 9 heures du matin, réouvertes après le repas du midi jusque vers 15 heures, pour être finalement réouvertes à 20 heures, une heure après le repas


Un autre témoin précise : "Nous étions obligés de nous enfermer dans la chambre la nuit pour ne pas se faire visiter par un patient rodeur, par consigne des équipes soignantes" (ndlr: après évocation d'agressions sexuelles) donc réveillé la nuit par l'infirmière à chaque tour de clef."

Lorsqu'on connaît le risque et le laisser-faire d'autre hôpitaux, c'est, mis à part le bruit des serrures, plutôt un bon point. Nous ne cessons de dénoncer l'insécurité dans de nombreux hôpitaux psychiatriques.

Hygiène, selon notre autre témoin : "L'hygiène est respectée aux Palmiers 1. Au Palmier 2, l'hygiène est douteuse car certains patients vapotent dans la pharmacie au moment de la prise des médicaments. Au réfectoire, Les pots de poivre sont maculés par les prises successives des patients. A l'Odyssée, ce fut la cerise sur le gâteau à cause des locaux vétustes surtout de la chambre crasseuse ou l'on réside à trois les premiers jours. Haut des fenêtres très sales, la brosse à WC était maculé d'immondice et le sol sale surtout derrière les lavabos, la chasse d'eau coulait en permanence (irréparable soit disant selon le plombier). Difficile de dormir mais j'avais des boules quiès."


Nous étions répartis en chambres individuelles. Les chambres étaient fermées à 9 heures du matin, réouvertes après le repas du midi jusque vers 15 heures, pour être finalement réouvertes à 20 heures, une heure après le repas. Le reste du temps, nous étions tous répartis entre le couloir, une mini-salle de télévision d'à peine plus de cinq places, une salle de jeux (monopoly et 421) de cinq places également, rarement ouverte et sans fenêtre, et pour finir une petite cour pour prendre l’air et fumer, avec une table de ping-pong (une deuxième cour de mêmes dimensions était également existante, mais rarement ouverte). Les gens passaient leur temps à déambuler entre couloir et cour. C'est dans ce couloir que j'ai fini d'apprendre à lire en marchant.
Avec un “camarade” interné, nous nous amusions à ramasser les mégots dans la cour, et même une fois nous avons taillé les plantes, car la cour était dans un état déplorable, et ce alors qu’il s’agissait d’un bâtiment neuf de deux ans.

Cette fois-ci nous n'étions pas limité à la cigarette toutes les heures, on nous donnait notre tabac le matin et nous devions composer avec, en plus d'avoir un briquet pour tous les patients (il y avait un « gardien » du briquet par jour, donc sollicité en permanence par les autres), certains fumaient tout en une heure et passaient le reste de la journée à soudoyer ceux qui en avaient encore, ce qui a été source de conflits entre patients. Beaucoup de racisme dans les conflits entre patients. C’est le “charme” du var.
Les infirmiers, à une ou deux exceptions près, passaient leur temps confinés dans le poste infirmier, porte fermée, et ne répondaient jamais à nos demandes. Ils n'en sortaient vraiment que lorsqu'ils étaient obligés ainsi que pour la distribution des médicaments.

Il y avait également une salle de sport, plutôt vaste et bien fournie, mais nous n'avons pu y aller qu'une fois


Un autre témoin : "Au Palmiers 1, toutes les pathologies sont mélangées et les activités sont rares. Il faut savoir s'auto occuper ce qui est mon cas. J'ai beaucoup écrit et dessiné pour survivre à cet privation de liberté. (...) A part le ping-pong, le djembé et les rares sorties dans le parc et à la cafétéria, il n'y a pas grand chose à faire sauf s'ennuyer."
Il leur arrivait parfois de nous sortir en groupe à la cafétéria qui jouxtait le bâtiment, accompagné éventuellement d'un tour dans le parc de Pierrefeu, mais pas tous les jours (il nous est arrivé de passer des périodes de quatre jours sans sortir de l'unité). Une ferme appartenant à l'hôpital et étant en fonctionnement, nous avons pu y aller deux fois, mais n'y sommes rentrés qu'une fois et ce pour y rester une petite demi-heure, on est loin de l'activité travaux agricoles. On a tout de même eu le droit à une tentative d'évasion lors de ces balades, et ce jour-là les infirmiers n'en menaient pas large jusqu'à ce qu'ils retrouvent la fugitive. On les a rarement vu aussi actifs.

Il y avait également une salle de sport, plutôt vaste et bien fournie, mais nous n'avons pu y aller qu'une fois, ainsi qu'une salle d'arthérapie, à l'abandon (une stagiaire voulait réactiver cette activité, je suis parti avant de voir si elle a pu mener ce projet à bien)
En somme, la plupart du temps, nous étions enfermés et livrés à nous-mêmes.
Je n'ai pas eu d'autorisation de sortie, ce qui était de toute façon impossible vu qu'aucun médecin n'était vraiment présent dans l'unité pour autoriser cela. Le Docteur P. passait bien de temps en temps, moins que le minimum syndical, et je n'ai jamais pu la voir, elle n'avait de temps que pour les patients « lourds » de l’étage du dessus et rarement pour les patients de notre étage. On l'interpellait mais elle nous disait toujours « plus tard », avec le geste de la main comme pour nous repousser, elle ne faisait que passer dans le couloir et ne s’arrêtait même pas.

Les conditions de déroulement des visites dépendaient des infirmiers. Cela se passait soit dans une salle inconfortable dédiée aux visites, soit dans le hall de l'hôpital, soit éventuellement ils nous autorisaient à partir en promenade dans le parc. Au petit bonheur la chance.

Un matin, ayant (ré)appris la veille d'un infirmier que j'avais le droit de refuser la piqûre retard, je prends à partie une stagiaire qui était là depuis quelques jours (elle s'intéressait un peu plus à nous que les autres) et lui demande de faire remonter au Docteur Pinna ma décision de ne pas vouloir de piqûre.
Chose curieuse, le Docteur Pinna me reçut dans la même demi-journée, et à l'issue d'un bref entretien où elle me demandait en gros si j’allais bien (elle s’en tenait de toutes façons aux conclusions de mon entretien avec les docteurs Kourouma et Fossat), elle m'annonce que je suis libérable dans la journée. J'étais heureux de sortir enfin, mais même pour moi cela a été trop vite.

Fin ?

Il n'avait pas grand chose à faire de ce que je lui racontais et se contentait de renouveler mon ordonnance


Suite à mon premier internement (2011), j’avais été suivi par le CMP Brignoles - Docteur F - , je m'étais plaint des effets secondaires du Risperdal, il me prescrivit un léger antidépresseur par-dessus et plus tard il me fit passer au Tranxène. J'avais également des pulsions suicidaires (que je relie pour ma part au Risperdal), j'ai passé pas mal de temps en dépression catatonique à ruminer ces pensées, je me suis même « accroché » une ou deux fois. J'avais finalement arrêté le Risperdal au bout de six mois, et le moral était revenu rapidement.

Suite à l'hospitalisation de 2013, j'étais à nouveau suivi par le CMP et le Docteur Fossat, et confronté encore une fois à la dépression et aux pulsions suicidaires. Le Docteur Fossat n'avait pas grand chose à faire de ce que je lui racontais et se contentait de renouveler mon ordonnance de Risperdal. Je ne lui parlais pas de mes pulsions et décidais alors de consulter un psychiatre recommandé par une proche.

C'est ainsi que je rencontrais le Docteur T, qui exerçait en indépendant sur Marseille. Je cherchais en fait un psychiatre qui puisse me soutenir dans une démarche d'arrêt du Risperdal. Ce ne fut pas le cas. Il me persuada alors que j'étais atteint d'une psychose incurable (donc pour la vie) et que les médicaments étaient obligatoires dans mon cas. Cela a achevé de m’enfoncer dans la dépression. Pour moi c’était l’impasse. J'ai fini par m' effondrer lors d'une troisième ou quatrième consultation et lui expliquer que j’étais en proie à  des pulsions suicidaires.

Il m'a alors suggéré de me faire interner pour changer de molécule. J'acceptais à contre-coeur.

C'est ainsi que je suis arrivé à la clinique Mon Repos à Marseille.

Centre Hospitalier Spécialisé de Pierrefeu-du-Var
Le site du Centre Hospitalier Spécialisé de Pierrefeu-du-Var



Des efforts importants ces dernières années dans le secteur pour déployer l'offre de proximité. Mais l'esprit, les actes et l'organisation de chaque établissement du secteur, restent imprégnés de l'esprit asilaire et, aujourd'hui, de la phobie sécuritaire, du manque de moyens, mais surtout du manque de qualité (temps et compréhension) dans les relations entre psychiatres et "patients".


Var-Matin (du groupe Nice-Matin) parle des fous dangereux de Pierrefeu-du-Var

Grace à une telle presse, la population locale est ici aussi atteinte du syndrome d'inculture sur la maladie mentale. Toutefois entre deux commentaires sécuritaires, une information : "En ce qui concerne les patients atteint de la maladie d'Alhzeimer, il est regrettable de les retrouver en service fermé (entre autres)"



Le droit des patients commence par celui de leur fournir des documents relus au moins une fois
Vu sur le site de Pierrefeu.

Le respect des patients commence par relire au moins une fois un document qui leur est destiné

Un autre témoin : "La charte du patient hospitalisé était absente avant mon arrivée, en effet je l'ai retrouvée sous le placard de la télévision tâchée de chocolat."











Avis aux amateurs : habiter un ancien lieu de torture, ça vous tente ?
Avis aux amateurs d'immobilier pittoresque et chargé d'histoire. Toutefois, les équipements de contention ne font pas partie du lot. En effet, bien qu'amortis, ils servent encore.




































Neptune

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Association Loi de 1901

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