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Faut-il arrêter les psychotropes ? - Chapitre VIII - Effets du sevrage

Par Neptune 
le 22/04/2014

 

Comment le sevrage affecte votre cerveau et votre corps



Will Hall - Neptune


Outre l’effet placebo, tous les médicaments psychotropes fonctionnent en causant des changements organiques dans le cerveau. C’est pourquoi arrêter d’en consommer conduit à un état de manque : le cerveau s’habitue à recevoir le médicament, et il a du mal à s’adapter quand le médicament est supprimé. Il faut du temps pour ramener l’activité des récepteurs et des substances chimiques à leur état d’origine précédant l’introduction du médicament. Tandis que les médecins utilisent parfois des termes confus comme “dépendance”, “effet rebond”, et “syndrome d’arrêt”, et qu’il n’y a peut-être pas d’accoutumance au dosage, le mode d’action du médicament psychotrope causant des symptômes de sevrage est fondamentalement le même que dans l’addiction. Un retrait lent est généralement préférable : cela donne le temps à votre cerveau et à votre esprit de s’habituer à se passer des médicaments. Une interruption brutale ne donne généralement pas assez de temps pour s’adapter, et vous pourriez ressentir des symptômes de sevrage aggravés.

Important: les symptômes de sevrage d’un médicament psychotrope peuvent parfois ressembler exactement aux symptômes de la “maladie mentale” pour lesquels ce médicament a d’abord été prescrit.

Quand quelqu’un arrête de consommer un médicament psychotrope, il peut souffrir d’anxiété, d’état maniaque, de panique, de dépression et d’autres effets douloureux. Il peut devenir “psychotique” ou souffrir d’autres symptômes de sevrage du médicament psychotrope en lui-même. Cela peut être semblable, ou pire encore, que ce qui a été appelé psychose ou maladie mentale avant la prise du médicament. Généralement on dit aux gens que cela montre que leur maladie est revenue, et qu’ils ont donc besoin du médicament. Cependant, il se peut que ce soit le sevrage du médicament qui cause ces symptômes.
Ces symptômes de sevrage ne prouvent pas nécessairement que vous ayez besoin d’un médicament psychotrope, pas plus que des maux de têtes après avoir arrêté de boire du café ne prouvent que vous ayez besoin de caféine, ou qu’un delirium tremens après avoir arrêté l’alcool ne démontre que vous ayez besoin de boire. Cela veut simplement dire que votre cerveau est devenu dépendant du médicament, et éprouve des difficultés à s’adapter à un plus faible dosage. Les médicaments psychotropes ne sont pas comme l’insuline pour un diabétique : ils sont un outil ou un dispositif d’adaptation.

Sevrage psychotropes - Neptune
Sevrage psychotropes - Neptune

Cependant, quand on a été sous médicaments psy pendant des années, cela peut parfois prendre des années pour les diminuer ou les arrêter, ou l’on peut souffrir de dépendance physique ou psychologique à long terme. Parfois, les personnes médicamentées développent des symptômes de sevrage persistants, des troubles chimiques du cerveau, et des lésions. Il se peut que ce ne soit pas permanent, mais parfois les gens vivent avec ces modifications du cerveau toute leur vie. Auparavant, les scientifiques croyaient que le cerveau ne pouvait pas donner naissance à de nouvelles cellules ou se guérir par lui-même, mais on sait aujourd’hui que cela est faux. Tout le monde peut guérir : de nouvelles recherches en “neurogenèse” et en “neuroplasticité” démontrent que le cerveau se développe et se modifie en permanence. L’amitié et l’amour, accompagnés d’un style de vie sain, d’une bonne nutrition, et de perspectives positives, aideront à donner les ressources au cerveau et au corps pour récupérer.


Vous pourriez  juger que l’objectif d’arrêter complètement ne vous convient pas pour le moment. Peut-être vous sentez-vous mieux en restant sous traitement, et en prenant plutôt la décision de simplement réduire ou garder le même dosage, et en vous concentrant sur de nouvelles manières d’améliorer votre vie.

Suivez vos propres besoins sans jugement ou reproche : trouvez un soutien concernant vos décisions lorsque vous êtes confronté(e) à un quelconque sentiment de honte ou d’impuissance.

Pourquoi les gens veulent-ils arrêter de prendre des médicaments psychotropes ?


On dit souvent aux gens que quels que soient les effets secondaires, les médicaments psychotropes sont toujours mieux que de souffrir de troubles mentaux “non-traités”. Certains médecins affirment que les troubles mentaux ont un effet “d’embrasement”, que les traitements précoces sont préférables, ou que la folie est toxique et que les médicaments sont des “neuroprotecteurs”. Ces théories restent non prouvées – bien que des crises persistantes et une vie incontrôlable constituent à l’évidence un stress additionnel. Les médecins répandent des peurs injustement : tandis que les médicaments jouent un rôle clé dans l’aide de beaucoup de gens, beaucoup d’autres ont trouvé des moyens de se rétablir sans médicaments psychotropes. Beaucoup signalent qu’il vivent mieux sans eux. Tout le monde est différent, mais parfois les gens réussissent vraiment à traverser des états “psychotiques” sans traitement. Diverses cultures non-occidentales comprennent ces expériences et y répondent différemment, les percevant même comme positives et spirituelles. Les rapports que l’on entretient avec la folie demeurent une décision personnelle.


Il ne s’agit pas de choisir entre tout-ou-rien : prendre des médicaments psychotropes ou ne rien faire. Il y a beaucoup d’alternatives que tu peux essayer. De fait, certains des problèmes appelés symptômes de “troubles mentaux” pourraient se révéler être causés par les médicaments que les gens prennent.
Sevrage psychotropes - Neptune

Rester sous médicaments psychotropes en diminuant les effets nocifs


Vous pouvez éventuellement décider, compte tenu du degré de crise auquel vous êtes confronté(e) et des obstacles aux alternatives viables, que vous voulez continuer à prendre des médicaments psychotropes. Ne vous sentez pas jugé(e) pour avoir pris la meilleure décision possible. Vous avez le droit de faire ce qui fonctionne le mieux pour vous, et les autres ne savent pas ce que c’est d’être à votre place. Il se pourrait que ce soit tout de même une bonne idée d’adopter une approche de réduction des effets nocifs. Intervenez concrètement pour améliorer la qualité de votre vie et minimiser les risques associés aux médicaments que vous prenez :

• Ne faites pas tout reposer sur les médicaments. Intéressez-vous activement à votre santé dans son ensemble, aux traitements alternatifs, et à des outils de bien-être. Trouver de nouvelles manières de prendre soin de soi peut atténuer les effets négatifs, et éventuellement réduire le besoin de médicament.

• Prévoyez des soins de santé régulièrement, et instaurez un dialogue à propos de tes médicaments. Trouvez du soutien auprès d’ami(e)s proches et de votre famille.

• Assurez-vous que vous avez les ordonnances et les quantités dont vous avez besoin, parce qu’oublier des prises peut être un stress supplémentaire pour le corps et le cerveau. Si vous oubliez une prise, ne doublez pas la suivante.

• Si vous prenez d’autres traitements, faites attention à l’interaction des médicaments. Méfiez-vous des mélanges avec des drogues ou de l’alcool, qui peuvent aggraver les effets indésirables et être dangereux.

• Ne comptez pas uniquement sur votre médecin pour être guidé(e). Apprenez par vous-même, et connectez-vous avec d’autres personnes qui ont pris les mêmes médicaments que vous.

• À partir de sources variées, découvrez tout ce que vous pouvez, à propos de tes médicaments. Utilisez des aliments nutritifs, des herbes et des compléments alimentaires pour réduire les effets indésirables.

• Envisagez d’expérimenter une baisse de la posologie, même si vous ne comptez pas arrêter complètement. Souvenez-vous que même de petites réductions du dosage peuvent entraîner des effets de sevrage.

• Si vous prenez un traitement pour la première fois, certaines personnes indiquent qu’une dose extrêmement faible, bien plus basse que ce qui est recommandé, peut parfois être efficace, tout en comportant moins de risques.

• Essayez de réduire à l’essentiel le nombre de médicaments différents que vous prenez, en évaluant quels sont ceux qui comportent les plus grands risques. Restez-en à un usage temporaire si possible.

• Faites des tests réguliers pour contrôler les réactions aux médicaments, et pour poser les bases d’un nouveau traitement. Les tests peuvent inclure : thyroïde, électrolyse, glucose, niveau de lithium, densité osseuse, pression sanguine, foie, ECG, reins, cognition, prolactine, et le dépistage d’autres effets indésirables. Utilisés au mieux, les tests les plus sensibles permettent de révéler les problèmes dès leur début.

• Les antipsychotiques restent dans le corps, et certaines recherches suggèrent qu’un “break de médicaments” d’un jour ou deux peut atténuer la toxicité. Souvenez-vous que tout le monde est différent.

• Examine votre relation émotionnelle aux médicaments. Dessinez une image, inventez un personnage, donnez une voix et un message au médicament et créez un dialogue avec lui. Savez-vous quelle énergie ou quel état d’esprit vous donne le médicament ? Pouvez-vous trouver d’autres manières de parvenir à ces états d’énergie ?

Sevrage psychotropes - Neptune

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Sommaire

I. Introduction

II. Réduction des effets nocifs

III. Nous sommes tous différents

IV. Regard critique sur les 'troubles mentaux' et la psychiatrie

V. Sevrage - introduction

VI. Psychotropes et cerveau

VII. Risques des psychotropes pour la santé

VIII. Effets du sevrage


IX. Avant de commencer un sevrage

X. Stratégies alternatives

XI. Etape par étape

XII. Considérations spéciales

XII. Perspectives

Annexes : Bibliographie et remerciements

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