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Trouble psychotique dû à une affection médicale générale - Définition DSM-IV

Par Neptune 
le 18/01/2014

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Synonymes dans la codification CIM-10 :
État hallucinatoire organique, ou Trouble délirant organique (selon la forme principale des symptômes).

Texte intégral, remis en forme pour une meilleure lisibilité.


Trouble psychotique dû à une affection médicale générale


Caractéristiques diagnostiques




Critère A
Les caractéristiques essentielles du Trouble psychotique dû à une affection médicale générale sont des hallucinations ou des idées délirantes prononcées qui sont considérées comme dues aux effets physiologiques directs d'une affection médicale générale.

Critère B
On doit pouvoir mettre en évidence, d'après les antécédents, l'examen physique, ou les examens complémentaires, que les idées délirantes ou les hallucinations sont la conséquence physiologique directe d'une affection médicale générale.

Critère C
La perturbation psychotique ne peut pas être attribuée à un autre trouble mental (c.-à-d. que les symptômes ne représentent pas une réaction psychologique différée à une affection médicale générale sévère, auquel cas le diagnostic de Trouble psychotique bref, avec facteur de stress marqué, serait approprié)

Critère D
On ne porte pas ce diagnostic si l'affection survient exclusivement au cours de l'évolution d'un delirium.


En raison des consignes de codage de la CIM-9-CM, on ne porte pas un diagnostic indépendant de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale si les idées délirantes surviennent exclusivement au cours de l'évolution d'une démence de type Alzheimer ou d'une démence vasculaire ; on porte alors le diagnostic de Démence de type Alzheimer ou de Démence vasculaire avec le sous-type « avec idées délirantes ».

Toutes les modalités sensorielles hallucinatoires peuvent se rencontrer (c.-à-d. visuelles, olfactives, gustatives, tactiles ou auditives), mais certains facteurs étiologiques provoquent volontiers des phénomènes hallucinatoires spécifiques.

Des hallucinations olfactives, en particulier celles qui concernent la perception d'odeurs de caoutchouc brûlé ou d'autres odeurs désagréables, sont très évocatrices d'une épilepsie du lobe temporal.

Les hallucinations sont variables, pouvant être simples et peu élaborées ou très complexes et organisées, ceci dépendant des facteurs étiologiques, des circonstances environnantes, de la nature et de la localisation de la lésion affectant le système nerveux central, et de la réaction au handicap.

On ne porte généralement pas le diagnostic de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale si le sujet garde une bonne appréhension de la réalité, en dépit des hallucinations et reconnaît que ses expériences perceptives résultent de l'affection médicale générale.

Les idées délirantes peuvent comporter des thèmes divers parmi lesquels des thèmes somatiques, mégalomaniaques, mystiques, et, le plus souvent, de persécution.

Dans certains cas, des idées délirantes mystiques sont spécifiquement associées à l'épilepsie du lobe temporal.

Les sujets présentant des lésions cérébrales pariétales droites peuvent développer un syndrome de négligence controlatérale qui peut les amener à méconnaître certaines parties de leur corps à un degré délirant. Cependant, dans l'ensemble, les associations entre certaines idées délirantes et des affections médicales générales particulières semblent moins spécifiques que dans le cas des hallucinations.

Afin de pouvoir déterminer si l'affection psychotique est due à une affection médicale générale, le clinicien doit d'abord établir la présence d'une affection médicale générale. Ensuite, le clinicien doit démontrer que la perturbation psychotique est liée étiologiquement à l'affection médicale générale par un mécanisme physiologique. Un examen soigneux et complet de multiples facteurs est nécessaire à l'établissement de ce jugement. Bien qu'il n'existe pas de directives infaillibles pour la détermination de l'existence d'une relation étiologique entre l'affection psychotique et l'affection médicale générale, plusieurs arguments permettent de guider le jugement clans ce domaine.

Un premier argument est l'existence d'une relation chronologique entre l'installation, l'exacerbation ou la rémission de l'affection médicale générale et celles de l'affection psychotique. Un second argument est l'existence de caractéristiques qui ne sont pas typiques d'un Trouble psychotique primaire (p. ex., âge de début atypique ou présence d'hallucinations visuelles ou olfactives). Des données de la littérature suggérant la possibilité d'une association directe entre l'affection médicale générale en question et le développement de symptômes psychotiques, peuvent fournir un cadre utile à l'examen d'une situation particulière. En outre, le clinicien doit également s'assurer que la perturbation n'est pas mieux expliquée par un Trouble psychotique primaire, à un Trouble psychotique induit par une substance ou à un autre trouble mental primaire (p. ex., Trouble de l'adaptation). Cette détermination est expliquée plus en détails dans la section « Troubles mentaux dus à une affection médicale générale ».


Sous-types




L'un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser le tableau symptomatique prédominant. En cas de présence simultanée d'idées délirantes et d'hallucinations, coder celles des deux qui sont au premier plan :
Avec idées délirantes
Ce sous-type est utilisé si des idées délirantes constituent le symptôme prédominant.

Avec hallucinations
Ce sous-type est utilisé si des hallucinations constituent le symptôme prédominant.

Procédures d'enregistrement




(ndlr: ce paragraphe est utile aux cliniciens principalement américains utilisant la codification du DSM-IV afin d'alimenter correctement les bases statistiques utilisées par la recherche)
Pour enregistrer le diagnostic d'un Trouble psychotique dû à une affection médicale générale, le clinicien doit d'abord noter la présence du Trouble psychotique, puis celle de l'affection médicale générale jugée avoir causé la perturbation, et finalement la spécification appropriée indiquant le tableau symptomatique prédominant, ceci sur l'Axe I (p. ex., Trouble psychotique dû à une thyréotoxicose, avec hallucinations). Le code diagnostique de l'Axe I est sélectionné en fonction du sous-type : F06.2 [293.81] pour le Trouble psychotique dû à une affection médicale générale, avec idées délirantes, et E06.0 [293.82] pour le Trouble psychotique dû à une affection médicale générale, avec hallucinations. Le code de la CIM-9-CM de l'affection médicale générale doit également être noté sur l'Axe III (p. ex., E05.9 thyréotoxicose). (Voir l'Annexe G pour la liste des codes diagnostiques de la CIM-9-CM pour une sélection d'affections médicales générales).

Affections médicales générales associées




Diverses affections médicales générales peuvent causer des symptômes psychotiques dont :

  • des affections neurologiques (p. ex., néoplasmes, maladie vasculaire cérébrale, maladie de Huntington, sclérose en plaques, épilepsie, lésion ou altération du nerf optique ou du nerf auditif, surdité, migraine, infections du système nerveux central),
  • des affections endocriniennes (p. ex., hyper- et hypothyroïdie, hyper- et hypoparathyroïdie, hyper- ou hypoadrénocorticisme),
  • des affections métaboliques (p. ex., hypoxie, hypercarboxémie, hypoglycémie), déséquilibres hydriques ou électrolytiques, maladies hépatiques ou rénales,
  • et affections auto- immunes avec atteinte du système nerveux central (p. ex., lupus érythémateux disséminé).

Les affections neurologiques atteignant les structures sous-corticales du lobe temporal sont plus souvent associées à des idées délirantes. Les données associées de l'examen physique, des examens complémentaires et les modalités de prévalence ou de survenue sont des indicateurs étiologiques de l'affection médicale générale.

Prévalence




En raison de la multitude des étiologies médicales sous-jacentes, il est difficile de faire une estimation de la prévalence du Trouble psychotique dû à une affection médicale générale.

D'après les résultats de certaines études, le syndrome est sous-diagnostiqué dans la pratique médicale générale.

Des symptômes psychotiques pourraient être présents chez 20 % des individus présentant un trouble endocrinien non traité, chez 15 % de sujets présentant un lupus érythémateux systématisé, et chez 40 % ou plus de sujets présentant une épilepsie du lobe temporal.


Evolution




Le Trouble psychotique dû à une affection médicale générale peut constituer un état isolé transitoire ou il peut être récurrent, variant en fonction des exacerbations et des rémissions de l'affection médicale générale sous-jacente. Les symptômes psychotiques disparaissent souvent suite au traitement de l'affection médicale générale sous-jacente, mais cela n'est pas toujours le cas, et des symptômes psychotiques peuvent persister pendant longtemps après l'événement médical qui les a causés (p. ex., Trouble psychotique secondaire à une Lésion cérébrale localisée).


Diagnostic différentiel




Des hallucinations et des idées délirantes surviennent fréquemment dans le contexte d'un Delirium ; cependant, un diagnostic indépendant de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale n'est pas porté si l'affection survient exclusivement au cours de l'évolution d'un delirium.

En revanche, on peut faire un diagnostic de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale, en plus d'un diagnostic de Démence , si les symptômes psychotiques sont une conséquence étiologique directe du processus pathologique à l'origine de la démence. En raisons des règles de codage de la CIM-9-CM, on fait une exception sur ce point quand des idées délirantes se développent exclusivement au cours de l'évolution d'une Démence vasculaire Dans ce cas, on fait un diagnostic de Démence vasculaire, avec le sous-type « avec idées délirantes » et on ne porte pas un diagnostic indépendant de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale.

Si le tableau clinique comporte un mélange de différents types de symptômes (p. ex., psychotiques et anxieux), le diagnostic est généralement celui d'un Trouble psychotique dû à une affection médicale générale car dans de tels cas, les symptômes psychotiques sont typiquement au premier plan du tableau clinique.

Si on peut mettre en évidence l'utilisation récente ou prolongée d'une substance (dont les médicaments à effet psychoactif), le sevrage à une substance , ou l'exposition à un toxique (p. ex., intoxication au LSD, sevrage alcoolique), un Trouble psychotique induit par une substance doit être envisagé. Il peut être utile de réaliser un screening toxicologique urinaire ou sanguin ou toute autre investigation complémentaire appropriée.
Les symptômes qui surviennent pendant ou peu de temps après (c.-à-d. dans les 4 semaines qui suivent) une Intoxication par une substance ou un Sevrage à une substance ou après l'utilisation d'un médicament, peuvent être particulièrement évocateurs d'un Trouble psychotique induit par une substance, en fonction du caractère, de la durée de l'utilisation de la substance ou de la quantité utilisée. Si le clinicien a établi que l'affection est due à la fois à une affection médicale générale et à l'utilisation d'une substance, les cieux diagnostics (c.-à-d. Trouble psychotique dû à une affection médicale générale et Trouble psychotique induit par une substance) peuvent être posés.

Le Trouble psychotique dû à une affection médicale générale doit être distingué d'un Trouble psychotique primaire (p. ex., Schizophrénie, Trouble délirant, Trouble schizo-affectif) ou d'un Trouble de l'humeur  primaire avec caractéristiques psychotiques. Dans les troubles psychotiques primaires et les Troubles de l'humeur avec caractéristiques psychotiques, on ne peut pas démontrer l'existence de mécanismes physiologiques spécifiques et directement causals associés à l'affection médicale générale.

Un âge de début tardif (p. ex., une première apparition d'idées délirantes chez un sujet de plus de 35 ans) et l'absence d'antécédents personnels ou familiaux de Schizophrénie ou de Trouble délirant suggèrent la nécessité d'un examen approfondi afin d'éliminer le diagnostic de Trouble psychotique dû à une affection médicale générale.

Les hallucinations auditives impliquant des voix émettant des phrases complexes sont plutôt caractéristiques de la Schizophrénie que du Trouble psychotique dû à une affection médicale générale. D'autres types d'hallucinations (p. ex., visuelles, olfactives) sont souvent indicatifs d'un Trouble psychotique dû à une affection médicale générale ou d'un Trouble psychotique induit par une substance.

On porte le diagnostic de Trouble psychotique non spécifié quand le clinicien ne peut pas déterminer si l'affection psychotique est primaire, induite par une substance, ou due à une affection médicale générale. Des hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques peuvent survenir chez des sujets indemnes de trouble mental, mais elles apparaissent uniquement pendant l'endormissement ou le réveil.


Correspondance avec les Critères diagnostiques pour la recherche de la CIM-10




Dans la CIM-10, ce trouble est qualifié soit d'État hallucinatoire organique, soit de Trouble délirant organique, selon le type de symptômes présentés.
Schizophrénies et troubles psychotiques - Neptune
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