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Contention par attachement en psychiatrie : comment l'abolir, les principes de base

Par Neptune 
le 02/10/2013

Comment abolir la contention : nos principes d'action



Article 1


    Toute loi qui manque cruellement à notre société ou qui est mauvaise, peut être promulguée ou changée par l'action des citoyens.

Article 2


    Toute loi ou règlement, qui n'est pas appliqué(e), a tout de même force de loi et doit l'être d'abord, et ensuite seulement adaptée si nécessaire pour être applicable.

Article 3


    Pour qu'une loi change, et que des pratiques changent, il faut de bons arguments, de la conviction humaine, savoir la faire partager, et beaucoup de travail et de courage pour, personne après personne,  association après association, réunir une minorité agissante qui entraînera toute le reste, chaque groupe et chaque personne selon ses capacités, jusqu'à ce que députés et sénateurs votent et qu'ensuite, toute la société peu à peu considère qu'il en a toujours été ainsi et qu'il est hors de question de revenir dessus.

Article 4


    Changer une loi est une entreprise qui se heurte à beaucoup de résistances. Les arguments à l'encontre d'une proposition sont aussi nombreux et forts, que ceux de la proposition. Certains arguments cachent une crainte du changement, d'autres expriment une réelle conviction. L'égo et la bataille politique font que des sujets graves sont détournés ou utilisés pour servir l'image d'untel ou de tel parti politique, sans réel investissement intellectuel et sans qu'une étude sérieuse du sujet n'ait été faite par les parties prenantes.

Article 5


    Des belles promesses et des beaux mots donc nous nous méfierons, sur les seuls actes nous jugerons, les actes qui coûtent, en temps, en travail et en risques pris, seuls nous comptabiliserons. Des personnes en souffrance, en crise, ou traumatisées, ou de tout horizon, culture, personnalité, niveau social, la parole nous écouterons.



Concrètement


  • Vous êtes responsable de santé, directeur, chef de service en psychiatrie :
    Voici des éléments précis pour vous encourager à faire cesser cette barbarie dans votre hôpital, comme l'on fait deux autres établissements accueillant des "patients difficiles" en France (ci-contre). Les discours de légitimation de la contention mécanique sont proportionnellement aussi longs que la gêne et la honte que vous ressentez à pratiquer ces méthodes d'un autre âge, qui détruisent le lien thérapeutique et ne soignent pas. Cet anachronisme est évitable. Vous pouvez et devez agir maintenant.

  • Vous êtes citoyen et concerné, et comme beaucoup, vous découvrez qu'une autre psychiatrie est possible :
    Vous n'êtes pas le(la) seul(e), car aucun média généraliste ni spécialisé n'a encore parlé de l'Islande et de son modèle psychiatrique transposable en France. Les institutions et le système psychiatrique taisent cette exception qu'ils ne peuvent ignorer. Partagez cet article sur les réseaux sociaux, réagissez et faites nous part de vos témoignages.
    Rejoignez notre communauté d'entraide, faites résolument partie de ceux qui estiment que la contention mécanique n'a plus lieu d'être en France, et que l'on peut la contester avec de vrais arguments, sans faire partie d'une secte ni d'aucun mouvement médico-politique intéressé.


A lire et partager :



Islande : la contention mécanique abolie en psychiatrie
Islande : la contention mécanique abolie en psychiatrie


Valvert, MarseilleAbolition de la contention mécanique au Centre Hospitalier Spécialisé Valvert de Marseille

Extrait de la charte d'établissement : "Une telle pratique, toujours susceptible d’aggraver l’état d’un patient, traduit de plus la mise à distance de l’équipe soignante dans sa fonction contenante, ce qui est quand même problématique dans un lieu de soins psychiatriques."



Eaux Vives, Ile de FranceAbolition de la contention mécanique à l'hôpital Eaux Vives de Soisy sur Seine, Secteur de Paris 13ème


Hôpital psychiatique rwanda
Vers une psychiatrie sans contention, André Laubscher, directeur des soins, Genève.

Contention mécanique histoireLa contention, son histoire, et mode d'emploi, telle qu'enseignée en IFSI

Pinel - contention
La menace de contention pour obtenir la "compliance" ... est-ce thérapeutique ?





Dernière édition par Neptune le 12/3/2016, 12:28, édité 6 fois

Agir au quotidien contre la contention par attachement



Sur le terrain, à Strasbourg, notre pression fait légèrement "bouger les lignes", mais pas assez.

Tandis que les HUS (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg) répondent officiellement à notre plainte en contentieux, que "tout a été fait dans les règles de l'art",
Que donc la justice devra s'en mêler,
Que l'"acte médical" n'est jamais contestable en lui-même sauf à prouver médicalement une erreur médicale grave assortie de dommages médicaux prouvés, et à être automatiquement débouté (même en cas de décès, la jurisprudence donne raison à l'hôpital),
Que seule la notion de soin sans consentement est juridiquement attaquable si les lois L3212, L3213 et L3211 n'ont pas été respectées à la lettre.

Le traumatisme d'une contention violente à 5 heures du matin pour le confort et l'ego d'une interne en mal de reconnaissance de son autorité, datant de septembre 2012, est encore évoqué à chaque consultation ambulatoire avec le chef de service (le Pr Gilles Bertschy).

Ce dernier, lassé ou convaincu par nous (?) a admis que 10 minutes devraient suffire, et que les nuits en contention ne sont pas thérapeutiques.

Il a également admis sans le vouloir, que le personnel a "peur" des malades. "Vous avez un regard et une attitude qui font peur" a-t-il dit.

Admettant donc indirectement en tentant de justifier les événements, l'insuffisance du personnel médical,
Admettant même que "ce fut une erreur",
Admettant le principe d'une rencontre avec l'interne, avec un cadre de santé, mais nous refusons la présence du cadre de santé car voulons discuter d'homme à homme, et non pas dans un cadre "couvert" par des discours lénifiants, qui permettraient à l'interne de se défiler.

Le professeur propose de participer à une réunion de sensibilisation des personnels soignants à laquelle seraient invitées des personnes ayant subi la contention mécanique par attachement. "Les personnes ayant été attachées pourraient alors décrire leur vécu aux soignants et ainsi les sensibiliser à cet acte".

Invitation et idée que nous récusons.

En effet, que se passe-t-il dans ces réunions ?
Il se trouvera toujours quelqu'un  pour dire que "dans mon état c'est normal qu'on m'ait attaché" ; "on m'a bien soigné", etc.
Il se trouve toujours dans ces réunions un secrétaire de séance pour mettre en valeur ce genre d'intervention. Le secrétaire de séance est en général un stagiaire, un étudiant, qui n'a pas envie ni intérêt à s'opposer à celui qui lui fournit son stage.
Et dans le compte-rendu, on lira : "Certains acceptent et remercient même les soignants d'avoir pratiqué la contention mécanique".
Et le résultat sera doublement contre-productif :
- D'une part, l'hôpital se targuera d'avoir "travaillé de concert avec les patients et les associations sur les questions de soins non consentis", et se fournira à peu de frais un certificat de bientraitance qu'il exhibera à la presse et aux autorités de tutelle,
- Tout en continuant à laisser faire et à justifier la contention par attachement.

De plus, cette idée est irréaliste : qui peut accepter une telle invitation ? Sans faire de parallèle, il est bon de réfléchir quelques minutes à cette question.

Nous ne voulons pas de réunion, et participer à une action de communication non suivie d'effets.

Nous voulons que, à partir du moment où toutes les études faites démontrent que la contention est anti-thérapeutique, nuisible, dégradante, les médecins et responsables décrètent, avant que la loi ne le fasse, que cette pratique prend fin dans leur service à telle date, et élaborent le plan de formation et le calendrier des changements concrets à mettre en œuvre dans leur service pour aboutir à ce résultat.
Ensuite et seulement ensuite, ils pourront et même devront faire de la "communication".

Neptune

cerise a écrit:Bravo à Neptune !

C'est bien écrit et compréhensible Smile 

Je vote pour les 5 articles mais bien sur je vote contre la contention en général ...

Merci à Neptune de vouloir faire bouger les choses Very Happy 

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