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Thymorégulateurs, antiépileptiques : tableau des concentrations plasmatiques mini, maxi, et seuils d'alerte

Par Neptune 
le 01/04/2017

Présentation


Les psychotropes présentés ici sont tous toxiques quelle que soit la concentration. Les spécificités toxicologiques des thymorégulateurs et anticonvulsivants (ou antiépileptiques, anticomitiaux) sont globalement les suivantes :
  • ils sont particulièrement toxiques à l'approche de la concentration maximale donnée ci-dessous,
  • a fortiori en cas de dépassement, d'où une surveillance très régulière nécessaire,
  • il sont tous tératogènes, c'est-à-dire dangereux pour l'embryon ou le foetus.
L'aspect tératogène est relativement connu des spécialistes depuis longtemps, et officiellement la prescription de la plupart de ces produits est contre-indiquée en cas de grossesse ou de projet de grossesse. Mais le droit à la grossesse et la liberté de choix du "patient" doit être respecté. Des suspensions de prescription sont demandées par l'APESAC (1). Les prescripteurs disposent de documentation précise sur les substitutions temporaires par des produits moins tératogènes ou non tératogènes - quoique ayant d'autres effets secondaires importants. La notion d'analyse "bénéfice/risque" prend ici toute son importance, et doit impérativement être faite avec la pleine information des personnes, ce qui est hélas loin d'être toujours le cas en France (2). Les tératogènes les plus connus sont le lithium et l'acide valproïque (Depakote, Depakine). Il est révélateur et scandaleux que pour l'acide valproïque il fallut l'action déterminée de l'APESAC pour qu'enfin la délivrance d'information chiffrée (risque de malformation autour de 30 %) soit obligatoirement délivrée aux usagers, et ce depuis 2016 seulement !

Ceci ne doit pas masquer le fait que d'autres produits de cette liste sont également tératogènes avec une même gravité mais une fréquence moindre.  

Nous donnons dans ce tableau les tranches de concentration plasmatiques fournies par les fabricants, sachant qu'il est recommandé par les autorités de santé d'atteindre progressivement une concentration juste au dessus de la concentration minimale. Seule une prise de sang est valable pour mesurer votre concentration. Elle est différente pour deux personnes prenant la même "dose". De plus, à concentration égale, les effets, y compris secondaires, varient aussi selon les individus. Ce tableau peut vous aider à demander au prescripteur une baisse de posologie si vous dépassez trop la concentration minimale thérapeutique, et à l'exiger si vous être proche ou au dessus de la concentration maximale.  

Tableau des concentrations plasmatiques mini et maxi et seuils d'alerte des thymorégulateurs (THR) et anticonvulsivants (ACV)






Psychotrope et métabolite actif
Marque
Concentration mini et maxi (4)
Demi-vie
(5)
Niveau d'alerte (6)
Niveau de
recommandation
du suivi  (7)
Classe
acide valproique ou valproate
Depakote@, depakine@
50–100 µg/mL
18 h
120 µg/mL
2
ACV, THR
carbamazepine
Tegretol@
4–12 µg/mL
10–20 h
20 µg/mL
2
ACV, THR
clobazam et n-desmethylclobazam
Urbanyl@, Frisium@
30–300 ng/mL
300–3000 ng/mL
18–42 h
500 ng/mL
5000 ng/mL
2
ACV, BZ
clonazepam
Rivotril@
20–70 ng/mL
40 h
80 ng/mL
2
BZ
ethosuximide
Zarontin@
40–100 µg/mL
33–55 h
120 µg/mL
2
ACV
felbamate
Taloxa@
30–60 µg/mL
15–23 h
100 µg/mL
2
ACV
gabapentine
Neurontin@, gabapentine
2–20 µg/mL
6 h
25 µg/mL
3
ACV, divers
lacosamide
Vimpat@
1–10 µg/mL
13 h
20 µg/mL
ACV
lamotrigine
Lamictal@
3–14 µg/mL
7–23 h
20 µg/mL
2
ACV,THR
levetiracetam
Keppra@
10–40 µg/mL
6–8 h
100 µg/mL
(morning levels)
2
ACV, THR
lithium
Theralite@
0.5–1.2 mmol/l
(4–8 µg/mL)
24 h
1.2 mmol/l
(8 µg/mL)
1
THR
methsuximide et N-desmethylmethosuximide
Petinutin@ (Suisse) Celontin@ (USA)
10–40 µg/mL
1–3 h 36–45 h
45 µg/mL
2
ACV
oxcarbazepine et 10-hydroxycarbazepine
Trileptal@
10–35 µg/mL
5 h 10–20 h
40 µg/mL
2
ACV, THR
phenobarbital
phenobarbital
10–40 µg/mL
80–120 h
50 µg/mL
1
ACV (BRB)
phenytoine
phenytoine
10–20 µg/mL
20–60 h
25 µg/mL
1
ACV
pregabaline
Lyrica@
2–5 µg/mL
6 h
10 µg/mL
3
ACV, ANX
primidone et metabolite phenobarbital
Mysoline@
5–10 µg/mL
10-40 µg/mL
14–15 h
25 µg/mL
2
ACV (BRB)
rufinamide
Inovelon@, Banzel(USA)
5–30 µg/mL
7 h
40 µg/mL
2
ACV
stiripentol
Diacomit@
1–10 µg/mL
4–13 h
15 µg/mL
2
ACV
sulthiame
Ospolot@ (Allemagne)
2–8 µg/mL
3–30 h
12 µg/mL
2
ACV
tiagabine
Gabitril@
20–200 ng/mL
7–9 h
300 ng/mL
2
ACV
topiramate
Epitomax@, topiramate
2–8 µg/mL
(morning levels)
21 h
16 µg/mL
3
ACV
acide valproique ou valproate
Depakote@, depakine@
50–100 µg/mL
18 h
120 µg/mL
2
ACV, THR
vigabatrine
Sabril@
2–10 µg/mL
5–8 h
20 µg/mL
4
ACV
zonisamide
Zonegran@
10–40 µg/mL
60 h
40 µg/mL
2
ACV


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Le lithiomètre


Le schéma ci-dessous commence à être mieux connu de par sa simplicité de lecture, et parce que, contrairement à ce que dissimulait en général l'abondante littérature sur le lithium et les troubles bipolaires, reconnaît ce que nous disions en introduction de ce chapitre : la zone de toxicité commence dès la dose minimale. Il a été publié pour la première fois par le Dr GD Mahli et collègues de l'Université de Sidney en 2013, sous le titre Potential Mechanisms of Action of Lithium in Bipolar Disorder, puis traduit en français par M. Tournier, du CHU Ch.Perrens, de l'équipe H. Verdoux, Bordeaux, Inserm U647 - pharmacoépidémiologie - une équipe qui n'hésite pas à publier des avis très critiques sur la surconsommation de psychotropes en France.


lithiomètre - lithium - doses - toxicité

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(1) APESAC : Association d'Aide aux Parents d'Enfants souffrant du Syndrome de l'Anti-convulsivant

(2) Voir notre article Psychiatrie et information des personnes, enquête Medscape : la France est le pays où l'on dissimule le plus la vérité  

(3) Le groupe AGNP-TDM (Arbeitsgemeinschaft für Neuropsychopharmakologie und Pharmakopsychiatrie, Association de neuropsychopharmacologie et de pharmacopsychiatrie), est constitué de chimistes, biochimistes cliniques, pharmacologues cliniques et psychiatres germanophones (Suisse et Allemagne)

(4) Les doses mini-maxi sont fournies par le fabricant en fonction de leurs essais et ne sont pas forcément toutes vérifiées par des chercheurs de laboratoires indépendants. Elles concernent généralement les personnes de 18 à 65 ans sans maladie (ou "comorbidité") autre que la cible du psychotrope, sans autre médicament, et sans anomalies génétiques   de métabolisme. Voir sur ce dernier point, le paragraphe sur les "métaboliseurs lents" ou "ultrarapides" .

La concentration doit être mesurée au bout de 4 demi-vies du psychotrope pour être comparée aux valeur mini/maxi. Pour des psychotropes très actifs ou à "seuil de toxicité" bas, la concentration doit être mesurée plus rapidement après la première administration. En régime de prise régulière, la concentration se mesure le matin. La mesure doit être renouvelée tous les 3 ou 6 mois, sauf produits à risque élevé où les mesures doivent être plus fréquentes.  

(5) Demi-vie : temps au bout duquel la concentration est diminuée de moitié par rapport au pic de concentration. Cette unité de mesure standard de pharmacocinétique permet d'ajuster la posologie (fréquence et dose), et, ici, de déterminer à quel moment effectuer un prélèvement sanguin.

(6) Le niveau d'alerte est celui à partir duquel le laboratoire effectuant l'analyse doit immédiatement appeler le prescripteur, selon le groupe AGNP.

(7) Le groupe AGNP donne ses niveaux de priorité pour des mesures régulières de concentration :

Niveau 1 : Très fortement recommandé
Niveau 2 : Recommandé
Niveau 3 : Utile
Niveau 4 : Peut être utile ; soit que pour ce psychotrope il est facile d'ajuster les doses en fonction des effets toxiques observés ou de la non efficacité ; soit que la concentration n'est pas représentative de l'effet dans les cas par exemple de tolérance ou d'actions irréversibles comme certains antidépresseur IMOA irréversibles.





Voir aussi sur ce site :



Neptune

Information, recherche, action et entraide sur les "maladies" psychiques

Association Loi de 1901

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