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Symptômes obsessionnels-compulsifs induits par les antipsychotiques de seconde génération dans la schizophrénie

Par Neptune 
le 09/03/2017

.

Symptômes obsessionnels-compulsifs induits par les antipsychotiques de seconde génération dans la schizophrénie




Une revue de la littérature
Par
  • Trehani M. Fonseka, University Health Network; St. Michael's Hospital, Department of Psychiatry, Toronto, Canada
  • Peggy Margaret A. Richter, MD Sunnybrook Health Sciences Centre, Department of Psychiatry, Toronto, Canada
  • Daniel J. Müller, MD, PhD Centre for Addiction and Mental Health, Pharmacogenetics Research Clinic, Toronto, Canada

    ResearchGate, 2014 DOI 10.1007/s11920-014-0510-8 2014
    Traduction française : Neptune

    Voir également


  • Résumé




    Les antipsychotiques de seconde génération (AP2G / SGA) ont joué un rôle dans la survenue et l’exacerbation de symptômes obsessionnels-compulsifs (SOC/OCS) chez des patients avec schizophrénie. Parmi les AP2G, la clozapine l’olanzapine et la risperidone sont les agents les plus liés à ces séquelles, d’après les études de cas. Les SOC comorbides peuvent empêcher le rétablissement en compromettant les bénéfices du traitement, l’observance des posologies, et le pronostic clinique. Les revues précédentes des SOC induits par les antipsychotiques se sont essentiellement intéressées à des études de cas, avec une attention limitée aux découvertes expérimentales. Pour combler ce manque de données, nous avons cherché à passer en revue les effets des AP2G sur les SOC dans la littérature relative aux essais en schizophrénie, tout en relevant le rôle des différents traitements (en durée, dose, concentration sérique) et les aspects pharmacocinétiques. Nos découvertes suggèrent que la clozapine a le plus de risque de SOCs dans la schizophrénie, avec 20 à 28 % des patients traités développant des SOCs non préexistants, plus 10 à 18 % connaissant une aggravation de SOC préexistants. La clozapine peut aussi provoquer un véritable trouble obsessionnel-compulsif (TOC/OCD) dans certains cas. L’olanzapine est un autre psychotrope à risque élevé pour les SOC secondaires qui surviennent pour 11 à 20 % des patients traités à l’olanzapine. A ce jour il n’y a pas suffisamment de données de preuve sur les autres AP2G concernant les SOC. Malgré des faits expérimentaux sur le rôle d’un traitement à long terme et les facteurs génétiques de survenue des SOC induits par les psychotropes, d’autres recherches sont nécessaires pour élucider clairement ces liens. Sur la base de ces résultats, les patients schizophréniques devraient faire l’objet d’une surveillance généralisée des SOC au cours du traitement aux AP2G, en particulier sous clozapine ou olanzapine.

    Introduction




    La schizophrénie est un trouble psychiatrique très invalidant, caractérisé par une évolution chronique, et suivant les systèmes de diagnostic utilisés, a une prévalence sur la vie de l’ordre de 1 à 4 cas pour 1000 personnes (1 2 3). L’amélioration clinique des symptômes schizophréniques est principalement obtenue par le traitement médicamenteux antipsychotique. A la différence des antipsychotiques de première génération (AP1G/FGAs), il a été montré que la seconde génération d’antipsychotiques (AP2G/SGAs) induit des symptômes obsessionnels-compulsifs (SOC/OCS) chez les patients schizophréniques, malgré leur efficacité clinique relativement supérieure. Dans les faits, les cas relevés impliquent plus souvent la clozapine, l’olanzapine et la rispéridone comme agents des SOCs secondaires (4), qui sont phénoménologiquement similaires aux SOC du Trouble obsessionnel compulsif primaire. (5) Toutefois, l’examen des SOCs induits par les AP3G dans la littérature est insuffisant, car les revues précédentes se sont essentiellement penchées sur les résultats d’études descriptives auxquelles manquent les paramètres scientifiques pour distinguer clairement les effets spécifiques du traitement. La caractérisation de ce phénotype induit par les psychotropes est cliniquement pertinente dans le sens où elle peut s’appliquer à la pratique clinique et à des stratégies de traitement efficaces. Ainsi, cette revue résumera les découvertes des essais qui examinent l’effet des AP2G sur la prévalence et la sévérité des SOCs chez les patients schizophréniques, en étudiant le rôle du traitement (durée, dose, concentration sérique) et des facteurs pharmacogénétiques comme facteurs potentiels.

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    Méthodes




    Pour évaluer les effets des AP2G dans l’induction et l’exacerbation de SOC dans la schizophrénie, une recherche de littérature dans les bases de données OVID Medline, Embase et PsycINFO a été réalisée. Les termes recherchés étaient (‘schizophrénia’ OU ‘psychosis’ OU ‘psychotic’) ET (‘obsessive compulsive disorder’ OU ‘OCD’ ou ‘obsession’ OU ‘compulsion’) ET (‘atypical antipsychotic’ OU ‘neuroleptic drug’ OU ‘second generation antipsychotic’ OU ‘clozapine’ OU ‘risperidone’ OU ‘quetiapine’). Les résultats ont été restreints aux articles relatant des essais, revus par des pairs, et publiés en anglais entre 1960 et 2014. Les études concernant les méthodes précliniques ou de méthodologie descriptive ont été exclues. Aucune restriction secondaire démographique (p. ex : âge, sexe, ethnicité) ou clinique (p. ex : sévérité des symptômes, comorbidités ou état médical) portant sur les patients, et aucune variable dans la conception des études (p. ex la taille, la méthode d’évaluation, la dose ou la durée du traitement) n’a été appliquée. La recherche a trouvé 127 articles qui furent examinés individuellement pour vérifier qu’ils satisfaisaient aux critères de recherche.
    Un total de 15 études ont été sélectionnées pour l’examen des SOCs induits par la clozapine, 9 pour les SOCs induits par l’olanzapine, et 6 pour les SOCs induits par la risperidone. A cause d’un nombre insuffisant d’essais, les investigations spécifiques d’autres AP2G n’ont pas été possibles. Toutes les études inclues avaient les données suivantes, si possible :
    • Caractéristiques de la population étudiée incluant les diagnostics psychiatriques, l’âge, le sexe, le statut patient hospitalisé/ambulatoire
    • L’information sur le traitement incluant la durée, la dose, la concentration sérique
    • Les paramètres de conception de l’étude incluant la méthode de collecte des données, la taille d’échantillon, l’utilisation de groupes de comparaison
    • Les résultats en termes de SOCs avec prévalence et évaluation de la sévérité.
    Les études étaient principalement de conception naturelle, et comprenaient des recueils de données longitudinales, intergroupes et/ou rétrospectives. Les participants à ces études avaient un diagnostic soit de schizophrénie, soit de trouble schizo-affectif, soit de trouble schizophréniforme. La plupart des études avaient des bras de comparaison des traitements, et deux études avaient un ou plusieurs des comparaisons suivantes : sans traitement, groupe contrôle non malade, frères ou soeurs non malades, groupes placebo. Les doses et durées de traitement étaient en général variables.

    Épidémiologie des SOC dans la schizophrénie




    Les études épidémiologiques rapportent qu’approximativement 25 à 64 % des patients schizophréniques souffrent de SOCs, parmi lesquels 8 à 26 % satisfont aux critères cliniques significatifs du trouble obsessionnel compulsif du suivant le Manuel Diagnostic et Statistique des Troubles Mentaux (DSM) (6 à 14). Malgré des ratios variables, la majorité des études ont évalué le TOC en utilisant des méthodes d’évaluation comparables, dont la Structural Clinical Interview pour les Troubles de l’Axe I du DSM (SCID), ou la Mini-International Neuropsychiatric Interview (MINI), en association avec la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale (Y-BOCS). Pour tenter de comprendre l’hétérogénéité des ratios au travers des études épidémiologiques, une méta-analyse de Achim et al. (15) a examiné les taux groupés de prévalence de troubles anxieux dans la schizophrénie, pour isoler un taux moyen de 12,1 % de troubles obsessionnels compulsifs. De manière similaire, une méta-analyse combinée à une méta-régression plus récente par Swets et al. (16) a isolé des prévalences moyennes de 13,6 % pour le TOC et de 30,3 % pour les SOC dans la schizophrénie. Ces valeurs sont supérieures à celles observées dans la population générale où la prévalence sur la vie des TOC et SOCs sont respectivement de 0,3 à 3 % et de 21 à 25 %. (17 à 22).

    Le risque plus élevé de comorbidité SOC dans la schizophrénie pourrait être la conséquence d’un dysfonctionnement neurobiologique similaire, en particulier dans le lobe frontal et les noyaux gris centraux pour à la fois la schizophrénie et les TOCs (23 à 25). Toutefois, seuls 1,7 à 14 % des personnes souffrant de TOC présentent des symptômes psychotiques, dont 4 à 12 % ont une schizophrénie comorbide (21, 26, 27). D’autres théories proposent que les SOCs fassent partie de la pathologie schizophrénique. Toutefois, les SOCs comorbides ne sont pas toujours observés dans le cours des troubles schizophréniques, en étant plus importants dans la schizophrénie chronique ou à un stade avancé. De même, les prévalences estimées chez les patients prodromiques ou en premier épisode sont faibles, de l’ordre de 9 % pour les SOC et 1,5 % pour le TOC (28, 29). La faible incidence des SOCs et TOC dans la schizophrénie au stade précoce pourrait résulter de l’absence de traitement psychotrope préexistant ou d’un traitement de courte durée. Bien que le terrain de cette comorbidité doive encore être clairement établi, les résultats épidémiologiques suggèrent que les antipsychotiques peuvent contribuer au risque de SOCs dans la schizophrénie.

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    Présentation clinique des SOC dans la schizophrénie




    Les signes cliniques des SOC et TOC


    Les SOC sont caractérisés par deux critères cliniques principaux : les obsessions et les compulsions.
    Les obsessions sont des pensées, images, doutes ou urgences envahissantes, d’une nature persistante et récurrente que provoque une anxiété significative (30). Les pensées obsessionnelles portent en général sur des thèmes comme la contamination, l’agression, le perfectionnisme, le blasphème, la sexualité (31, 32). Les patients tentent d’ignorer ou de supprimer ces préoccupations ou de les neutraliser par des compulsions. Les patients ont souvent conscience de la nature de leurs obsessions, et montrent qu’ils comprennent que le contenu de leurs pensées est déraisonnable ou excessif (30).

    Les compulsions sont des comportements ou des rituels mentaux répétitifs, comme le nettoyage ou le lavage de mains excessif, le comptage, l’amassement, le rangement ou la vérification, que les patients se sentent obligés de faire en réponse aux obsessions (30, 33, 34). Les SOCS sont considérés comme cliniquement sous le seuil jusqu’à ce que les symptômes prennent un temps significatif (plus d’une heure par jour) et/ou qu’ils altèrent le fonctionnement ou perturbent au point de devoir mériter le seuil de diagnostic du TOC (35).

    Comparaison clinique entre TOC et schizophrénie.


    TOC et schizophrénie peuvent souvent être cliniquement différenciés en distinguant les obsessions et les délires qui, bien qu’ils soient tous deux des troubles de la pensée, sont fondamentalement différents dans leur contenu et dans leur structure (voir tableau 1). Dans la schizophrénie, les délires sont des croyances erronées que les patients tiennent pour véritables malgré l’existence d’une évidente contradiction, dans la plupart des cas. De ce fait, les patients délirants défendent leurs croyances, et ne veulent pas en changer ou accepter d’autres perspectives (36 38). Le contenu du délire est souvent bizarre et, bien qu’il soit la plupart du temps de persécution ou de référence, peut être somatique, religieux, ou de grandeur (39). Les patients avec schizophrénie perçoivent aussi leurs pensées comme provenant d’une source extérieure (40). Ceci diffère des obsessions qui sont comparativement plus réalistes dans leur contenu. Les patients TOC pensent que ces obsessions sont le produit de leur esprit, et typiquement on de l’insight (ou reconnaissent que ces pensées sont irrationnelles ou exagérées), et essayent souvent de leur résister du fait de leur irrationalité ou de leur nature excessive (30, 35,41).



    ObsessionsDélires
    Degré de convictionFaibleElevé
    Résistance au changementFaibleElevée
    Contenu des penséesExagérée, irréalisteSouvent bizarre
    Origine perçue des penséesInterneExterne
    Tableau 1 : différences cliniques entre obessions et délires

    Malgré la nature clinique différente du TOC et de la schizophrénie, il peut y avoir un certain degré de recouvrement entre ces phénotypes diagnostiques qui ajoute à l’hétérogénéité de ces troubles, cliniquement. Par exemple, bien que les patients avec un TOC sont traditionnellement définis comme gardant conscience à la fois de l’absurdité et/ou de l’origine de leurs obsessions et compulsions, un sous-type a été identifié où cet insight est déficient. Ce manque de conscience, appelé TOC avec peu de prise de conscience, conduit à un état délirant ou à la sur-justification des comportements (42 à 44). Dans les cas où les symptômes psychotiques sont plus marqués, comme lorsque le TOC primaire est accompagné d’un trouble psychotique caractérisé comme la schizophrénie, le trouble schizo-affectif ou le trouble délirant, les compulsions peuvent même être réalisées en réponse aux idées délirantes (42). De même, la schizophrénie peut être vécue avec des signes obsessionnels-compulsifs, que ce soit un TOC pleinement caractérisé ou des SOCs sous le seuil de diagnostic. Cette constellation de symptômes a été cliniquement nommée trouble schizo-affectif (45). La frontière clinique entre le TOC et la schizophrénie crée un spectre de phénotypes où le pronostic est d’autant plus pessimiste que le recouvrement des comorbidités est important (voir fig. 1)

    Schizophrénie et SOC TOC comorbiditéFig 1 : différents phénotypes cliniques existent entre la schizophrénie et le trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Le pronostic est aggravé lorsque l’on prend la direction de la comorbidité entre TOC et schizophrénie, où la détérioration clinique et l’altération du fonctionnement sont les plus grands.

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    Pronostic des SOCs dans la schizophrénie


    Les SOC dans la schizophrénie modifient le cours du trouble, comme on le voit dans les changements spécifiques de pronostic. Dans quelques études, il a été avancé que la comorbidité des SOCs était protectrice contre les symptômes positifs et négatifs, en particulier avec les patients d’un premier épisode (12, 46, 47). Toutefois, la majorité des chiffres plaide pour un avenir aggravé. La plupart des études ont relevé que les patients schizophréniques avec une comorbidité de SOCs connaissent des taux plus élevés de symptômes positifs (9, 48, 51) et négatifs (10, 48, 51, 52), un âge plus faible d’apparition de la psychose (53), une durée de maladie plus longue (53), l’utilisation de plus de traitements cliniques (52), et des hospitalisations plus longues et plus fréquentes (14, 52) comparés aux patients sans cette comorbidité. Les patients comorbides-SOC ont aussi de plus grandes difficultés dans leurs fonctions motrices (6, 54) et cognitives, ces dernières se présentant par une performance neurocognitive plus faible dans les tâches d’exécution (51, 52, 53), les capacités spatio-visuelles, une mémoire non verbale en retard, l’inhibition des impulsions, des décalages cognitifs (56, 57). De plus, des comorbidités psychiatriques plus larges se produisent avec les SOC dans la schizophrénie, particulièrement des taux plus élevés de troubles de l’Axe II (58), le trouble de dysmorphophobie, des troubles de tics (59, 60), l’idéation suicidaire et les tentatives de suicide (61, 62), les humeurs négatives et dépressives (9, 50, 51, 61) avec parfois la sévérité des dépressions majeures (63). Il a été montré que ces évolutions délétères causent un plus grand dysfonctionnement en terme de repli social (9), et de moins bons niveaux de fonctionnement (11, 63) dans le mariage ou la cohabitation (14), la vie indépendante, l’emploi, le comportement normal pour l’âge (9, 14, 42, 49, 52). En résumé, les conséquences cliniques et fonctionnelles des SOCs comorbides à la schizophrénie sont élevées.

    Les mécanismes de SOCs induits par les antipsychotiques de seconde génération dans la schizophrénie




    Facteurs de risque socio-démographiques des SOCs induits par les AP2G


    Les SOCs induits par les AP2G ont été associés à certains facteurs de risque dans les études cliniques. Une revue de 28 études de cas par Ke et Al. (64) a trouvé une plus grande incidence des SOCs induits par les AP2G chez les hommes par rapport aux femmes, avec un ratio de 6 pour 1. Parmi ces cas, malgré un panel d’âges de 19 à 56 ans, la plupart des patients avaient entre 20 et 40 ans. Toutefois, le petit nombre de cas étudiés ne permet pas d’en tirer des conclusions. A l’opposé, les études d’expérimentation, ou essais, n’ont pratiquement trouvé aucune différence pour les patients schizophréniques avec ou sans SOC/TOC induits par les AP2G entre variables socio-démographiques telles que l’âge, le sexe, l’ethnie, l’éducation ou l’histoire familiale (48, 53, 54, 65).

    Modèles génétiques des SOC induits par les AP2G


    La schizophrénie et les TOC sont tous deux fortement héréditaires et sont des maladies polygéniques complexes (66 à 69)(a). A ce jour, divers gènes candidats impliqués dans les systèmes sérotoninergiques, dopaminergiques et glutamatergiques ont, à la fois individuellement et en synergie, été impliqués dans le risque de TOC. En particulier, les études des gènes candidats ont identifié l’implication de multiples variants génétiques des gènes liés au système sérotoninergique comme le 5-HTTLPR (région polymorphique liée au transport de la sérotonine) et HTR2A (récepteurs sérotonine 2A) dans le TOC. Des variants des gènes codant le catechol-O-methyltransferase (COMT) et la monoamine oxydase A (MAOA) ont été associés au TOC dans certains cas. Les gènes glutamatergique SLC1A1 (exciteur de transport des acides aminés 3) ont été impliqués dans les études d’association et de liens, et il y a une possibilité limitée pour un lien aux gènes dopaminergiques DAT1 (transporteur actif de dopamine) et DRD3 (récepteur de dopamine D3) dans ce phénotype. Pour plus de détails sur les bases génétiques du TOC, se référer à Pauls et al (68).

    Certains de ces mêmes gènes ont été impliqués dans le risque spécifique pour les SOC/TOC induits par les psychotropes, d’après les études préliminaires sur les gènes candidats. Ryu et al. (70) ont étudié SLC1A1, avec le gène glutamatergique DLGAP3 (protéine associée 3 à grand disque), pour cette combinaison chez les patients schizophrènes cliniquement stables. Les résultats ont montré que DLGAP3 rs7525948 interagit avec SLC1A1 rs2228622 pour prédire significativement des SOC émergent sous AP2G, les porteurs de chaque génotype à risque ayant une augmentation de 30.2 du risque dans la susceptibilité SOC, comparés aux patients sans risque génotype. Un modèle épistatique similaire a été testé parmi des patients schizophréniques traités par la clozapine, par Cai et al. (65). Les résultats on révélé que SLC1A1 rs 2228622A interagissait aussi avec l’allèle GRIN2B rs890T ce qui prédisait des SOCs. Pour finir, Kwon et al. (71) ont caractérisé plus encore ce phénotype en examinant les variations de séquence dans le gène SCL1A1 chez des patients schizophrènes coréens. Les résultats ont montré que la probabilité de présenter des SOC induits par les AP2G était 4 fois plus élevée chez les patients avec l’haplotype A/C/G à rs2228622-rs3780413-rs3780412 que les patients avec l’haplotype de référence. Les tendances individuelles de l’association ont été aussi observées pour rs2228622 et rs3780412. Toutefois, Shirmbeck et al. (72) n’ont pas pu répliquer ces découvertes lors de tests sur un échantillon européen. Ceci pourrait suggérer que, bien que SCL1A1 soit une hypothèse de risque génétique pour les SOCs induits par les AP2G, ses effets peuvent différer selon les groupes ethniques. Des études plus approfondies par hypothèse ou sans hypothèse sur le génome entier, d’associations (GWAS – genome wide association studies), en plus d’études sur la fonction des gènes, sont nécessaires pour discerner plus clairement les bases génétiques des SOCs induits par les AP2G.

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    La dérégulation des neurotransmetteurs dans l’hypothèse sérotoninergique des SOCs induits par les AP2G


    Le dérèglement central de sérotonine (5HT) a été fortement impliqué dans la physiopathologie du TOC. Plusieurs études rapportent un déficit de sérotonine dans des régions spécifiques du cerveau, en même temps que des niveaux périphériques élevés de métabolites 5HT, dans les modèles tant cliniques que précliniques du TOC (73 74). Le rôle du système sérotoninergique est encore mieux défendu par l’effet thérapeutique des inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS/SSRIs) dans le TOC en normalisant des niveaux aberrants de sérotonine (73 75 76). Les ISRS, tels que la fluvoxamine (ndt: Floxyfral@) et la fluoxétine (ndt: Prozac@), réalisent cet effet en bloquant la recapture 5HT dans les neurones présynaptiques en agissant sur le site du transporteur de sérotonine (77, 78) pour augmenter la disponibilité synaptique 5HT et faciliter la liaison post-synaptique (79) (voir fig 2a). On a également rapporté que les ISRS/SSRI réduisent le turn-over 5HT comme démontré par des niveaux cérébro-spinaux du métabolite central 5-acide hydroxyindoleacetiqu (5-HIAA) (79).
    Des effets sérotoninergiques similaires ont été observés pour des antidépresseurs tricycliques comme la clomipramine (ndt: Anafranil@), et diminution des plaquettes et de la concentration sanguine 5HT a été une hypothèse émise pour la réduction de la symptomatologie TOC (80). L’altération d’autres neurotransmetteurs, comme la dopamine (81, 82) et le glutamate (83) ont aussi été impliqués dans la neurobiologie du TOC, mais le mécanisme exact de leurs effets n’est pas bien compris. Ainsi, alors que différents systèmes neurotransmetteurs sont altérés pendant le traitement antipsychotique, l’antagonisme sérotoninergique de la plupart des AP2G apparaît être le mécanisme le plus probable impliqué dans les SOCs induits par les AP2G. Ceci est décrit plus en détail ci-après.



    mécanisme synaptique antidépresseurs ISRS avec AP2G
    Fig 2.
    a. l’ISRS (en vert) bloque la recapture de la sérotonine (en violet) dans la terminaison nerveuse présynaptique. Ceci a pour effet une augmentation de la sérotonine 5HT dans l’espace inter-synaptique et d’augmenter les liaisons post-synaptiques.
    b. L’AP2G, comme la clozapine et l’olanzapine (en bleu) empêche la sérotonine de se lier à ses récepteurs (en rouge) ce qui diminue la liaison 5HT.


    Les propriétés pharmacodynamiques des AP2G et les SOCs


    Les médicaments antipsychotiques, qui globalement comprennent les AP1G - première génération et les AP2G - deuxième génération, sont conçus pharmacologiquement pour agir en antagonistes des récepteurs de dopamine D2. Cette propriété, en particulier dans la voie mésolimbique, est la principale responsable de l’effet antipsychotique de ces produits. Malgré leur similarité, les AP2G sont pharmacologiquement distincts des AP1G définis par la force de leur de leur blocage des récepteurs D2, ainsi que par leur antagonisme unique de du récepteur de sérotonine 5HT2A (fig 2b) (84). La plupart des AP2G obtiennent leur réponse antipsychotique par leur occupation préférentielle des 5HT2 par rapport aux récepteurs D2, comme observé in vitro et in vivo (85, 86). Kapur et al. (85) on montré que la clozapine (ndt: Leponex@), l’olanzapine (ndt: Zyprexa@) et la rispéridone (ndt: Risperdal@) ont une affinité 5HT2 plus grande que pour D2, d’après leur taux d’occupation de 20 :1, 12 :1 et 11 :1. Des profils pharmacodynamiques similaires ont été observés pour la ziprazidone (ndt: Zeldo@, Geodon@) (87) et la quetiapine (ndt: Xeroquel@, Seroquel@)( 88 ). Toutefois, l’aripiprazole (ndt: Apilify@) est différemment caractérisée par une occupation plus faible 5HT2 par rapport à D2 (89). Néanmoins, les AP2G peuvent montrer un lien D2 augmenté lorsque administrés à des doses plus fortes (90, 91). Les AP2G se dissocient aussi rapidement du récepteur D2 lorsqu’ils sont en compétition avec la dopamine endogène (92). Ceci les différencie des AP1G dopaminergiques qui ont comparativement un moindre taux de dissociation dans ces sites (93).

    Le profil de lien antisérotoninergique ds AP2G est le mécanisme supposé par lequel ces psychotropes induisent et exacerbent les SOCs. Cette théorie est soutenue par de multiples axes de recherche et de découvertes. En premier, Ma et al. (94) ont découvert que l’antagonisme du système 5HT induit par la clozapine altérait les niveaux de sérotonine à des niveaux comparables au TOC. En second, les SOCs induits par les AP2G sont souvent réduits par une pharmacothérapie d’appoint avec des ISRS/SSRI, traditionnellement prescrits pour traiter les TOCs (53). Enfin, les études des traitements aux AP1G ont montré que les agents à dominante dopaminergique comme l’halopéridol (ndt: Haldol@), produisaient une prévalence et une sévérité estimée différente de celle des AP2Gs (48). Par exemple, les AP2G n’on habituellement aucun effet ou améliorent les symptômes TOC et peuvent être co-administrés avec des ISRS/SSRI pour améliorer des TOC résistants au traitement (95, 96). Les mêmes bénéfices ont été observés avec les AP2G à dominante dopaminergique comme l’amisulpride (ndt: Solian@) (97), et l’agoniste dopamine/serotonine partiel aripiprazole (98 à 100). Bien que d’autres AP2G prototypiques comme la clozapine, l’olanzapine, la risperidone et la quetiapine aient, dans certains cas, montré une capacité d’amélioration des SOCs à la fois dans le TOC primaire (101 à 103) et la schizophrénie (104 105), ceci peut être la conséquence d’une dose élevée qui, comme précédemment mentionné, élève les affinités aux récepteurs D2. Le paragraphe suivant résumera les preuves des effets des AP2G dans les SOCs et TOC induits par les psychotropes.

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