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Levée judiciaire du "programme de soins" imposé par Sainte-Anne, hôpital psychiatrique

Par Neptune 
le 22/07/2016

Témoignage


par Ingrid B.

J'ai fait l'objet d'un programme de soins. Cela a fait suite à une hospitalisation psychiatrique sur ordre d'un représentant de l'état. D'octobre à Décembre 2015 le médecin que j'avais l'obligation de consulter, m'a dit qu'il demanderait la levée de la mesure. Finalement il a décidé du contraire. Conformément à mes droits j'ai formulé en Février 2015 une demande de main levée au Juge des Libertés et de la Détention. Ma demande a été rejetée, en première instance et en appel. J'ai poursuivi mes démarches et le programme de soins a été levé le 11 Juillet 2016.

Dans le certificat médical de décembre 2015, à l’origine de la prolongation du programme de soins de six mois, le médecin mentionne « persistance d’éléments délirants à type de persécution, répercussion anxieuse et thymique de ces symptômes, […] critique très partielle des troubles ». Il demande au Bureau de la Santé Mentale de poursuivre la mesure pour « consolider l’amélioration et assurer une meilleure alliance aux soins ». Le même jour, dans le dossier médical, il écrit «  elle rapporte un épisode où sa voisine « aurait crié » : bien mis à distance  […] plutôt bien sur le plan thymique. »
Sainte Anne secteur 14 chez M.O. KrebsSainte-Anne, bâtiment du secteur 14, service du Pr Marie-Odile Krebs. Photo Ingrid B.

Le Dr M.O. Krebs multiplie les interventions médiatiques sur la schizophrénie, mais ne contrôle visiblement pas les diagnostics délirants et la maltraitance qui en découle dans son propre service. Neptune
Certificat répété du CMP Régnier Paris 15emeTous les mois, le même scénario et le même "certificat" : pour le CMP Mathurin Régnier de Paris 15e et son responsable, les faits ne comptent pas : contester un diagnostic et une médication prouvent la folie... On est en plein délire.  
S'il convient lui-même que je mets à distance le délire, et qu'il me trouve bien sur le plan thymique, pourquoi écrit-il le contraire au BASM ? Me demandant comment se passent les relations avec ma voisine de palier, il trouve ma réponse délirante ; selon lui la voisine ne pouvant pas crier. En substance, c'est le contenu de nos échanges, depuis août 2015, date de mon hospitalisation.

Je n’ai jamais adhéré ni au diagnostic de trouble délirant, ni à son corollaire comme quoi cela signifie « un manque de critique des troubles ». Ma position entraîne invariablement la poursuite de la mesure, le médecin recherchant « une alliance thérapeutique ». Si aujourd’hui je souhaite que cela s’arrête définitivement, c’est parce que l’obligation de soins consiste en une prise quotidienne d'un neuroleptique abrutissant, aux effets incompatibles avec ma vie professionnelle et mes activités. C’est aussi parce que l’image que le médecin me renvoie de moi-même, est celle d’une personne délirante, depuis sept mois, cela occasionnant une grave détérioration de mon estime personnelle, qui n’existait pas précédemment.

J’ai tenté en vain d’alerter mes interlocuteurs, médecins, juges, BASM, sur un certain nombre de faits, revendiqués par des personnes tierces, qui contredisent le diagnostic de délire. En août 2015, le Juge des Libertés avait pris en considération mes propos.

Concluant qu'ils étaient avérés ; ne relevaient pas du délire ; que le dispositif était disproportionné et inadapté ; il avait ordonné la levée de la mesure. Saisi en appel un autre juge a infirmé la décision.
Depuis, saisir le tribunal comporte le risque de me voir à nouveau considérée comme délirante, selon la grille interprétative des médecins. Les certificats médicaux se répètent, identiques chaque mois, diagnostiquant un délire et le déni des troubles, alors qu’il me demeure impossible d’accepter que mes propos soient jugés délirants, quand d’autres personnes les rapportent également.

Faits constatés par expert et huissier


En Juin 2015 j’ai porté plainte contre une voisine de palier dont les comportements malveillants s’étaient multipliés depuis Novembre 2014. A l’époque je m’étais plaint du bruit provenant de son appartement.

Nouvellement locataire, j’ai immédiatement été confrontée à des problèmes locatifs graves,  sans intervention du bailleur, malgré mes sollicitations. Un trou dans un mur de la chambre rendait la pièce inutilisable, étant relié au conduit de ventilation ; un manque d’isolation phonique, entrainant une gêne importante dans toutes les pièces ; des comportements violents et d’incivilités de la part de plusieurs habitants. Au fil des mois, les problèmes persistant, la situation s’est dégradée.

Une nuit, alors que j'ai sonné chez les locataires du dessus pour leur demander de faire moins de bruit, ils m’ont immédiatement insultée, puis ils sont devenus violents, jusqu'à chercher à me frapper. Me retrouvant finalement face à trois hommes, sans possibilité de me défendre, j’ai utilisé une bombe au poivre contre l’un d’eux. De retour chez moi, j’ai immédiatement appelé la police. Trois policiers sont arrivés. Ils m’ont indiqué qu’ils feraient un rapport et qu’on me recontacterait. Mon témoignage n’a été suivi d’aucune suite.

Dans l’impossibilité de déménager, en urgence ou à moyen terme, j’ai trouvé une solution de repli chez des amis pour six mois. Avec leur aide j’ai préparé les travaux de réparation et d’amélioration de mon appartement. En mars 2015, pour obtenir des conseils et me prémunir, j’ai fait établir un constat d’expertise. Il rapporte le trou, un passage d’air le long du mur de la salle de bain, et le dérèglement du système de ventilation. Il atteste également l’existence de nuisances sonores à tel point que «  tous les bruits de la vie courante en provenance des voisins mitoyens et superposés sont parfaitement audibles ». Sur les conseils de l’expert, j’ai rebouché le trou du conduit. Cela n’a eu aucune incidence sur le niveau sonore de la ventilation, nécessitant aussi de reboucher le passage d’air qui s’est avéré profond d’une dizaine de centimètres.

Face à l’étendue du problème j’ai contacté un huissier pour faire constater la malfaçon, et tous les désagréments rapportés depuis des mois. Là où l’expert a constaté le passage d‘air, il a relevé un trou de trois centimètres de diamètre, et de vingt centimètres de profondeur, dans le parpaing du conduit. Il note qu’il "en sort un sifflement fort et persistant couvrant partiellement le bruit d’une conversation".

Travaux et malveillances : le commissariat m'envoie à l'HP


J’ai à nouveau sollicité le bailleur sur la nécessité d'effectuer des travaux. Le retour de leurs services a consisté à m’envoyer une autorisation pour les faire. Pendant l’été 2015, aidée par plusieurs personnes, j’ai entrepris de reboucher les trous des murs de la chambre, l’isolation du plafond, et celle du mur mitoyen avec la voisine de gauche.

Durant la période des travaux, au moindre bruit causé, j’ai été injuriée et fait l’objet d’actes malveillants : des coups violents contre ma porte d’entrée, le tag systématique de celle-ci, et le souillage de ma boîte aux lettres par des ordures (1). Un voisin du rez-de-chaussée en a témoigné en ces termes : « Elle m’a parlé de plusieurs agressions physiques et injures qu’elle a subi dans notre escalier, elle m’a fait aussi constater divers incivilités à son encontre. Notamment sa porte bombée à la peinture noire, sur le judas, montré les détritus dans sa boîte aux lettres […] (plumes, mouchoirs souillés, cotons usagés…). Victime visiblement d’une certaine rancœur, de quelques habitants anonymes. J’ai aussi entendu des propos désobligeants de locataires, comme « il ne faut pas l’aider, elle est folle », alors que je donnais un coup de main […] Ou « la folle isole son logement », sans plus d’explications aux questions sur la raison de ce mot […] Je ne comprends pas les raisons de ces haines à son égard […] Je continue à la tenir pour personne sympathique et saine […] espérant […] pouvoir l’aider un peu à résoudre ces problèmes qui ressemblent à du harcèlement. »

Éprouvée par l’humiliation quotidienne des actes de malveillance et des insultes, sans jamais aucune réaction du bailleur, je me suis présentée à la loge du gardien pour lui demander de venir constater les traces de coups sur ma porte, et suite à un énième tag. Le gardien a à nouveau refusé de se déplacer. J’ai alors jeté sur son bureau les mouchoirs ayant servi au nettoyage du tag. Il a porté plainte pour « Intimidation sur une personne chargée de mission de service public ».

Convoquée au commissariat, l’agent m’a demandé de répondre de l’utilisation de la bombe au poivre neuf mois plus tôt. Il m’a d'abord reproché de ne pas avoir porté plainte à ce moment-là. Puis retrouvant mon appel au commissariat, la nuit des faits, il a considéré que mes propos étaient incohérents. Il a alors demandé à ce que je sois transférée aux urgences de l’Hôtel-Dieu.

(1) en Janvier 2016 j'ai appris qu'un locataire avait fait un signalement au BASM remettant en cause ma santé mentale à cause des travaux réalisés.


Hospitalisation abusive : des urgences à l'IPPP, de l'IPPP à Sainte-Anne


Un médecin écrit dans son compte-rendu : « Patiente vue ce jour en examen de comportement aux urgences. Elle ne décrit pas d’antécédents psychiatriques mais l’appel au CPOA fait état d’un suivi à la CMME jusqu’en 2012 et d’un passage en juin au secteur 14. Elle aurait présenté un discours incohérent lors d’un dépôt de plainte. Elle décrit de nombreux troubles dans son immeuble, avec dégradation de sa porte, boîte aux lettres, voisins qui frappent aux murs. À l’entretien globalement bon contact, légère bizarrerie du comportement, discours cohérents sans éléments délirants, elle exprime une tristesse de l’humeur, ne décrit pas de sentiment de persécution ni d’idéations suicidaires. Elle a par la suite présenté un état d’agitation dans la salle d’attente. »

Malgré un « bon contact », « des discours cohérents », contredisant le point de vue de l’agent de police, discours « sans éléments délirants », ni « sentiment de persécution », ni « idéations suicidaires », le médecin demandera mon transfert à l’Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police, sur la base d’antécédents psychiatriques, qui sont en réalité six séances d’art-thérapie en 2012, et un échange téléphonique avec un Centre Médico-Psychologique en juin 2015.

Le jugement du 11 juillet 2016 en faveur d'Ingrid


Le jugement du 11 juillet 2016 en faveur d'Ingrid

Le jugement du 11 juillet 2016 en faveur d'Ingrid

Salle d'audience dans l'hôpital
Salle d'audience du tribunal dans les murs de l'hôpital Ste Anne. Depuis 2013, les juges se déplacent dans les HP, pour économiser à ceux ci la peine et le coût de transport des personnes au tribunal. C'est ici que des centaines de destins se jouent et autant de vies brisées si l'audience n'est pas bien préparée.

2015
    Août : venue au commissariat pour un dépôt de plainte
    15 Août : Mesure SPDRE à l’hôpital Sainte Anne
    25 Août : Levée de la mesure par le Juge des Libertés et de la Détention (JLD)
    27 Aôut : Poursuite de la mesure en appel de JLD
    7 Octobre : Début du Programme de soins
    Décembre : Arrêté poursuivant le Programme de soins pour six mois

2016
    Février : Saisine du JLD / Décision de rejet
    Mars : Appel JLD / Décision de rejet
    Juin : Saisine du JLD / Décision de demande d’expertise / première ordonnance (telécharger)
    Juillet : Levée du Programme de soins / deuxième ordonnance (ci-dessus)



Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police
L'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP) : il n'y a qu'à Paris qu'un simple commissaire de police peut envoyer de force une personne dans cet établissement psychiatrique de "séjours courts", alors que la loi française exige qu'une ASDRE soit signée par un maire ou un préfet.

Une structure dépendant du ministère de l'intérieur, où "exercent" des psychiatres : mélange des genres révélateur.

l'IPPP fait lui aussi un usage excessif de l'IPP, qui lui est le numéro informatique de patient : l'existence d'"antécédents" remplace bien trop souvent, comme pour Ingrid, un véritable examen.  

Neptune
L’agitation dans la salle d’attente a été un moment où j’ai demandé où on m’emmenait. Par la suite le commissaire a acté mon transfert à l’IPPP, sur la base du certificat médical des urgences, ne mentionnant pourtant ni trouble mental, ni danger pour autrui ou pour moi-même, alors que ce sont les conditions règlementaires.

Après une nuit à l’IPPP, avec une forte dose de neuroleptiques et de calmants, le médecin certificateur m’a demandé quels étaient selon moi les motifs de ma présence dans les lieux. J’ai expliqué la convocation au commissariat suite à la plainte du gardien, le jugement d'incohérence de mes propos, les problèmes dans mon logement, parmi lesquels les actes de malveillance, à l’origine de ma venue à la loge du gardien. Le médecin a conclu à « de très intenses idées délirantes de persécution à l’encontre des voisins et du gardien qui commettraient à son égard vandalisme et dégradations. […] de très probables hallucinations acoustico-verbales : […] dit entendre des insultes de sa voisine à travers les murs de son appartement […] Pour s’en protéger elle a même commencé des travaux d’isolation dans son appartement. […] Elle banalise l’acte pour lequel elle était entendue, à savoir une agression physique avec une bombe lacrymogène. […] Elle n’a aucune conscience des troubles et refuse de manière véhémente toute hospitalisation. […] Il existe ce jour un risque important de passage à l’acte hétéro-agressif du fait de l’intensité des idées délirantes de persécution. » Suite à ce certificat médical le Bureau de la Santé Mentale a arrêté mon admission à l’hôpital Sainte Anne.

Les deux certificats qui vont suivre reprennent certains éléments du certificat de l’IPPP. Le certificat à 24 heures mentionne : « Syndrome délirant de persécution avec vécu intrusif majeur de son voisinage ayant motivé la réalisation de travaux dans son appartement, et la recherche permanente de moyens de protection. On constate un épuisement psychique, une humeur dépressive […] une absence de critique du délire. » Le certificat à 72 heures constate : « Existence d’un délire de persécution interprétatif à l’encontre du voisinage, du gardien de l’immeuble. Mme B. a porté plainte plusieurs fois contre des voisines dont elle dit être harcelée depuis des mois. Préoccupations intenses concernant les conduits d’aération de son appartement ; dit avoir entrepris seule des travaux chez elle […] Il n’existe aucune critique et aucune reconnaissance du caractère pathologique des troubles, Mme B. refusant l’hospitalisation. En conséquence la SPDRE est à maintenir en hospitalisation complète. » Alors qu'on m’a questionnée, de manière répétée, sur ce qui se passait à mon domicile, j’ai rapporté les dysfonctionnements, les travaux à faire, les injures et la malveillance, l’inaction du bailleur et du gardien. Aucun médecin n’a fait la démarche de considérer les propos des personnes tierces. Au regard des constats et du témoignage, les interprétations médicales « Préoccupations intenses concernant les conduits d’aération », « délire de persécution interprétatif à l’encontre du voisinage et du gardien d’immeuble », « […] ayant motivé la réalisation de travaux » ne sont pas crédibles.

Le programme de soins


Le programme de soins a débuté le 7 octobre 2015. Pour motiver la fin de l'hospitalisation, le médecin certificateur a mentionné  « la patiente rapporte des projections dans l’avenir positives et adaptées à la réalité sur les plans professionnels et privés ». Il indique en outre « Madame B. ne fait montre d’aucune velléité auto ou hétéro-agressive ». Ainsi le supposé trouble mental ne compromet pas la sûreté des personnes ni ne portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public, alors qu'encore une fois ce sont les conditions règlementaires pour la mesure.

D’octobre 2015 jusqu’à dernièrement, les certificats rapportent toujours une persistance d’éléments délirants, une répercussion anxieuse, et le déni des troubles. À chaque consultation le médecin me demande comment se passe mes relations de voisinage ou si j’ai fait des travaux. Si je réponds, mes propos sont interprétés comme relevant du délire, si je ne réponds pas le médecin conclut à une répercussion anxieuse, ou à de la méfiance supposée pathologique. Si je tente de m’expliquer, lui rappelant que ma réalisation de travaux a été consécutive à un avis d’expert, à celui d’un huissier, et à une autorisation du bailleur, ma démarche ne pouvant pas être qualifiée de délirante, il considère que je suis dans le déni des troubles. Face à ces considérations je n’ai aucune marge de manœuvre, et la situation est bloquée autour du supposé trouble délirant et de son déni.



CMP Mathurin Regnier Paris
Le CMP Mathurin Regnier, rue éponyme, Paris 15eme.
Il dépend directement du secteur 14 de l'hôpital Sainte-Anne, et, comme Sainte-Anne, préfère psychiatriser une personne en bonne santé mentale, que de prendre la peine d'étudier vraiment son dossier. Neptune

"Si je réponds, mes propos sont interprétés comme relevant du délire, si je ne réponds pas le médecin conclut à une répercussion anxieuse, ou à de la méfiance supposée pathologique. Si je tente de m’expliquer (...) il considère que je suis dans le déni des troubles". Ingrid B.

https://harcelementmoral.wordpress.com/2013/02/06/double-contrainte-et-injonction-paradoxale/

La double contrainte , également appelée injonction paradoxale, et en anglais Double bind

est la première chose qui me vient à l'esprit après la lecture de ton témoignage

L'injonction paradoxale est une notion proposée en 1956 dans le contexte de la présentation d'une théorie des causes de la schizophrénie sous l'impulsion de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue et épistémologue Gregory Bateson. à l’origine de l’école de Palo Alto, il a fortement influencé la psychologie, la cybernétique et la communication.

source Wikipédia :
Dans la communication : le langage paradoxal peut contenir deux demandes qui s'opposent comme
« Soyez spontané ! », ou « sois un grand mon petit ». Paul Watzlawick propose l'exemple d'un panneau autoroutier indiquant « ignorez ce panneau ».


La 2eme pensée qui me vient est la définition du déni
source : dictionnaire médical de l'académie de médecine édition 2016

déni n.m.

disavowal

Terme qui, dans le vocabulaire de S.Freud ("verleugnung"), est distingué de la dénégation ("verneinung"), et désigne le refus, pour se protéger de la menace de castration, d’admettre la réalité d’une perception traumatisante: l’absence de pénis chez le femme.

Le déni apparaît quand la réalité confronte l’individu à une situation intolérable ou "inadmissible" pour lui.
Le déni se retrouve souvent avec le rejet, qui permet "d’effacer" de l'esprit  des faits , ou événements  intolérables.
Quelles que soient les preuves que tu apportes à la  personne en déni, elle agit et réagis comme si la chose inadmissible  n’était jamais advenue, ou n'existaient pas

As tu essayé d'envoyer à ces médecins, des copies certifiées en mairie (gratuit)  de tes documents d'experts ?
Normalement les psychiatres ne sont pas sensés être eux mêmes psychotiques, alors il ne me semble pas insensé de penser que, confrontés à des preuves tangibles, ils vont finir par admettre qu'ils se sont trompés

Merci pour cet éclairage IceSwann, la question des actes et des contradictions manifestes se pose effectivement. Doit-on aller jusqu'à parler de psychose médicale ? Bonne question.

IceSwann a écrit:L'injonction paradoxale est une notion proposée en 1956 dans le contexte de la présentation d'une théorie des causes de la schizophrénie sous l'impulsion de Gregory Bateson, anthropologue, psychologue et épistémologue Gregory Bateson. à l’origine de l’école de Palo Alto, il a fortement influencé la psychologie, la cybernétique et la communication.

Et les thérapies familiales aident à résoudre ces injonctions, elles prennent leur source chez Bateson, et leur compréhension est un des ingrédients de l'approche "Open Dialogue" :  héritière des thérapies systémiques et familiales en Finlande, O.D. permet de résoudre la plupart les crises psychotiques avant qu'elles ne nécessitent une camisole chimique et/ou hospitalisation.

La démarche théorique et pratique complète sont décrites dans ces deux articles que Neptune a été premier à traduire en français, preuve du désintérêt de nos soignants pour les approches efficaces, psychothérapeutiques et non psychanalytiques, la "3eme voie" :
http://www.forumpsy.net/t908-open-dialogue-bases-theoriques-et-institutionnelles

http://www.forumpsy.net/t868-open-dialogue-la-methode-qui-a-pratiquement-eradique-la-schizophrenie-en-finlande

Il y avait effectivement dans le discours des psychiatres de quoi rendre folle, et Ingrid a été très forte pour ne pas sombrer.

IceSwann a écrit:Normalement les psychiatres ne sont pas sensés être eux mêmes psychotiques, alors il ne me semble pas insensé de penser que, confrontés à des preuves tangibles, ils vont finir par admettre qu'ils se sont trompés ?

C'est la question qu'on se pose quotidiennement lorsque l'on observe le comportement des médecins hospitaliers. Ces médecins souffrent de carences acquises :

  • Culture du détachement par rapport la souffrance d'autrui (déni d'empathie), enseigné en faculté pour "tenir le coup" dit-on à longueur de cours aux étudiants. Par conséquent, ceux qui sont "entraînés" ainsi, et pas suffisamment solides eux mêmes, s'efforcent paradoxalement de ne pas compatir à une situation. Comment ? en assimilant l'autre à l'objet d'une maladie pour lequel il faut impérativement trouver un diagnostic et le médicament que l'on doit mettre en face. Ces dernières occupations occupent 100% de leur intellect, et ne laisse aucune place à la remise en question, au doute, à la prise de conscience de leur déni.
  • Culture du principe de précaution, d'économie, foi aveugle dans l'apaisement médicamenteux : pas le temps de chercher la réalité des faits, on syndromise ou on psychiatro-symptomise les manifestations extérieures normales de colère, d'anxiété etc qui se présentent, sans se dire qu'elles sont normales, d'autant que cela couterait un investissement psychique et empathique qu'ils se refusent (point précédent). Donc on psychiatrise, et on croit dur comme fer à l'apaisement médicamenteux car les manuels le disent (ils sont trompeurs mais ont été écrits par des pharmaco-statisticiens également aveuglés ou employés par les labos).
  • Absence de connaissances en psychologie, manifeste en France, et révélé par des comportements totalement déplacés dans une relation humaine contextuellement tendue par définition ; les employés de bus ou de métro, les fonctionnaires au guichet appliquent bien mieux la formation psychologigue de gestion du stress que ces personnes bac + 8 qui sont pour beaucoup d'une lourdeur désolante et d'un comportement destructeur, le tout habillé de "sciences".


Ces symptômes, décrits dans l'histoire d'Ingrid, sont ceux de la psychiatrie hospitalière française.

Neptune

Message le 27/7/2016, 18:05  Ingrid B

Bonjour,
Je viens de voir vos commentaires. Merci.
Je ne suis pas devenue "folle" mais j'y ai laissé des plumes.
J'avais montré les constats au deuxième médecin du cmp. Le premier n'ayant jamais voulu les voir.
Un jour Marie-Odile Krebs m'a dit que j'aurai pu penser à la remise en état de mon appartement lorsque je déménagerai. Selon elle c'était suffisant pour justifier du diagnostique de délire... Je ne savais pas quoi dire! Il y avait trois semaines que j'étais hospitalisée sans aucune affaire personnelle ni produit d'hygiène. J'avais dû aller voir MO Krebs parce que l'équipe médicale avait dit ne pas savoir quoi faire de moi!
Si j'avais été "en forme" j'aurai écrit un texte différent, apportant plus d'informations.
Lorsque j'ai commencé à me plaindre à la gérance des problèmes de violence contre moi, ils ont contacté le cmp (que je ne connaissais pas) pour que eux-mêmes me contactent. Pour la gérance je racontais des choses qui n'existaient pas. Régulièrement, durant les consultations au CMP, revenait l'idée que la gérance les avait contacté. Sauf que la gérance n'était jamais venue voir les problèmes dans l'appartement, et ne m'avait jamais contacté au préalable avant de contacter le CMP!

Bonjour,

On m'avait donné quelques conseils au cas où je me retrouverais en Hopital public:
1. Ne pas contester la validité de l'hospitalisation, ou très peu. Essayer autant que possible de se taire plutôt que d'avoir un discours que les médecins vont utiliser contre toi.
2. Dès qu'ils te filent un traitement en cachet, alléger ton traitement. Ce qui consiste à vomir tes cachets et en ravaler une partie (pouahhhh...)
3. Collaborer. Etre d'accord avec les médecins, dire que les soins t'aident beaucoup même si il s'agit d'isolement ou de contentions.
4. Se tenir éloigné des patients les plus revendicatifs.
5. Etre très aimable avec le personnel. Si tu pêtes un cable quand même (et il y a de quoi), toujours aller s'excuser.

C'est assez glauque, mais l'ami qui m'avait donné ces conseils est souvent passé en HP ou à l'IPPP. Il réussissait en général à sortir au bout de 3 mois. Avant ça c"était du 6 à 9 mois. Il ne comprenais pas pourquoi on le maltraitait parce qu'il était malade. Alors que le seul intérêt de ces soignants c'est d'avoir le pouvoir et de contraindre les patients à admettre leur vérité.
Néanmoins c'est après un séjour de 4 mois très difficile à Maison Blanche qu'il s'est tué.

Tout à fait d'accord avec ces conseils, Marion. Je me suis fait traiter d'ailleurs de carpette des psys pour les avoir donnés ici.
Par quelqu'un qui n'a pas réussi à admettre que la force est celle de la résistance non violente que tu écris si bien.
Et que l'internement est une école d'acteurs : il faut savoir devenir convainquant du contraire de ce qu'on pense, pour acquérir sa liberté et témoigner ensuite.

On a eu des échos assez "gore" de Maison Blanche, mais un vrai témoignage pour un article, récent de préférence, serait oeuvre utile. Avis.

Neptune

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Neptune

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