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Cannabis : nous ne sommes plus dans les années 70 !

Par Neptune 
le 16/03/2016

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Cannabis : nous ne sommes plus dans les années 70 !


Au risque de déplaire à une partie de "notre public", nous publions un excellent résumé de la situation, que nous fournit une personnalité incontestée - connue pour d'autres sujets - qui exprime mieux que nous ne le ferions, et solides éléments à l'appui, ce que nous pensons.


Pr Patrick Lemoine, 2015
Extrait de "Soigner sa tête sans médicaments... ou presque", Ed. Poche Marabout

Mise en page et illustrations : Neptune


Patrick Lemoine

Cannabis


Depuis une quarantaine d'années (soit presque deux généra­tions) l'usage « récréatif » du cannabis ne cesse de croitre régu­lièrement dans la population française, avec des âges d'initiation de plus en plus précoces chez les adolescents et même les préa­dolescents. Parallèlement à ce phénomène, il existe un véritable lobbying de type bobo et certains groupes de pression tendent à faire penser que le haschich peut avoir des vertus thérapeutiques et qu'il est beaucoup moins dangereux que le tabac. Qu'en est-il exactement ? Quels sont les risques engendrés par le chanvre indien et quelles pourraient être ses vertus ?

Les risques du cannabis


    Cannabis et schizophrénie


    Il semble désormais établi que la consommation de haschich déclenche des processus psycho­tiques qui n'auraient probablement pas existé sans ce type de consommation. Cela concerne probablement les sujets dits vul­nérables d'un point de vue génétique. Un usage précoce entraîne un plus grand risque puisque 10 % des adolescents ayant débuté leur consommation de cannabis dès l'âge de quinze ans ont pré­senté une schizophrénie (1) dans les dix ans qui ont suivi. Ils sont nettement moins nombreux quand la consommation ne débute qu'à 18 ans.

    (1) ndlr : l'étude à laquelle se réfère implicitement l'auteur précise qu'il s'agit de "psychose de type schizophrénique" et non d'une schizophrénie (ci-contre). Le chiffre cité par le Dr Patrick Lemoine, et vérifié, n'en demeure pas moins alarmant


    Cannabis  et intelligence


    Il est bien  établi que les adolescents consommateurs réguliers de haschich deviennent moins intelligents que les autres une fois devenus adultes. La mémoire à court terme est d'ailleurs durablement et intensément pertur­bée chez l'adolescent qui consomme. L'usage du cannabis provoque évidemment des échecs scolaires, un arrêt des études... Heureusement,le cannabis ne crée pas d'altérations irréversibles.

    Dépendance, isolement, retrait social


    Pour les plus gros consommateurs. La ligne rouge est franchie quand ils se mettent à fumer seuls.

Patrick Lemoine est psychiatre, docteur en neurosciences et spécialiste du sommeil.

Il a publié de nombreux ouvrages consacrés au sommeil et à ses troubles, à l'anxiété et au sevrage des médicaments. On lui doit le réveil tardif mais réel de la France sur la question de la dépendance aux benzodiazépines, et leur relation avec le risque de maladie cérébrale dégénérative de type Alzheimer.

risque schizophrénie adolescents
Source : Robin Murray, PhD, jan 2015 "Appraising the Risks of Reefer Madness"
Odd-ratio : facteur de multiplication du risque. Pour un risque normal de 2 %, un odd-ratio de 4,5 signifie un risque de 9 % si la consommation commence à 15 ans.
La ligne rouge est franchie quand on se met à fumer seul
"La ligne rouge est franchie quand on se met à fumer seul"


10 % des adolescents ayant débuté leur consommation de cannabis dès l'âge de quinze ans ont pré­senté une psychose schizophrénique dans les dix ans qui ont suivi
"10 % des adolescents ayant débuté leur consommation de cannabis dès l'âge de quinze ans ont pré­senté une psychose schizophrénique dans les dix ans qui ont suivi"

Dépression


La conséquence du retrait social, de la démo­tivation, de l'échec scolaire et professionnel est évidemment le syndrome dépressif que l'on voit régulièrement apparaître.

Escalade


La fréquentation des dealers nécessaire pour s'approvision­ner augmente le risque de basculer dans des consommations de drogues plus dures.

Coordination motrice


La consommation de cannabis, surtout quand elle est asso­ciée à l'alcool, entraîne de grosses perturbations au niveau de la coordination motrice et augmente malheureusement considé­rablement le risque d'accident de voiture, ce que l'on déplore presque chaque samedi soir à la sortie des boîtes de nuit.

Fertilité, grossesse


La consommation régulière de joints, chez l'homme, contribue à une baisse de la fertilité. Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d'entraver l'activité cérébrale du fœtus, retardant le développement du cerveau in utero avec les conséquences que l'on peut imaginer.

Cancer


Fumer du cannabis entraîne clairement une augmentation des risques de cancer.

Les vertus du cannabis ?


    Anxiété


    Il semble indiscutable que l'usage du cannabis apaise l'anxiété mais au prix de la dépendance, laquelle est nettement plus importante et surtout plus dangereuse que les médicaments qui, pourtant, ne sont pas dénués d'inconvénients. Le lecteur doit comprendre que des symptômes comme l'angoisse doivent être traités de manière psychologique, car l'organisme a ten­dance à devenir paresseux à force d'être soulagé par des produits chimiques, que ce soit l'alcool, le cannabis ou les tranquillisants, et n'imagine plus qu'il peut faire face avec ses propres moyens. C'est ce que l'on appelle la dépendance qui engendre la tolérance ou la nécessité d'augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets. De même que nous sommes capables de fabriquer nous­ mêmes des médicaments endogènes naturels semblables aux anxiolytiques tel le Lexomil, sauf qu'ils ne sont pas toxiques, de même notre corps se montre capable de synthétiser du cannabis. Alors, de grâce, plutôt que  de recourir  à la  chimie des plantes ou des laboratoires, apprenons ou réapprenons à les fabriquer nous-mêmes avec notre propre cerveau. C'est légal, agréable, facile et... sans danger!

    Douleur


    C'est peut-être le seul domaine où son usage thérapeutique peut être défendu. Il existe des recherches sur la douleur cancéreuse qui ont montré une efficacité dans des cas où les antalgiques conventionnels deviennent inefficaces. Et mal­heureusement, quand on en est à ce stade de la maladie, devenir dépendant du cannabis n'est pas vraiment un problème ! (2)



référence cannabis

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(2) Le sujet du cannabis thérapeutique aurait mérité d'être davantage développé par Patrick Lemoine. Le retard pris par la France dans ce domaine révèle notre frilosité et notre manque de discernement. Immobilité sur l'épidémie inquiétante de consommation récréative, et immobilité , ou attitude suiveuse, en queue de peloton si ce n'est en voiture-balai, sur le cannabis thérapeutique. Internet regorge de cas de personnes en France qui n'en peuvent plus de souffrir et qu'un médicament cannabinoïde pourrait soulager.

"Peut-être au fond qu'en réalité le cannabis a eu chez eux plus d'effets néfastes qu'ils ne pensent !"


Le débat récurrent lancé régulièrement par des politiques écolo-bobo-humanitaires et repris par des journalistes sociolo­giquement comparables est systématiquement biaisé par ce que les psychiatres appellent l'identification projective, un grand mot pour dire que souvent, quand nous pensons parler objec­tivement d'un sujet, nous ne faisons que projeter nos névroses ou notre histoire personnelles. Ces responsables ou soi-disant tels n'ont en général pas de formation scientifique et raisonnent sur des bases idéologiques, émotionnelles, électoralistes et, sur­ tout, en fonction de leur propre expérience, laquelle est faussée car le joint de 68 n'a plus rien à voir avec le haschich actuel qui contient des quantités de drogues pouvant contenir jusqu'à 22 % de Tétrahydrocannabinol, le TCH, principe psychoactif du cannabis. Contre de 1 à 5 % au maximum en 68. Ces beaux esprits ont (un peu) fumé au cours de leur adolescence et ne voient pas où est le problème puisque pour eux, cela n'a pas eu de conséquences. Il serait bon de forcer ces beaux esprits à séjourner dans un service de jeunes schizophrènes afin qu'ils voient ce que cette maladie représente comme tragédie humaine, comme gâchis pour des ados et leurs familles, car la schizophrénie est un cyclone, un tsunami qui ruine des vies entières. Faire prendre ce genre de risque à des jeunes au nom de l'échec de la prohibition me semble profondément irresponsable et surtout... totalement stupide.

Peut-être au fond qu'en réalité le cannabis a eu chez eux plus d'effets néfastes qu'ils ne pensent !

Dr Patrick Lemoine




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Années 70 : le concert de l'Île de White.

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Les mêmes, quarante ans plus tard.

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